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Extreme Precautions – I

Matière brute

Avec un premier album – Un Été Sur L’Herbe – sorti il y a bientôt dix ans, Paul Régimbeau pourrait presque se targuer d’être un ancien de la scène électronique française. Bien que son alias Mondkopf n’est pour beaucoup pas inconnu, Paul Régimbeau a semble-t-il toujours agi avec discrétion. Peut-être est-ce pour cela qu’il résiste si bien aux modes…  On se souvient encore de son second album sorti en 2009, Galaxy From Nowhere, là où de nombreux albums sortis par des groupes alors sur le devant de la scène sont très vite tombés dans l’oubli (qui se souvient par exemple de celui de Teenage Bad Girl ?).

C’est justement avec Galaxy From Nowhere que j’ai découvert Mondkopf. A l’époque le disque m’avait laissé plutôt froid bien qu’il ne fût pas inintéressant. En le réécoutant pour cette chronique je dois avouer l’avoir trouvé un peu ennuyeux. Je n’étais donc pas le mieux disposé pour découvrir son nouvel album publié sous un autre nom cette fois ci : Extreme Precautions.

Il faut rappeler qu’entre temps, Paul Régimbeau a monté son propre label : In Paradisum. Alors qu’on peut facilement sentir dans Galaxy From Nowhere l’influence de Brian Eno période The Plateaux Of Mirror, ce n’est visiblement pas la référence qu’on mobiliserait pour parler de In Paradisum. Entouré de Low Jack et de Qoso notamment, Paul Régimbeau s’est fait le porte-parole d’une techno sombre et d’une electronica bruyante. En somme, Paul Régimbeau est un peu devenu le Ron Morelli français.

Les différentes sorties sur In Paradisum ne m’avaient pas pour autant préparé à l’écoute du disque d’Extreme Precautions, I.

Le disque s’ouvre sur une nappe crasseuse, des arpégiateurs s’entrecroisent et viennent saturer la piste. Les enceintes grésillent comme jamais. Deux minutes plus tard, les kicks se déchaînent à 350 BPM. Le décor est planté. L’album ne laissera aucun moment de répit.

Vingt-trois minutes plus tard, la dernière note retentit, je suis un peu sonné. Vingt-trois minutes de violence mate, physique.

Chaque seconde nous fait ressentir l’urgence dans laquelle l’album a été enregistré, chose rare pour un disque de musique électronique. J’appris plus tard sans surprise que Paul Régimbeau enregistra I en une semaine, après s’être gavé de grindcore. Le résultat est superbe.

I est un disque d’une rare brutalité et d’une honnêteté exemplaire. Ici, pas d’artifice ; Paul Régimbeau travaille le son comme une matière brute, sans toucher à ses aspérités. Il y a quelque chose de suffisamment rare dans I pour que je le conseille à tous, surtout si comme moi vous n’êtes pas forcément à l’aise avec la musique dont la vitesse dépasse les 200 BPM. I est sans aucune doute l’une des meilleures surprises de cette fin d’année.

P.A.M.

http://inparadisum.bandcamp.com/album/i

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