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Un amour lesbien et catalan

Il y a quelques mois en regardant mon MP3 (pour ne pas dire Ipod) je me suis rendu compte que je n’avais aucun morceau espagnol dans ma playlist. Véritable comble pour un ancien étudiant en langues étrangères. Après des bons sons de bonsoir portant sur Erasmus ou sur les Pays-Bas je me suis dit que l’Espagne, elle aussi, méritait un peu d’intérêt au Gorille avec un petit article.
Agacé par tous ces clichés à base de latino Iglesias ou de reggaeton Daddy Yankee, je demande à une amie vivant actuellement à Barcelone de me faire découvrir certains groupes espagnols. Love of Lesbian me dit-elle. Le nom me fait rire, j’écoute.
Et bien ce fut une agréable surprise. Love of Lesbian –qui n’est point un collectif LGBT- se révèle être un groupe catalan aux accents pop rock dont les sonorités évoquent une nostalgie des bons morceaux rock du début des années 2000. Un grupo que me gusta mucho pourrais-je dire afin de vous montrer l’étendue de mon espagnol à présent perdu.

Un thème de la nostalgie qu’on retrouve alors dans Allí donde solíamos gritar, un morceau parlant des jours heureux comme difficiles d’un couple, immortalisés par leurs marques et leurs cris dans des lieux atypiques visités. Ce titre parle des débuts d’une relation narrée en 2009 à la sortie de leur album 1999 (o cómo generar incendios de nieve con una lupa enfocando a la luna) qui présente ainsi au fil des différents morceaux les dix ans d’une histoire d’amour. Une première piste forte à l’image d’un album étonnant qui permet la découverte d’une musique espagnole sortant du cliché radio latina, au grand plaisir de mes oreilles.

C’est alors un album dont la construction très réussie nous embarque dans les tumultes d’une relation amoureuse par des musiques pêchues ou davantage sombres, comme l’excellent 1999, illustrant les mauvais moments de cette relation.
Et même si vous avez eu le malheur de choisir allemand et non espagnol lors de votre scolarité, les paroles de Love of Lesbian ne sont finalement pas une barrière à la compréhension des messages véhiculés. La plupart des clips sont réalisés par l’artiste Lyona qui parvient ainsi à saisir le sens de chaque morceau, les illustrant dans une atmosphère propre à l’univers de l’album.

C’est donc avec 1999 (o cómo generar incendios de nieve con una lupa enfocando a la luna) que ce groupe connait son véritable succès, lui permettant d’être signé chez Warner Music, d’être la tête d’affiche de certains festivals et d’obtenir son premier disque d’or. Mais ce groupe a particulièrement retenu mon attention par son album La noche eterna. Los días no vividos aux sonorités plus larges, allant jusqu’à l’electropop avec notamment le très bon Si tú me dices Ben, yo digo Affleck, à comprendre tout simplement « Si tu me dis Ben, je te dis Affleck ».

Cette musique est sans conteste une des meilleures de cet album : un rythme entraînant et des paroles drôles (comme « Seules nos poses Bowie pourront triompher ») qui néanmoins, traduisent des messages engagés tels que l’intégration sociale.
Un morceau dont le titre est tout aussi loco que le clip, réalisé par NYSU, où figurent des space tortillas, des télétubbies jaunes, ou des univers sexuels surréalistes. Entre plans oniriques et insolites, une fois de plus ce groupe catalan nous propose des visuels pertinents nous embarquant dans la folie d’un disque nous racontant, sous différents aspects, la vie nocturne qui se perd entre réalité et fiction. Love of Lesbian fait fort sur de nombreux plans, des Catalans tant à l’aise sur de la pop festive que sur du rock mélancolique.

Un groupe d’indie Lesbiano (comme le précisent les membres sur leur page facebook) à donc écouter et à réécouter pour toute ambiance, aussi romantique, déjantée, triste ou gaie qu’elle soit.

Félix Régnier

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