Report Les Nuits de Pleine Lune #8

Le vendredi 6 mars, Les Nuits de Pleine Lune nous donnaient rendez-vous pour une huitième édition à la Mécanique Ondulatoire, le temple du rock. Récit d’une soirée riche en surprises et en sueur.

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La Méca, ce lieu où l’on finit toujours par revenir, et avec le sourire. Ce soir, il faut dire que je ne prends pas de risques en me rendant à une soirée qui ne m’a jamais déçue, dans une salle où je pourrais aller les yeux fermés. Telle est la formule secrète des Nuits de Pleine Lune : une programmation étonnante et irréprochable, et des lieux toujours plus cools. Pourvu que celle-ci ne déroge pas à la règle !

Je descends donc les marches menant à l’antre musical de la Mécanique Ondulatoire, qui abritera ce soir les loups-garous mélomanes de Paris. En bas de l’escalier, on me tend un petit papier avec un numéro, à accrocher n’importe où dans la pièce, pour participer à l’oeuvre collective de l’artiste Anne-Laure Wuillai. Surprenant ! Les plus imaginatifs ne l’accrocheront pas sur les fils prévus à cet effet, mais sur des câbles dans les recoins de la salle.

Spectrometers a déjà commencé à jouer, et je suis jetée dans son univers sombre et industriel. Les bruits de la ville se mêlent à des beats techno, tandis que de mystérieuses images sont projetées sur la scène. La salle est déjà remplie de trentenaires barbus (mais des barbus authentiques hein, pas des hipsters de bas étages !) qui regardent très sérieusement le concert en sirotant leurs bières. Spectrometers manie les sons et les notes comme de la matière : il les superpose, les étire, les fusionne. Il expérimente, tel un scientifique à la recherche de la combinaison parfaite, et le public, intrigué, se laisse volontiers transporter.

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Puis, Spectrometers laisse place à Punks Are Fags, un duo masculin aux sonorités post-apocalyptiques. Tandis que l’un fait gronder sa guitare en distendant les sons jusqu’à l’infini, l’autre émet des bruits chaotiques de ses machines, éclairées par la faible lumière d’une lampe frontale. Ici encore, ce n’est pas l’harmonie que le groupe recherche, mais la sensation brute, le trouble. Pourtant, une certaine harmonie s’empare de moi à l’écoute de ces sonorités profondes et saisissantes. Ce qu’il se passe ici est puissant, et je laisse complètement mon esprit se perdre dans les expérimentations sombres de Punks Are Fags. C’est sans aucun doute à ce moment-là que la Lune atteint pour moi son zénith.

La nuit de pleine lune se poursuit avec Holy Gray, une formation rock plus classique, qui s’impose dès lors comme un retour aux sources. Le groupe évolue dans un univers assez punk, et au fil de ses morceaux un vent de violence souffle dans nos oreilles. J’aime ces moments qui suspendent la pensée pour ne plus laisser place. Tandis que les 3 garçons rassemblent leurs énergies sur la scène jusqu’à en faire trembler toute la salle, le public lui aussi s’agite progressivement, et le sous-sol de la Mécanique Ondulatoire accueille alors une véritable tempête de garage, dans laquelle chacun s’oublie. Avec Holy Gray, le lieu retrouve son essence même. 

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Les loups-garous termineront de danser sur un DJ set de Eric Stil, 100% vinyle évidemment, car ici on ne rigole pas avec l’authenticité et les vraies valeurs. Les sonorités très 80’s oscillent entre du punk et du rock’n’roll trash, et le public se déchaîne pendant ces deux dernières heures de pleine lune. Plus rien ne compte que le rythme.

Ce cycle lunaire se termine donc dans le rock’n’roll, et que pourrait-on espérer de mieux ? Comme toujours, les Nuits de pleine lune ont su nous émouvoir et nous libérer de toutes nos tensions grâce à une programmation très étudiée et avant-gardiste. Rendez-vous dans un mois pour la prochaine !

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Tara Benveniste

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