Eclosion, le nouveau projet de Marvellous Island

Dans la nuit du samedi 17 octobre, dans les Docks de Paris, qui n’ont de parisien que le nom puisque situés à Saint-Denis, a eu lieu la soirée Eclosion. On y était, on vous raconte.

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A deux pas de la Porte de la Chapelle, entre deux studios de télévision, se trouvent d’immenses hangars, anciennement entrepôts de stockage reconvertis en warehouse pour noctambules aguerris. C’est dans l’un d’entre eux que le collectif à l’initiative du festival Marvellous Island, dont la troisième édition a eu lieu en mai dernier, nous propose un aller simple pour Détroit.

Marvellous Island nous annonce une soirée sous le signe du voyage, « plein(e) d’énergie et genèse d’une nouvelle histoire ». A défaut de dépaysement, un espace « chill » composé de bottes de pailles sur lesquelles s’asseoir pour engloutir les burgers du Food Truck Goody’s, « cantine mobile » présente pour l’occasion. Bien loin de la campagne à Paris proposée par le festival Marvellous Island, mais on salue tout de même l’initiative.

Le véritable voyage commence à l’intérieur du hangar, face aux murs en vieilles pierres, sur lesquels sont projetés sur 80 mètres de long des images vidéos de la ville de Détroit, auxquelles viendront se succéder motifs géométriques et photos en noir et blanc. Le tout en accord avec les différents sets, pour une expérience sonore et visuelle unique en son genre. Le mapping et les effets visuels sont pris en charge par le collectif Minderz, qui a déjà collaboré avec Marvellous Island pour le festival du même nom, mais également avec les soirées Lakomune.

Le plafond aux lumières dorées clignotant en rythme participe du dépaysement proposé.
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Le français Julian M ouvre les hostilités avec un set sur le mode easy-listening, ambiance bottes de paille, vin blanc et peinture sur le visage de son voisin au stand dédié. Chaque artiste jouera deux heures, on apprécie l’initiative de leur laisser le temps de raconter une histoire aux 3 000 personnes présentes ce soir-là.

22 heures, c’est Phil Weeks qui prend le relais, pour présenter son « Pimpim ain’t easy release tour ». Celui que l’on décrit comme un puriste de la house plonge les festivaliers d’un soir dans l’ambiance old-school des années 90. Equipés de deux traits guerriers à la peinture phosporescente sur les joues, on se met en condition pour le set de Livio & Roby.

Le duo roumain crée la surprise en prouvant que, bien loin de l’eurodance en vogue en Roumanie, les producteurs locaux sont capables du meilleur. En témoignent les deux heures de house de très bon cru, aux accents tribaux de ceux qui squattent en ce moment les meilleurs labels allemands du genre, comme Vakant ou Hummingbird.

Il est 2 heures, le tant attendu Juan Atkins nous emmène en voyage vers sa Motor City d’origine. Ou l’on comprend le statut d’Atkins, parmi les pères fondateurs de la techno de Détroit. 53 ans et toujours au top, Atkins nous livre un set pointu, fédérateur et puissant, il se fait plaisir, et nous aussi.

La nuit s’achève avec Romain Poncet, aka Traumer. Ce rêveur au pseudonyme germanique connu pour ses sonorités vaporeuses boucle la soirée au rythme d’une techno puissante qui nous a cependant un peu laissés sur notre faim.

Malgré le manque d’organisation du staff, (vestiaires inapprochables à moins d’une heure d’attente à la fin du dernier set, refus à l’entrée de personnes munies d’invitation pour cause de surpopulation dans l’enceinte du festival…), on gardera de cette première soirée Eclosion le souvenir d’une programmation quasiment irréprochable, saluée par tous. Alliée à un dispositif visuel inattendu et novateur, Eclosion aura eu le mérite de faire (re)naître en nous la fibre du Michigan, et de sa Motor City.

Vidéo teaser de la soirée :

Jane Capeyron

Photos : ©Vincent Charbi et Emma Despres Garcia

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