XYWHY : La synthèse Hip-Hop/Jazz à contre-courant

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Le groupe au nom chromosomique sortait le 15 octobre dernier une version augmentée de son EP paru en mars 2014. L’occasion de revenir sur ce collectif parisien très prometteur. 

XYWHY … A vu d’oeil il est vrai que le nom pourrait en agacer plus d’un, tant les artistes aux blazes imprononçables pullulent. Mais derrière ces cinq lettres se cache en réalité un univers qui rappelle d’un côté un Hip-Hop teinté de Jazz à la A Tribe Called Quest, et de l’autre des sonorités électroniques plus atypiques comme avait pu nous y habituer un certain Flying Lotus.

À l’origine de cette synthèse inhabituelle, se trouve quatre amis imprégnés d’une forte culture jazz, auquel s’est rajouté le rappeur Theorhetoric en 2012, tout droit venu de Philadelphie. En alliant sampling et instruments acoustiques, le groupe affirme un style singulier qui va à contre-courant de ce qui peut s’entendre sur la scène rap actuelle.

D’ailleurs, on remarque dès la première écoute une certaine homogénéité dégagée par l’ensemble des tracks qui composent l’EP. En bref, une atmosphère planante et chill à souhait. Mais tout en utilisant la même formule, XYWHY montre qu’il est possible d’emprunter des chemins assez différents. En effet, si Lounger livre une ambiance plutôt chaleureuse avec des basses bien rondes et nonchalantes appuyées par la voix rauque de Theorhetoric, E.O.A (East of Atlantic) nous plonge dans un cadre plus mélancolique du fait d’un tempo plus lent et d’un sample de piano un poil angoissant. A l’inverse, Scifly contient une rythmique propre au jazz, mais enchaîne avec des séquences carrément acid bass, avant que Diamonds in the Rough et son solo de trompette acidulé nous mènent sur une voie qui fait écho à des sonorités qui se rapprochent de celles des Roots.

De même, les remixes qui suivent doivent réellement être pris comme des tracks à part entières tant les morceaux initiaux ont été revisités. Scifly retravaillé par Mr Bop du groupe émérite Jazz Liberatorz quitte ses hauteurs acides pour nous mener vers des terrains plus propres au Hip-Hop des années 90, tout comme le fait d’ailleurs Shungu pour Lounger. Enfin, le duo parisien Villanova parvient à extraire E.O.A de sa froideur pour le plonger dans une ambiance plus deep house, idoine pour les fins de soirée.

C’est donc une petite découverte en ce qui me concerne alors que je commençais sérieusement à m’ennuyer des productions rap du moment. En attendant de futurs morceaux à venir, le groupe mérite surtout d’être vu sur scène car, paraît-il, XYWHY excelle en matière d’improvisation, qui reste apparemment leur fort. C’est dire !

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Antoine Lalande

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