Feu! Chatterton : atterrissage réussi

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C’est sur une bien calme balade que s’ouvre le premier album Ici le jour (a tout enseveli) des très prometteurs Feu! Chatterton. Le deuxième titre, La mort dans la pinède, révélation de leur premier EP sorti en 2012, nous fait enfin rencontrer l’atmosphère si particulière du groupe. Ambiance obscure mais énergique, musique entêtante mais jamais stéréotypée, ces faux dandys étonnent et parviennent à s’échapper de toute catégorie musicale.

Sous sa fausse image d’un sage romantisme, Feu! Chatterton fait en réalité naître une euphorie électrique à travers ces douze morceaux qui composent ce premier album. Bien que les influences de Bashung, Gainsbourg (Harlem), ou plus récemment Biolay (Les camélias) se fassent sentir, les parisiens surprennent par les variations de rythme, de sonorités, d’instrumentation (La Malinche, Fou à lier).

Outre le fait que les textes soient intégralement en français, c’est une remarquable maîtrise de la langue qui est ici délicieuse. Qu’on aime ou non, on ne peut rester indifférent à l’audace des textes de cet album. Entre jeux de mots et cadavres-exquis, le chanteur Arthur nous emporte dans ses contes éphémères et mystiques, qu’il déclame d’ailleurs souvent plus qu’il ne chante. Temple protestant, navire en plein naufrage, Boeing bringuebalant, autant d’histoires rocambolesques qui peuplent l’imaginaire des musiciens. On se laisse aisément emporter par les alternances passives/agressives des histoires racontées. Si sur certains morceaux la voix d’Arthur se fait plus sombre et confuse, on ne tombe cependant jamais dans l’ennui d’un album qui tournerait en rond.

Loin de la monochromie récurrente d’une musique pop stéréotypée, Ici le jour (a tout enseveli)  est une exception française qui ne laissera pas indifférent.

Mathilde Dupeyron

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