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Entre plaines et volcans, l’Andes Step de Nicola Cruz

« Il y a en ce moment en Amérique du Sud cette sorte de magnétisme, d’effervescence. Beaucoup de choses se créent ici. » Prenant part à cette effervescence, poussé par l’élan créatif de l’Ecuador, Nicola Cruz est un producteur d’Andes Step. L’Andes step, c’est tout simplement la transcription musicale du paysage des Andes latines, s’inscrivant dans un courant de musique électronique que l’on peut rattacher à Nicolas Jaar. Même si ce jeune compositeur avoue que l’invention de cette dénomination était à l’origine une sorte de blague, l’influence de sa région sur son travail est indéniable, et sa musique ne peut être dissociée de ses origines – bien qu’il soit né à Limoges, Cruz affirme être profondément equadorien.

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Son premier album, Prender el Alma, exsude en effet une atmosphère tout à fait exotique, et les chansons successives semblent reconstruire un panorama d’Ecuador en faisant appel à différents sons et instruments. Nicola Cruz mêle en effet à des samples purement électroniques de multiples variations instrumentales, où se croisent flûtes, guitares et percussions. Lui-même joue des percussions, et pour le reste il collabore avec de nombreux musiciens « afin de produire une musique qui ne soit pas trop égocentrée, mais traversée de diverses sensibilités et idées ». On peut également entendre des sons de la nature, chants d’oiseaux, bruit de l’eau, qu’il enregistre lui même et qui rendent d’autant plus vivant ce paysage musical et tropical.

La nature est également présente dans les titres et paroles, portées sur certaines chansons par la douce voix de Daniela aux accents parfois chamaniques (dans Eclipse par exemple), ou d’Huaira qui invoque dans Equinoccio éléments naturels et cosmologiques. L’album prend ainsi une dimension spirituelle, sinon méditative. Pour Nicola Cruz, « la relation entre musique et spiritualité est assez directe : ce que l’on entend dans ma musique n’est autre qu’une réflexion de ma spiritualité, au sens où c’est une réflexion de mes pensées, prédictions et expériences. Parfois peut-être, ma musique est plus évocative que mes mots. » Prender El Alma est donc un album très personnel, qui chante la beauté de l’Amérique Latine et que l’on peut comprendre comme un chant des origines. On pourrait même y déceler un nouveau Chant Général, marchant dans les pas du célèbre poète chilien Pablo Neruda qui lui aussi a puisé son inspiration dans les éléments primaires de son pays. Si Nicola Cruz n’avait lui-même pas songé à un tel lien, il affirme que « ce qui peut relier (sa) musique à ce chant, ce sont les couleurs, les différentes fréquences, les différentes textures aussi, qui peuvent représenter différents lieux et paysages d’Amérique latine. » Tout est dit.

Prender El Alma, à l’image de son auteur, est donc un album très calme, posé et apaisant. Pourtant, lorsque nous l’avons vu en live au Grand Final de Soukmachines il y a quinze jours, la rythmique très travaillée des morceaux a empêché quiconque de rester de marbre, et c’est très naturellement que le public s’est mis à danser.

Prender El Alma, sorti le 16 octobre dernier est disponible sur Itunes et chez tous les bons disquaires.

© Gabriel Perez MoraBowen

Propos recueillis par Victoire Coquet et Alix Leridon

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