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Le grand retour de Chantal Goya

A 73 ans Chantal Goya persiste à s’afficher partout, en grand format, dans le métro parisien. Coiffée d’un éternel carré, devenu blond avec le temps, affublée d’une robe de « Marie Rose », probablement conçue par un cartooniste échappé d’une maison de retraite de chez Disney, Chantal Goya a, c’est certain, volé le déguisement Blanche-Neige de sa petite fille.

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Son nouveau conte musical, intitulé  “LES AVENTURES FANTASTIQUES DE MARIE-ROSE” rassemble des partenaires de scènes immuables depuis 1979. A 40 ans Chantal Goya partageait déjà le plateau avec Bécassine, à 73 ans on retrouve toujours sur scène ses « amis » : le Chat Botté, Pandi-Panda, Jeannot Lapin, le Pélican, Guignol, le drôle de Crocodile et Croque-Monsieur …

Beaucoup désespèreront de ne pas voir pointer enfin l’âge de  la retraite pour une artiste que l’âge ne rend pas plus crédible. Mais de quel droit finalement ? Pourquoi devrait-elle s’arrêter ? Icone gay et star pour les enfants, Chantal Goya se présente comme une véritable machine à chansons avec plus de 350 représentations différentes, des autobiographies, des DVD et même une poupée Mattel.

Après une tournée en Belgique de plus de 40 Zenith la chanteuse promènera sa kitschitude partout en France pendant plus d’un an. Sa tournée a déjà commencé fin septembre. Elle est supposée s’achever en janvier 2017 à Toulouse. Chantal dit attendre toutes les générations pour son nouveau spectacle.

La musique y est – paraît-il – fidèle à tout ce qu’on a pu voir (ou éviter) auparavant. Des textes et un rythme fait pour plaire aux petits, difficile de s’y tromper. Des chansons d’une profondeur intellectuelle modérée, certes, mais qui n’ont pas la prétention de contribuer à l’invention de la poudre à canon. Après tout, le public visé n’est en principe pas censé être principalement composé d’adultes. La voix est bien posée et ne manque pas de justesse, on ne va pas le lui enlever. Et si la mise en scène et les danses sont «  terriblement ridicules », votre petit neveu ne fait probablement pas preuve d’un goût beaucoup plus sûr.

Dommage, dans ces conditions, que son affiche semble plus effrayante qu’attrayante. Les poupées paraissent sorties d’un film de Chuckie au point de faire douter de la joie de votre petit neveu (encore lui)  à aller voir son spectacle. Et si certains parlent toujours d’une « fée sans âge » le problème est bien au contraire que Chantal Goya a perdu depuis trop longtemps le droit de porter des tenues d’enfants … Est-ce la raison pour laquelle quelques un de ses concerts ont dû être annulés au Mans et à Alençon faute de places réservées ? On se demande alors si la tournée va répondre au succès tant attendu.

Cette maladie qui semble toucher nombreuses célébrités « la peur de vieillir » ou même la peur « de ne plus être dans le coup » est-elle inévitable ? Faudrait-il que les icônes d’hier laissent leur place à celles de demain? Peut-être devons-nous au contraire nous habituer à voir des célébrités qui semblent rajeunir avec le temps. Les progrès de la science et le vieillissement de la population n’en font-ils pas une fatalité ? Chantal Goya ne serait-elle finalement qu’un exemple de plus de ces multitudes de célébrités qui refusent de mettre leur carrière sur off. Plutôt que de figer l’image positive fixée à l’apogée de leurs carrières, ils l’entachent petit à petit.

Une question d’âge certes mais aussi un problème de renouvellement. Chantal Goya fait le même spectacle depuis 1973. Les enfants de huit ans qui l’écoutaient à l’époque en ont maintenant cinquante. Quarante ans plus tard, l’icône est-elle toujours présente dans l’imaginaire de ces cinquantenaires ? Et surtout ont-ils le désir d’emmener à leur tour leurs enfants voir la célèbre septuagénaire ?

Le dessinateur de Zep semble avoir relevé le problème lui aussi : Comment échapper au parallèle vieillesse/ringardise ?

cécile

La réponse ne semble pas résider dans le costume de scène de Chantal Goya en tout cas …

Brune Ouakrat

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