La force créatrice du Dieu Kaang

Souffle de modernité sur la world music ou coïncidence du chant traditionnel et de l’électro, Kaang est un joyau de poésie et d’exotisme. La rencontre de ses deux membres, Labelle et Hlasko est en effet avant tout la rencontre d’un compositeur et d’un poète, réunis depuis le Lesotho et la Réunion par une passion commune pour la culture et la musique Bushmen, peuple indigène d’Afrique australe. Leur premier EP est ainsi une sorte de témoignage musical de leurs cultures respectives, des mythes qui ont construit leur art et de la poésie du langage Sésotho.

A l’écoute de cet EP profond et hypnotique, on hésite entre une posture de recueillement qu’appelle la force incantatoire du chant, et la danse, poussés par une rythmique entrainante. C’est une musique qui a une véritable identité, non seulement parce qu’elle nous renvoie à des contrées lointaines, mais aussi parce qu’en se consacrant à l’électro expérimentale, le duo est parvenu à sortir des sentiers battus de la musique électronique pour nous faire découvrir des sonorités et une atmosphère nouvelles. Ils sont incomparables, et semblent venir à la fois du passé et du futur avec dans leurs bagages des influences aussi différentes que la techno de Détroit et les Pink Floyd.

Labelle faisait déjà partie de la programmation des Transmusicales en 2010, repéré par Jean-Louis Brossard, puis en 2013 sur le plateau de Stromae, et d’une certaine manière c’est une forme de consécration que de revenir cinq ans plus tard dans les Créations Trans, réputées pour avoir souvent été le moteur de grandes carrières musicales. On pense en effet à Stromae en 2010 ou Benjamin Clementine en 2013. Ils joueront donc les 4, 5 et 6 décembre dans le cadre du festival, et, c’est certain, ce n’est que le début du voyage.

Rendez-vous aux Trans ! (Billetterie)

Alix Leridon

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