Smiso Zwane, Kool Kat sud africain

Smiso Zwane, All black black Kat, Smart Mompara, Ikati Elimnyama, Zharp Zharp, ou Okmalumkoolkat, autant de noms qui suggèrent une personnalité … multiple. A la fois chanteur, écrivain, danseur, styliste, DJ, et business man, Okmalumkoolkat est une sorte d’incubateur de la culture sud africaine qu’il diffuse et partage avec le monde entier à travers son flow, ses textes et son histoire.

yubdos6rnvn6oljscjeb

Okma est un artiste, un joueur, un créateur … il manie les sons et les images, les transforment, les subliment grâce à ses (très) nombreux projets. Il a commencé à s’intéresser à la musique assez jeune, pendant son temps libre, suite à la découverte de musiciens sud africains comme DJ Shadow ou Ladysmith Black Mambazo. Il commence au même moment à écrire de la poésie et se lance dans une épopée musicale pleine de dynamisme et d’ambition. Il collabore avec Spoek Mathambo, OKZharp, the Frown, et d’autres musiciens, en soutenant et en injectant sa patte sud africaine dans son travail. Il se fait largement connaître en Afrique du Sud avec Dirty Paraffin, duo qu’il forme avec Doktor Spizee,  et qui rallie des sources musicales très diverses, allant de Michael Jackson à Chicco ou Kraftwerk. Avec Dirty Paraffin, Okmalumkoolkat commence à jouer avec des représentations visuelles particulières qu’on retrouvera dans ses autres créations.

Il soutient la culture, la musique, et la Koolitude en général. Il s’inspire de ce qui l’entoure, des films de science fiction, des rues sud africaines, de toutes les villes qu’il a visitées, et des voyages qu’il a fait. A travers ses musiques, ce sont ces souvenirs et ces images qu’il partage dans une représentation irréelle de la vie moderne, entre cliché du rap et analyse pointue de la société moderne et digitale.

Le Kool Kat aux Transmusicales

A Rennes il y à quelques mois, le Kool Kat présentait son EP Holy Oxygen, première sortie solo officielle. A l’origine de l’EP, une collaboration particulière entre trois hommes : The Cid Rim, The Clonious, et Okmalumkoolkat. Une rencontre singulière qui est née de l’envie de travailler ensemble, d’une admiration réciproque, et qui a poussé les deux autrichiens du label Affine Record à rejoindre Okma à Johannesburg. Aux Transmusicales, on a pu découvrir le trio dans une sorte de symbiose scénique et musicale, dans un mélange de sons et de cultures. C’est The Cid Rime et The Clonious qui apparaissaient sur scène les premiers, derrière leurs platines, pour nous emmener dans un environnement sonore assez étrange, jusqu’à l’arrivée du Kool Kat. À première vu assez ancré dans les stéréotypes hip-hop ; air max, casquette, break … Il se dévoilait petit à petit toute l’authenticité et la singularité de leur musique.

On découvrait alors un hip hop hybride, soutenu par les beats electro des deux autrichiens, des airs de maskandi (musique traditionnelle zulu) et son flow plein d’énergie, qui guide l’écriture de ses textes, sa dance, et ses pensées. A l’image de son pays, ses textes reflètent une grande diversité culturelle et linguistique, mélangeant anglais, afrikaan, zulu, et même création de l’esprit, puisqu’ Okma invente sa propre langue. Pour lui, être kool, c’est savoir qui on est. Ces différentes langues présentes dans ses textes, c’est son histoire. C’est aussi l’histoire de l’Afrique du sud, ses croyances et sa magie.

Après les Transmusicales, le trio est allé partager ses ondes positives un peu partout en France, et entame à présent une tournée internationale. On ne peut qu’attendre son prochain EP : si Okmalumkoolkat retranscrit en musique les images et les expériences de ses voyages, sa vision du monde, cela laisse présager une nouvelle production pleine de surprises et de découvertes.

Victoire Coquet

Crédits photos : www.thefader.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *