There’s old wave, there’s new wave and there’s David Bowie

Dimanche, c’est un magicien avec un éclair sur le front qui nous a quittés, mais ce magicien là n’est pas un personnage de roman. Les personnages, il les a créés lui-même à coups de maquillage, de chansons, de costumes et de colorations.

bowie young

David Robert Jones reçoit pour Noel 1959 un saxo en plastique, son premier instrument.

Dix ans plus tard, après s’être cherché musicalement il se retrouve sur la Lune, c’était en Juillet 1969. Space Oddity élevait David Bowie au top five des musiques terrestres accompagnant les images de la conquête de l’espace. Major Tom est le début d’une conquête qui passe par des masques et des paillettes, du glam rock à la pop…

Bowie se déguise en Greta Garbo en couverture d’Hunky Dory. 1971, il est encore le « fan » qui dédie une chanson à Warhol (qui la déteste) et rend hommage à Sinatra avec Life on Mars? ( My Way). Les cheveux longs et une seule parole: Changes « Just gotta have to be a different men », l’avant garde pour horizon.

Ziggy Stardust naît en  1972 avec des cheveux oranges et un éclair sur le front. Accompagné des Spiders from Mars quand il entonne Starman sur le plateau de Top of the Pops. Ce soir là, sur scène,  il enlace son guitariste Mike Ronson et fait jaser l’Angleterre bien-pensante. Devenu super-star aux allures de pierrot, Ziggy n’est vraiment pas comme les autres, il se suicide sur les planches qui l’ont vu naître.

Aladdin Sane a gardé les cheveux oranges, peut être plus dark que son faux-jumeau, star d’un incroyable album éponyme il porte des robes de Yamamoto et invite Mike Garson au piano. A lad insane ? ( Un mec fou?) Sans doute, en tout cas assez fou pour gagner le top 1 USA avec le single Jean Genie.

En couverture de Pin ups, le vrai visage de Bowie se donne des allures de masque, comme un copié-collé qui questionne son identité. Jeu de mime avec des artistes dont il reprend les titres à l’instar de Jacques Brel, oui, pour Amsterdam ( ajouté en 1990).

Halloween Jack est bien plus Rebel Rebel que Ziggy ( d’ailleurs il a viré les Spiders). Il reprend la guitare avec des sonorités plus rauques, punk (à chien) avant l’heure il a rencontré Tony Visconti qui le suivra et produira certaines de ses créations.

En 1975 avec pas mal de coco dans le nez il va cotoyer les Youngs Americans mais retrouve un compatriote, Lennon, pour chanter Fame. Entre deux délires de persécutions.

The Thin White Duke séduit l’Angleterre et l’Amérique avec ses pratiques occultes. Personnage aux cheveux blonds, gominés, il apporte les sonorités de l’Allemagne qui l’a inspiré. Le bruit d’une locomotive sur la première piste de Station to Station, il voyage aux côtés de son ami Iggy, c’est le début d’expérimentations qui vont aller bien plus loin.

Duke

Bowie laisse son double Thomas Jérome Newton au cinéma et part pour une saga européenne dite Berlinoise aux côtés de Brian Eno. Low, 1977 ne ressemble à rien de cette année là, un synthé de l’espace, des lignes de basse que Joy Division reprendra. Pas besoin d’être un autre avec Heroes, le visage de Bowie en couverture, passionné par McLuhan le chanteur a décidé d’être « son propre média », et multiplie les apparitions TV. Icône pop, il est encore en avance avec Lodger.

Pierrot, ou Elephant Man qu’il joue 157 fois au théâtre, dans tous les cas un des Scary Monsters de 1979. Occasion de faire renaître le Major Tom dans Ashes to Ashes, il n’a plus besoin de se cacher dans l’espace, son créateur a imposé sa pop lunaire.

Bowie blond peroxydé balance un Let’s Dance magistral en 1983, dix millions de personnes qui répondent à l’appel, c’est son plus grand succès commercial. Pourtant s’ensuivent des albums dont on ne retiendra que le fait que Mikey Rourke y chante.

Les années 1980 se finissent avec le rock’n’roll de Tin Machine. Du déguisement au costume David se range et se marie sur ses propres chansons composées pour Black Tie White Noise en 1993. Entre deux sons de cloche il retrouve Brian Eno. Ce sera l’occasion de se peindre mort en couverture de Outside en 1995. Des costumes donc comme celui qu’Alexander McQueen lui dessine pour Earthling, deux albums qui conservent un caractère expérimental. S’ensuivent des albums pop-rock : Heathen, 2002 et Reality 2003 réveillant de vieux questionnements sur la spiritualité.

 » J’ai toujours eu le sentiment de collecter, j’ai collecté des personnalités. « 

S’il ne joue plus derrière des personnages, Bowie, à 60ans, ne joue pas non plus le showman avec The Next Day, 2013.

Pour David Robert Jones la musique s’arrête comme elle avait commencé, sur un air de saxo. «  I’m in Heaven now … » Black star, 2016.

Mais Ziggy,Aladdin, Jack, Tom, The Duke font toujours chanter Bowie, magicien qui ne s’est jamais perdu derrière les masques.

Marie-Anne Chrétien 

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