Vous reprendrez bien un peu de Worakls ?

Après avoir écumé les festivals, Worakls sera à Paris demain soir. Ce n’est pas en club mais à l’Olympia qu’on va le retrouver, accompagné de ses acolytes de toujours, N’to et Joachim Pastor, pour une soirée 100% Hungry Music. Worakls Band est une performance à part, création hybride entre musique électronique et musique classique. Pour vous mettre en appétit avant le grand soir, on a discuté avec Worakls de ce nouveau projet qui, on le souhaite, a un bel avenir devant lui.

AL : Dans ton projet solo on ressent déjà un rapport étroit à la musique classique, et ça se prête très bien à la minimale d’ailleurs. On a un peu le sentiment que Worakls Band est l’aboutissement, l’apothéose de ce que tu cherchais déjà à partager musicalement dans le passé. Est-ce que c’est un projet capsule qui ne durera qu’un temps ou est-ce que tu comptes continuer dans cette voie ? 

Worakls : Effectivement, le mélange de courants électroniques et classiques est devenu depuis quelques années la mixture qui définit mon style. Je me suis rendu compte que je composais presque tous mes morceaux avec des instruments classiques et de ce fait, j’ai voulu ajouter un clavier a mon live solo, mais je n’ai pas été totalement satisfait. Le sentiment de pouvoir faire encore plus m’a poussé à monter cette formation qui, je l’espère, deviendra très bientôt mon live régulier.

AL : Avec Worakls band, tes influences classiques se ressentent beaucoup plus que par le passé. C’est dû aux instruments qui t’accompagnent bien sûr, mais aussi à un léger changement d’identité musicale. C’est plus difficile de vous ranger dans la case de la minimale, encore moins de la tech-house comme on te défini parfois, on aurait plutôt envie de qualifier ce que vous faites de classique contemporain. Comment est-ce que tu définirais ça personnellement ? 

W : Oui je pense que c’est assez bien dit, « classique contemporain », pourquoi pas… Habituellement je qualifie ça d’electro orchestrale, ou de techno mélodique, mais il n’y a pas vraiment de case existante pour la musique qu’on propose avec le band. Le fait que la musique de film soit le style qui m’inspire le plus depuis quelques années y est pour beaucoup dans cette évolution musicale.

AL : C’est assez dans l’air du temps de revisiter la musique classique. Je pense à Egal 3 qui sample souvent du classique, ou à Nicolas Godin qui s’est inspiré de l’œuvre de Bach pour Contrepoint. Est-ce que selon toi c’est en partie parce que la musique électronique s’essouffle qu’il faut retourner aux sources en réemployant des instruments traditionnels et en faisant dialoguer plusieurs styles de musique ? 

W : Non je ne pense pas que la musique électronique s’essouffle. Car ce qui fait sa force première, c’est de pouvoir adapter tous les styles déjà existants à elle, que ce soit l’electro rock, l’electro pop, l’electro jazz, l’electro classique… La musique électronique a bien sûr sa propre histoire autour de la techno, house etc… Mais aujourd’hui elle est surtout devenu un support pour écrire n’importe quel style musical. 

AL : Les musiciens qui t’accompagnent ont toujours fait du classique ou bien est-ce qu’ils ont un petit background électronique ? 

W : Zoltan (Alto), Norbert (Violon), et Antonin (Violoncelle) viennent effectivement de la musique classique, chacun ayant ses propres expériences musicales dans d’autres styles. Antonin avait déjà le goût de la musique électronique avant que l’on travaille ensemble mais les autres un peu moins. Quant à Emiliano, mon père, il est guitariste autodidacte et tient son expérience de formations diverses plutôt pop.   

AL : Ta musique à une forte teneur émotionnelle, c’est difficile de rester de marbre en écoutant certains de tes morceaux, essentiellement grâce à la rencontre des basses et de la mélodie. On peut avoir l’impression que tu composes plus pour toucher, et parler aux gens, leur raconter une histoire, que pour les faire danser en club, même si la couleur techno de tes productions permet tout à fait ça également. On a en tout cas le sentiment que tu véhicules quelque chose de très personnel ; c’est une chose que tu revendiques ? 

W : Bien sur ! J’écris très souvent par rapport à des choses très personnelles, les morceaux qui en sortent sont donc très souvent chargés des émotions que véhiculent ces inspirations. Je pense que la musique électronique permet de véhiculer la puissance et le côté classique, l’émotion. Par le passé, j’écrivais surtout pour le club, pour faire danser. Mais au fur et à mesure du temps, j’essaie aussi d’écrire des morceaux qu’on peut écouter dans des moments plus calme. 

AL : Avec Worakls Band, tes prod sont particulièrement cinématographiques je trouve, et c’était déjà le cas en solo ; elles racontent des petites histoires. Est-ce que tu prévois de produire des clips pour les accompagner, voire plus tard de travailler sur de la musique de film ?

W : Bien sur ! Même si ça m’intéresse plus de mettre de la musique au service de l’image que l’inverse, on vient de tourner un clip avec notre super video maker de chez hungry music (le très célèbre Vincent Pajot) qui sera disponible très bientôt ! Je viens aussi de terminer la musique d’un jeu video qui sera disponible courant 2016 en Europe. Pour ce qui est de la musique de film, c’est vraiment autour de ça que j’imagine mon avenir, tout en n’oubliant ni la scène ni l’électro. 

AL : Jusqu’ici on a eu l’habitude de vous voir jouer en club – toi, N’to et Pastor. En jouant à l’Olympia vous faites appel à un public nouveau, vous faites face à un format différent et peut-être à une ambiance différente. Est-ce que votre performance s’en trouvera changée ? Et est-ce que vous comptez continuer à travailler sur un format concert, ou bien est-ce qu’on vous retrouvera régulièrement en club ? 

W : On n’abandonnera pas le club dans l’immédiat c’est certain mais c’est vrai qu’on a la chance de pouvoir se produire sur de plus en plus de festivals et de commencer à faire nos propre concerts donc la performance évoluera forcément dans ce sens. Mais n’allons pas trop vite, c’est qu’un début pour nous, qui sait de quoi sera fait demain ? 

AL : Depuis le début de votre carrière vous travaillez très régulièrement ensemble, avec N’to et Joaquim Pastor, vos univers se rejoignent et vos compositions dialoguent, est-ce qu’il est possible que vous fassiez un jour un projet d’EP ou d’album à trois ? 

W : Oui tout est envisageable ! Je ne pense pas que produire ensemble serait forcément un plus tant nos univers sont proches et différents à la fois. Dans l’immédiat, on a tous les trois pour projet de produire nos albums perso, mais on aime relever de nouveaux défis, chaque projet en précède un autre, on aime multiplier les expériences donc je pense que tout est possible.

Hungry Music sur Soundcloud

Worakls sur Itunes

Propos recueillis par Alix Leridon 

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