Sous le ciel de Paris : Live report – La Chica & Pauline Croze

C’est un vendredi soir que nous arrivons au Petit Palais pour assister au concert sur le thème de Paris de Pauline Croze et la Chica, toutes deux membres du projet « Le Jardin Imparfait ». Notre arrivée se fait dans une ambiance surréaliste, la voix de la Chica, d’une incroyable douceur, retentissant sous la nef de la galerie Sud du Petit Palais, accompagnée simplement d’un clavier pour un piano/voix bienvenu.

Les voûtes du Petit Palais offrent une acoustique hors du commun à la voix de la Chica, franco-vénézuélienne qui déroule les titres de son premier EP « Oasis ». La résonance naturelle et imposante du lieu ferait presque oublier qu’une équipe son travaille, au fond de la salle, à offrir une sonorisation optimale pour un concert dans une salle qui n’en est pas une. La scénographie n’a pas besoin d’être travaillée puisque l’environnement même du concert « Sous les toits de Paris » relève du merveilleux : en face du Grand Palais, son petit frère, construit pour l’exposition universelle de 1900 offre des fresques, des verrières et un jardin fantastique fermé au public le temps du show. Aucun besoin de fioritures ni de projections sur scène, quand le public a directement droit à la Tour Eiffel illuminée et à la vue sur Paris en arrière-plan.

Engagée, c’est a capella qu’elle entame sa seconde chanson, dédiée aux vénézuéliens « dont on ne parle pas beaucoup dans les médias », et revendique sa double nationalité en s’adressant à son public en français et en espagnol.

Les choses sérieuses commencent lorsque l’on entend résonner les premières notes de « Oasis », chanson phare de son EP, toujours seule avec son piano. La force de ce live réside certainement dans la capacité qu’a la Chica à enchainer subtilement des chansons chargées d’émotion et des rythmes endiablés qu’elle frappe, baguettes en main, sur son sampling-pad. Nous sommes sous le charme quand, emportée par sa frénésie musicale, elle en fait tomber ses baguettes et termine, debout et à voix nue, une chanson dédiée à ceux qui nous ont quitté qu’elle transforme en célébration de la vie.

La Chica invite sur scène son ami Bastien Picot pour un dernier titre avant de laisser la place à Pauline Croze. Le duo inverse les rôles, la Chica descend de quelques octaves pour laisser son compagnon de scène entamer des vocalises de soprane, scandées telles des incantations. L’osmose du duo envahi le Petit Palais et les envolées lyriques de leurs voix chaudes se répercutent contre les murs de pierre

La transition entre la Chica et Pauline Croze se fait en douceur, a capela encore une fois, par un duo des deux femmes sur « Le Ciel de Paris », chanson popularisée par Edith Piaf.

Quand il pleut sur Paris

C’est qu’il est malheureux

Quand il est trop jaloux

De ses millions d’amants

Il fait gronder sur nous

Son tonnerre éclatant

Les nuages parisiens répondent au duo de chanteuses en faisant éclater une pluie torrentielle sur les verrières du Petit Palais.

Après s’être retirée de scène quelques instants, Pauline Croze reprend le micro accompagnée cette fois de sa guitare sèche. On la connait pour ses chansons de variété française et son excellent album « Bossa Nova », sorti l’année dernière et réalisé par Richard Minier. Et pourtant, nous sommes l’une comme l’autre déçues par ce live. Les chansons s’enchainent et se ressemblent, d’une qualité plutôt médiocre, aux paroles mielleuses et, disons-le, assez creuses. La voix tremblante, parfois fausse de Pauline, semble décalée rythmiquement avec les accords qu’elle joue à la guitare. Le public, pour la plupart venu pour la voir, semble déconcerté par cette performance moyenne et la salle se vide peu à peu. Notre embarras est total lorsqu’elle demande au public d’entonner avec elle sa chanson « Soulève moi » et que quelques voix à peine s’élèvent timidement.

La fin du live se fait, pour notre part, dans l’indifférence, et Pauline termine en remerciant La Chica et Bastien Picot, le Petit Palais, la ville de Paris et le Jardin Imparfait.

En conclusion, nous sortons du concert ravies d’avoir assisté à la performance de la géniale La Chica, trop underated à notre gout, et agréablement surprises par la jolie découverte de Bastien Picot.

Un article de Rafaëlle Dorangeon et Clara Eymery

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