Chorus Festival – 30 ans

DU 3 au 8 avril dernier s’est tenu la deuxième édition du Festival Chorus des Hauts-de-Seine. Le Gorille y était et il vous fait part de ses coups de cœurs et états d’âmes.

Her

Her – Corentin Loubet pour La Chambre Noire

Nous arrivons au Chorus juste à temps pour le début de ce concert que nous attendions tant depuis que Victor Solf, l’un des créateurs du groupe, avait sorti l’énergique Five Minutes sur la chaine youtube « A Colors Show ».

La salle aux lumières tamisées laisse apercevoir sa silhouette, il est déjà là et attend que le public arrive pour commencer, sans prétention ni mise en scène.

Le premier morceau entamé We Choose, dévoilé après le décès de son partenaire musical, Simon Carpentier, résonne comme un hommage bouleversant. On ne peut s’empêcher de penser que sa tenue, la même que celle portée lors de l’enregistrement du Colors, a également été pensée en son honneur, Five Minutes étant habituellement interprétée par Simon.

On retrouvera tout du long du concert une cohésion et une énergie que l’on a désespérément envie de transmettre également. Malheureusement, ma voix presque aphone ne me permet pas de leur rendre la pareille.

Après avoir instauré une ambiance presque céleste accentuée par la voix éraillée de Victor, le groupe enchaine sur Queens, et fait monter le ton. On découvre une facette plus rock mais mettant toujours en valeur les instruments (notamment le saxophone, qui tend à sortir de la symbolique jazz pour se populariser). L’équipe finit les dernières lignes du morceau Fight It, le poing levé, et la soirée est lancée.

C’est sur Shuggie que l’on peut réellement se rendre compte de l’harmonie qui existe entre les membres, chaque instrument étant valorisé par une prise de parole en solo. La scénographie est à l’image du groupe : tour à tour tamisée ou pleine de lumière, floutée ou clairvoyante mais toujours diversifiée et parfaitement adaptée à l’ambiance dans laquelle le public est plongé.

C’est à reculons que nous quitterons la salle pour rejoindre le créateur des Bloody Beetrots, qui nous attend dans sa loge pour une interview que l’on ne regrettera finalement pas d’un poil. On espère qu’Her continuera son chemin pour nous permettre de re-passer un doux moment en leur compagnie, et pouvoir danser en rond, le sourire aux lèvres comme le fait actuellement le petit garçon du fond de la salle, dernière image que nous garderons de ce concert.

Hyphen Hyphen

Hyphen Hyphen – Corentin Loubet pour La Chambre Noire

On avait déjà entendu quelques morceaux d’Hyphen Hyphen avant d’apprendre qu’ils seraient présents au Chorus, et leur performance n’a pas contredit notre vision du groupe. Maquillés des mêmes peintures de guerre que dans leur clip Just need your love, les 3 membres sont encadrés par deux grands H lumineux.

Le public est directement enthousiasmé par leur naturel et leurs déambulations sur scène, d’autant plus que la majorité d’entre eux semble déjà les connaître et chantonnent les paroles en chœur.

Les premières notes de Cause I got a chance résonnent, et on sent que le concert a réellement démarré. Les membres inter-changent leur place, véritable trio dynamique, et la basse fait vibrer le sol.

On se rappelle de l’âge des membres lorsque la chanteuse s’époumone à deux centimètres de l’objectif d’un photographe présent devant la scène, pleinement consciente de ses actions, et en total contrôle de l’image que le groupe souhaite donner à voir aux médias.

NB : ATTENTION ! Nos rédacteurs peuvent avoir tendance à sur-analyser, vous imaginez bien comment sont les étudiants en communication.

Après avoir admiré cette ambiance complice, ponctuée de sauts et de têtes contre têtes amicaux entre les membres, s’instaure une ambiance mystique. La salle s’assombrit et le trio se place dos au public pour entamer Endless Lines. Santa, la chanteuse, prend la guitare pour donner une tournure plus rock ponctuée de cris à la Rita Mitsouko. Mon voisin commence à headbanger, agrippé à la rambarde. L’esprit rock se maintient avec Like Boys parfaitement assorti à la veste en jean de Santa, sur laquelle on peut lire « Libre boys », et le public se met à sauter.

Le concert se terminera avec Just need your Love, leur morceau phare, et le public est, cette fois, prêt à tout donner. Quand on leur posera la question quelques heures plus tard autour de la table ronde, Hyphen Hyphen nous confirmera que la foule leur a réellement transmis beaucoup de vitalité tout au long du concert.

Panda Dub

Panda Dub aura été mon plus grand regret.

Non pas à cause de l’artiste comme vous pourriez l’imaginer, mais bien parce que l’énergie qu’il transmet ne pouvait laisser impassible la montpelliéraine que je suis.

Lorsqu’il s’exclame « Je sais qu’il y a des dubbers à Paris », ma voix réapparait miraculeusement et je me sens comme chez moi, emportée par les sonorités mélodieuses et expérimentales, propres à Panda Dub. Au cours des vingt minutes de concert auxquelles j’ai pu assister, nous aurons entendu en pagaille du rap, des sonorités orientales semblables à des prières bouddhistes, et last but not least, des sons de mouette.

L’ambiance nonchalante mais enthousiaste du public m’emporte, ainsi que les basses rythmées, et mon petit cœur se déchire en disant au revoir à la scène remplie de cercles lumineux, alors que Panda Dub s’exclame « On n’a qu’une heure alors on va faire bouger ça ».

Quitter le concert prématurément pour la fameuse table ronde d’Hyphen Hyphen nous aura permis de découvrir la face cachée du groupe, mais nous aurions aimé pouvoir nous déhancher sur le reste du set. Je vous laisserai donc sur ces sages paroles : Smile is the key.

Bloody Beetroots

The Bloody Beetroots – Corentin Loubet pour La Chambre Noire

Malgré l’apparence calme et détendue que nous a donné à voir le fondateur des Bloody Beetroots lors de son interview, lorsque l’on débarque dans la grande Seine, c’est un autre homme que l’on découvre sur scène. Cagoulé, déchainé, la foule est en turn up et le sol vibre. Alors que le public saute et crie à tout va, on se laisse rapidement enthousiasmer par cette énergie folle que dégagent les Bloody Beetrots. Bien qu’on ne connaisse aucun morceau, nous sommes bel et bien déçus lorsque l’on s’aperçoit qu’il n’y aura pas de rappel et que nous n’avons pu assister finalement qu’a trois morceaux.

Malgré les critiques qu’a soulevé son dernier album, on vous conseille donc d’aller les voir en live car nous savons tous que la scène peut vous changer un homme.

Vitalic

Vitalic – Corentin Loubet

Cette fois, nous sommes au premier rang et bien en avance quand le son démarre, dix minutes avant l’arrivée de Vitalic. Il s’avance seul, presque invisible à travers le halo de lumières rouges et sombres.

Un V lumineux encadré d’un double triangle s’agite au rythme du son et Le Gorille rentre en transe. On sent que le public qui nous avait un peu déçu jusqu’ici est bouillant. Serait-ce parce que c’est le dernier artiste et que de l’alcool a coulé sous les ponts, ou tout simplement à cause de la hausse des bpm ? Peut-être est-ce une combinaison gagnante pour Vitalic ?

La scénographie nous transporte dans un véritable jeu d’arcades, où les lumières se relaient autour et sur le booth du DJ, cf le fameux Snake pour les plus vintages. Le set de Vitalic nous aura marqué par sa puissance et la chaleur ambiante qui règne dans la salle, mais également par l’utilisation de sons atypiques créant un imaginaire fort, alternant sons robotiques et orientaux, cris d’enfants, bruit de la pluie tombant sur un toit en tôle.

 

Un article d’Elise Batifort, photos de Corentin Loubet.

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