« Assume Form », l’album qui m’a fait redécouvrir James Blake

Nous sommes début 2019. Loin de me rappeler de James Blake, et encore en train d’écouter mes albums préférés de 2018, j’apprend par hasard sur Instagram que celui-ci sort un album le 18 janvier, et que la track list a leaké à cause d’Amazon. C’est alors que les sonorités de ses albums me reviennent en tête, je les entends comme une musique lointaine. James Blake, musicien et producteur de la scène anglaise, avait été une de mes meilleures découverte il y a six ans.

Son second album, Overgrown, avait été une révélation pour moi qui écoutait peu de musique électronique, surtout avec des sonorités empruntant au folk ou à la soul. J’avais directement ajouté le titre « Retrograde » dans ma playlist coup de coeur de 2013 lorsque j’étais tombée dessus par hasard en cherchant de la musique à écouter sur Deezer. Le titre (écrit, composé et produit par James Blake) commence de manière à la fois magnifique et mystérieuse : sa voix, qui fredonne sans paroles, s’accorde parfaitement avec les accords de piano.

Overgrown album cover, source: musikplease.com

Trois ans plus tard, je le rencontrai à nouveau pour son troisième album, The Colour in Anything. J’attendais avec impatience sa collaboration avec Bon Iver, dont j’avais adoré les albums For Emma, Forever Ago (2008) et Bon Iver, Bon Iver (2011) pour la richesse de chaque titre. C’est le genre de musique que j’écoute seule, avec un bon casque et le volume à fond pour entendre chaque arrangement. Pour revenir à la collaboration James Blake – Bon Iver, celle-ci était loin de me décevoir : « I Need a Forest Fire » commence avec un étonnant cri de Justin Vernon, le chanteur de Bon Iver, sur un fond musical propre à lui, et se poursuit avec une effusion de voix électroniques et chantées, le tout dans une atmosphère à la fois feutrée et hypnotisante.  

Mais depuis 2016 – début 2017, j’ai écouté d’autres disques à l’occasion des nouvelles sorties. J’ai arrêté d’écouter James Blake et ses musiques sont restées dans un coin de ma mémoire.

Nous revoilà en 2019 : vous imaginez donc ma surprise et mon envie soudaine de réécouter James Blake. J’apprend qu’il y aura quelques invités de qualité sur l’album, ce qui dévoile une évolution telle que je l’attendais dans la musique de Blake. Rosalia est annoncée, incroyable révélation de 2018 pour moi, mais également Travis Scott que j’avais adoré dans son récent album Astroworld, ou encore la star du rap US Metro Boomin, producteur des plus gros bangers, de Migos à 21 Savage.

James Blake révèle les collaborations sur son prochain album, © Amanda Charchian

Quelques jours plus tard en rentrant de soirée, j’ouvre Spotify et je vois qu’Assume Form est sorti : il est minuit passé, on est le 18 janvier. Je me dépêche d’aller sur l’album et écoute d’abord le premier titre, « Assume Form » et dès l’introduction, je suis séduite par le piano et les basses. Ce titre où Blake chante seul est un début d’album parfait, je redécouvre sa voix aérienne et sa manière d’agencer et d’assembler des sonorités diverses. Une fois le titre fini, je n’ai qu’une hâte, c’est d’écouter « Barefoot in the Park » en featuring avec Rosalia, le cinquième titre de l’album. La voix de Rosalia sonne en boucle en créant une instru sensuelle, parfaite pour accompagner ses couplets en espagnol. Sa voix se marie très bien avec celle de Blake dans un refrain en duo. Décidément Rosalia ne me décevra jamais ; j’ai hâte de la voir en concert à We Love Green.

Je continue mon écoute en revenant au deuxième titre, le très attendu « Mile High » en featuring avec Travis Scott et Metro Boomin. Le rythme, les basses et l’instru s’accordent très bien, et je sens que la voix de Travis révèle encore un autre aspect de James Blake, véritable caméléon musical. Le titre suivant commence, je suis tout de suite intriguée. Le rythme est plus rapide, les basses plus marquées et j’ai envie de danser. Je vois que le titre est en featuring avec Metro Boomin et un artiste que je ne connais pas, Moses Sumney. La chanson m’envoûte: je l’écoute en boucle avant de passer au reste de l’album. Je ne m’attendais pas à cela : c’est pour moi le meilleur titre et la meilleure révélation de l’album.

La suite est un tout cohérent à l’atmosphère chaleureuse, qui a donné la couleur à tout mon mois de janvier. J’ai eu un coup de coeur plus tardivement pour le titre « I’ll Come Too » : l’ambiance est plus chaude et sonne comme une chanson d’amour à la James Blake.

Cet album marquera incontestablement 2019, mais ça, tout le monde le sait déjà. Je souhaite donc à tout le monde d’apprendre à connaître Assume Form comme je l’ai fait : pas pour ce qu’on en dit, mais pour redécouvrir James Blake et sa musique riche en surprises.

 

Clémentine Peysson

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