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Bakar au Badaboum, une ballade brute de Londres à Paris

Issu d’une scène londonienne toujours avant-gardiste, Bakar est une de ces pépites à suivre de près, dont on ne doute pas qu’il soit prochainement programmé au Pitchfork ou aux Transmusicales. Mais d’abord il entame sa tournée européenne à Paris et ça se passe au Badaboum le 23 avril.

Sur sa mixtape Badkid sortie en mai dernier chez bash* records, il mélange les inspirations anglaises du grime, du punk et de la pop — autrement dit tout ce qui se fait de mieux outre-Manche. Le single « BADlands » en est emblématique, ballade alternative chantée et criée, au clip à la fois sensuel et froid, onirique et cru. Par sa diction dont on apprécie le fort accent anglais, il rend évident ce mélange stylistique punk/rap, deux contre-cultures issues de la fin des années 70 qui se sont depuis érigées en imaginaires collectifs, genres dont les artistes hybrides comme Bakar s’émancipent pourtant avec brio.

Sur « Ctrl Alt Del », comme une tentative de redémarrer le vieux Windows quand il freeze, on voyait déjà pointer le bout du nez du rap US, dont on retrouvera l’inspiration sur le single « Chill / Sold Your Soul » sorti il y a pile un mois. Dans le choix des beats et l’intonation de la voix, on peut penser aux vocalises de Kid Cudi ou aux trips des hippies de Flatbush Zombies. Dans notre discothèque mentale on serait même tenté d’y voir du XXXTentacion pour son esprit brut, approximatif mais sincère, des ballades moins torturées mais aussi touchantes. Ces arrangements rock assez primaires nous font plus d’effet que la musique trop bien mixée, presque aseptisée.

Musique actuelle car musique de mélange, on côtoie la douceur (« Unhealthy ») et la vivacité (« Handful »), quelque chose d’organique et d’électronique qui nous rappelle les autres Anglais de Mount Kimbie, duo qui se prête autant aux énergies de crooner punk de King Krule qu’à la techno industrielle des artistes qui les ont récemment remixé, partageant l’affiche des festivals électroniques où ils sont programmés en DJ set. Dans tout ce bordel, la douce guitare pleine de chorus est l’élément commun, la pierre angulaire qui nous fera passer du jour à la nuit. Et on espère que ce soir-là sera mouvementé au Badaboum.

Julian Le Tutour

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