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Le voyage jazz psyché du Dave Harrington Group au Badaboum

Le prodige multi-instrumentiste de Brooklyn vient présenter en groupe son album Pure Imagination, No Country pour sa tournée européenne, et ça se passe au Badaboum.

Si son nom n’est pas familier en France, il l’est plus sous l’obscur alias Darkside, son ancien projet en collaboration avec Nicolas Jaar. Ils avaient notamment sorti Psychic en 2013, que Pitchfork classait dans les 100 meilleurs albums de la décennie. Déjà une utilisation originale de la guitare dans des compositions sans queue ni tête, mais les beats downtempo du Jaar ont assez mal vieilli.

C’est avec le Dave Harrington Group qu’il revient, une formation électrique et électronique qui a un peu évolué depuis l’album Become Alive (2016), où il joue de la guitare, du pedal steel, de la basse et du synthé,  accompagné d’Andrew Fox aux claviers et à la synth bass, Lars Horntveth au Rhodes, Shahzad Ismaily au Moog Rogue, Will Shore au vibraphone et Samer Ghadry à la batterie.

Une batterie qui ouvre l’album par un break in medias res juste après un court gazouilli d’oiseau au synthé, découpant ce premier morceau (« Well« ) en donnant un rythme toujours fuyant, appuyé par une basse ronde à gauche et saturée à droite. Les notes aigües et aspirées de la guitare fuzz font des envolées dans tous les sens, parsemées de breaks de vibraphone. En un peu plus d’une minute trente on comprend qu’on est embarqué dans un trip expérimental et technique à la Yes.

C’est encore cette batterie qui fait courir guitare et synthé dans « Then I Woke Up« , où l’on sort d’un rêve à bout de souffle. « Slides Redux » laisse place à des impros frénétiques faites pour le live. On retombe alors dans la rêverie psychédélique avec la douce « Neoarctic Organs » qui nous fait perdre pied dans une méditation électrique et profonde, chassée d’un cut sec avant de parcourir les enfers d’orgues et de reverb sur la puissante « Patch One« . On comprend ici l’influence torturée de King Crimson. Après l’ambient cinématographique de « No Country« , l’album se clôt sur « Pure Imagination« , une reprise de Gene Wilder, ballade du Willy Wonka de 1971 qui contenait la bizarrerie de ce motif à trois note entre les passages mielleux hollywoodiens, un monde imaginaire et intrigant que Dave Harrington a su extraire. Un Frank Ocean pourrait chanter sur ces douces nappes de guitare à l’envers.

Ce vendredi au Badaboum, le Dave Harrington Group va nous emmener dans cet univers pour un voyage entre jazz expérimental et rock psychédélique.

Julian Le Tutour

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