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D’Angelo, le retour du groove tant attendu ?

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   Il y a des nouvelles qu’on attend désespérément et sur lesquelles on fini par tomber comme ça, au hasard d’une lecture. C’est ainsi qu’après des années d’attente douloureuse, j’ai finalement appris que D’Angelo serait sur le point de sortir un nouvel album. Enfin.

Etre quatorze années durant (ou presque) à l’affût du moindre indice, de la moindre fausse alerte concernant la venue de ce bébé, et Dieu sait qu’il y en a eu, c’est long. Pour éviter toute mauvaise surprise, je me dis donc qu’il serait préférable d’attendre tranquillement que la douce voix de D’Angelo résonne de nouveau dans mes oreilles avant de vanter les nombreuses qualités et le génie de l’artiste. Mais mon impatience veut que je me réjouisse déjà et en attendant cette sortie initialement prévue pour le printemps/été 2014 (le printemps est déjà passé, et perso j’ai rien vu qui ressemblait de près ou de loin à un été cette année, mais restons optimistes), j’ai pensé que rien n’était trop beau pour D’Angelo et encore moins un rapide tour par sa discographie.

La carrière de D’Angelo commence donc sérieusement en 1995 avec la sortie de l’album Brown Sugar. Si les ventes ont visiblement été décevantes au départ, c’est avec le temps que la critique et le public ont commencé à flairer puis acclamer le talent de l’artiste jusqu’à ce que l’album devienne double disque de platine. Car si D’Angelo n’aime pas particulièrement être catalogué, nul doute qu’il est probablement celui qui a entamé avec brio le retour de la néo-soul (nu-soul pour ceux qui préfèrent) au milieu des années 90, ce mélange subtile entre le R’n’B et la soul, avec des touches de funk, de jazz et de hip-hop.  Dans des pépites groove comme Brown Sugar, Cruisin, Smooth, When We Get By et j’en passe, D’Angelo ressuscite les instruments chers à la soul tel que le Fendher Rhodes, ce clavier électrique qu’on entend sur la quasi-totalité de l’album, délivre avec douceur des textes parfois spirituels, et surtout, en digne représentant de l’héritage de Marvin Gaye, nous offre une ode à l’amour et à la sensualité.

Janvier 2000, D’Angelo régale de nouveau nos oreilles avec Voodoo, un album un peu plus R’n’B et qui à mes yeux n’égale pas Brown Sugar, mais qui mérite quand même qu’on s’y penche, bien évidemment. D’ailleurs, plus besoin d’argumenter : D’Angelo gagne avec Voodoo le titre de meilleur album R’n’B de l’année et ce dernier devient deux mois après sa sortie disque de platine. La collaboration de l’artiste avec les rappeurs Method Man et Redman sur la chanson Left and Right confirme un penchant un peu plus marqué pour les mélodies et beats R’n’B. Pour autant, la voix de D’Angelo reste toujours aussi douce et soul et il conserve sans aucun doute ce don pour produire des musiques qui auraient d’office leurs places dans les playlists au nom étrange mais explicite des Inrockuptibles (”La playlist pour faire le sexe en 2014”). Bref, on reconnait bien là le style et le groove de D’Angelo et on lui dit merci.

Mais depuis ça, silence radio et c’est peu dire. A part quelques collaborations avec le jazzman Roy Hargrove ou les rappeurs Common et Snoop Dog, D’Angelo s’est donc fait tristement remarquer par son absence et les quelques nouvelles qui nous parvenaient n’étaient pas des plus réjouissantes. Autour des années 2005, la notoriété ne semble pas ou plus lui réussir et l’artiste enchaine les passages sur les bancs de la justice pour des histoires d’alcool et de drogue (un sujet auquel il faisait déjà référence dans plusieurs de ses chansons). Parmi les nombreuses rumeurs et fausses alertes, on a un vent dès 2006 d’un nouvel album qui serait en pleine préparation sur l’île d’Antigua, loin de la foule et des emmerdes. Pourtant, la quiétude insulaire ne permet apparemment pas à D’Angelo de faire la paix avec ses démons puisque ce troisième opus initialement intitulé James River ne sera finalement jamais commercialisé.  Mystère. Parmi les raisons invoquées, un album à priori trop noir ou peut être trop personnel. L’artiste considère que James River ne reflète plus son état d’esprit actuel et n’a donc pas vocation à être connu du grand public. Pour le meilleur ou pour le pire, personne ne sait, mais on regrette quand même que ce projet avorté ait encore prolongé cette période de vide laissé par l’artiste. D’Angelo, on te retrouve bientôt j’espère et en attendant, on patiente avec quelques vidéos de l’enregistrement du nouvel album ou avec cette belle reprise de Funkadelik. 2014 sera l’année.

Flora

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