On a parlé canap’, encyclopédie et influences artistiques avec les Drums et c’était plutôt cool.

Le groupe à l’origine du tube de nos années lycée Let’s Go Surfing revient avec un nouvel album, Encyclopedia. Marie et Félicie ont eu la chance d’interviewer pour le Gorille le chanteur, Jonathan Pierce. Retour sur la création de l’album, leur parcours semé d’embûches depuis l’EP Summertime, L’importance d’un bon refrain et les amis extravagants.

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Alors les gars, contents de venir jouer à Paris en novembre ?

Oui, ça va faire presque trois ans depuis qu’on est partis en tournée, et Paris a toujours été une ville chaleureuse et accueillante envers nous. On est très enthousiastes pour cette tournée parce que nous allons y présenter notre meilleur travail jusqu’ici. J’ai de super souvenirs de concerts complètement dingues qui m’ont bien fait transpirer à Paris, et je suis sûr que ça sera la même chose cette fois-ci. J’ai aussi rencontré des personnes géniales à Paris, qui sont devenues des amis pour la vie. J’ai l’impression qu’en France, les gens nous apprécient non seulement pour notre musique mais aussi pour l’aspect visuel de notre travail. C’est quelque chose qu’on apprécie à chaque fois.


Votre nouvel album est nommé « Encyclopedia », pourquoi ? Vous aimez la littérature ?

Et bien d’abord et surtout, c’est un très beau mot, et parfois ça suffit comme raison. Mais au delà la beauté du mot, il y a un sens plus profond. Sans vouloir être trop littéral, une Encyclopédie est faite de plusieurs volumes d’informations. Elle est mise à jour en permanence, et nettoyée des informations fausses ou obsolètes. On a traversé tellement en tant que groupe, de l’impression d’être au sommet du monde jusqu’à se sentir six pieds sous terre, avec toujours ce sentiment d’être à la marge… Ces trois dernières années, on a perdu beaucoup de gens qui avaient une place importante dans nos vies, en particulier deux guitaristes et un manager, et on a vraiment du ré estimer notre groupe, qui nous étions devenus et ce qu’on voulait faire. Après environ un an de réflexion ici et là, on a eu un moment magique où on a réalisé que perdre ces gens, bien que ça ait été douloureux, avait été la clef qui avait réouvert la porte de notre imagination et on a commencé à vraiment s’épanouir dans la création. On ne s’était pas sentis aussi créatifs depuis l’EP Summertime, il y a cinq ans, avant même qu’on rencontre Adam et Connor… C’était juste Jacob et moi à ce moment là, et c’est ce que nous serons à partir de maintenant. C’est la meilleure recette.


Vous avez écrit « Let’s go surfing » (« Allons surfer » , N.d.T), quel genre de mecs êtes vous ? Plutôt rat de bibliothèque ou athlète ?

Cette chanson, comme de nombreuses d’autres, a l’air innocente et légère en surface, mais pour nous, elle a un sens beaucoup plus profond… Bon pas BEAUCOUP plus profond.. mais un peu plus profond. Jacob est définitivement un lecteur, et moi je fais du vélo tous les jours, mais je n’aime pas vraiment la réalité des sports de compétition et ce qu’il y a derrière. J’aime vraiment « l’idée » des compétitions sportives, peut être d’un point de vue esthétique… Surtout le football et la gym masculine.


Qu’est ce que vous préférez dans le fait d’être des musiciens professionnels ?

Je ne sais même pas si on pourrait se qualifier de professionnels. Notre carrière nous a toujours donnés l’impression de tenir avec du scotch. C’est comme si l’industrie musicale nous battait froid 99% du temps, et puis d’un coup, sorti de nulle part, il y a un gros truc qui se passe (le 1% du temps restant), qui nous propulse au niveau supérieur. Je suppose qu’on peut être reconnaissants pour ça. C’est chouette d’en être au point où on a réussi à sortir deux albums identifiables et que les kids dans le monde entier savent quand ils sont en train d’écouter une chanson des Drums.


Sur la pochette de l’album, vous êtes tous les deux assis du même côté du canapé. Pour qui est-ce que vous gardez de la place ?

Personne. Nous sommes plus complets à deux. Ajouter du monde au mélange nous rendrait incomplets. Parfois, il faut savoir quand trop c’est trop. Cette pochette sous entend vraiment ce qu’est l’histoire des Drums.


Comment est-ce que vous envisagez l’avenir du groupe ?

Oh, qui sait ? On travaille juste très dur, du lever du soleil jusqu’à tard dans la nuit, et au cours de chaque journée je sens que de plus en plus de kids entendent parler du groupe et comprennent notre message. C’est tout ce qu’on peut espérer. Je pense vraiment qu’on complète une lacune dans le rock. Je ne connais aucun autre groupe qui s’implique autant personnellement dans ses paroles, au même niveau que nous, et qui ose chanter sur les mecs sans être complètement extravagants à chaque étape. Il n’y a rien de mal à être extravagant. On a plein d’amis qui le sont, et on ne voudrait pour rien au monde qu’ils ne changent mais… Vous voyez ce que je veux dire.


Qu’est ce que vous préférez dans la création d’une chanson, et pourquoi ?

Quand j’étais petit, je comptais toujours sur le refrain pour me faire kiffer. J’avais écrit sur le mur de ma chambre « HOW BIG IS YOUR CHORUS ?! » (« QUELLE TAILLE FAIT TON REFRAIN ?! , N.d.T), parce que j’étais vraiment obsédé par les accroches pop. Pas pour l’argent qu’elles rapportent, mais pour la fascination qu’elles exercent. Genre… pourquoi est-ce que les gens accrochent sur certaines mélodies plutôt que d’autres ? Je pense pas qu’on le sache vraiment… Mais bref, aujourd’hui je m’enthousiasme sur les couplets ! Je profite des ponts dans la musique et je me relaxe un peu. Il y a un peu d cette retenue dans Encyclopedia. Un peu plus de self-control. Le pouvoir de la subtilité !


Est-ce qu’il y a une question dont vous avez toujours rêvé qu’on vous pose en interview ?

Je voudrais que quelqu’un me demande « qu’est ce que ça fait de devenir de plus en plus beau chaque jour ? ». Je dis ça parce que j’ai une épouvantable image de moi même, et je deviens de plus en plus timide au fur et à mesure que passent les mois. Mais malgré tout ça, à la fin, je suis heureux d’être en vie… Je crois.


interview réalisée et traduite par Marie et Félicie

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