Baxter Dury revient, et It’s a Pleasure…

Le 20 octobre dernier. Baxter Dury revient, un quatrième album dans les mains : It’s a Pleasure, que l’auteur qualifie de musique squelettique berlinoise post-Kraftwerk. Avec une nouvelle chanteuse, une nouvelle maison de disque, cet album s’installe sans surprise dans la lignée ascendante du succès indé signé Dury.

Vous avez dit Dury ?

Son père, Ian Dury, figure emblématique de la scène rock et punk des années 1970 avec des groupes comme Kilburn and the High Roads et surtout les Blockheads, inventera la maxime « Sex, drugs and rock’n’roll ». Mais Baxter ne se voit pas vraiment suivre les traces paternelles. Sa discrétion et sa timidité le distingue de son père. Pendant ses études, qui ne s’avèreront pas fructueuses, le jeune Dury se tourne vers la Soul, le Jazz et la Funk. A l’époque, il s’essayera à la musique et au cinéma, sans grands succès.

Un début de carrière tardif 

Ce n’est qu’aux funérailles de son père, en 2000, que Baxter Dury interprètera en public ses propres compos. Il part à Austin où il composera les chansons de son premier album Len Parrot’s Memorial Lift, sorti en 2002 chez Rough Trade Records, en collaboration avec Adrian Utley de Portishead et l’ex-Pulp Richard Hawley. En 2005 il récidive et sort Floor Show. Deux albums de pop nébuleuse aux succès relatifs, du moins, tout sauf commercial. Eté 2011, l’homme à la voix rocailleuse et à la silhouette torturée publie son troisième LP sur Parlophone Records, filiale de la major EMI, label des Beatles (groupe que détestait Ian Dury). L’album Happy Soup, est enregistré par Craig Silvey (Arcade Fire, Arctic Monkeys) entre Londres et Ibiza. Changement de cap, il s’éloigne de cette luxuriance psyché et sombre, on y découvre une collection de chansons balnéaires et psychédéliques (dixit Dury). Il s’écoule à trente-cinq mille exemplaires. Le minimalisme mélodique remporte les suffrages. Les quelques lignes de basses couplées aux claviers et aux sobres percussions rendent le tout hypnotique. Certaines ambiances frôlent une cold wave.à la Pulp. Avec une voix féminine, sa pop s’acidule, l’écriture est dépouillée, limpide.

Nous y sommes, en 2014. Baxter Dury signe chez PIAS et sort It’s a Pleasure. L’artwork de la pochette de l’album est complètement impactant, avec des couleurs évoquant quelques scènes signées Jacques Deray et des corps huilés. Romy aurait été troquée par un cygne. Dans cet album, il nous parle de micro-politique. Il étudie des échantillons de vie pour comprendre ce qu’est le monde de manière plus large, grâce à cette psyché-pop rock moins sombre qu’elle ne l’a été dans ses deux premiers albums. L’énergie suave de Pleasure, l’ouverture de l’album, contraste avec la volupté fragile et fugace de la voix féminine de la française Fabienne Débarre dans Other Men’s Girls. Le choix de faire chanter une femme est à saluer, sa couleur s’impose comme un indispensable contre poids à la raucité de la voix de Dury, à son phrasé parlé presque robotique. Si It’s a Pleasure s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur, il y manque tout de même quelques surprises qui, en 2011, ont été à l’origine de la réussite d’Happy Soup, restant pour Le Gorille le meilleur album de notre cher Dury.

Orlane

Si le coeur vous en dit aussi, retrouvez Baxter Dury au festival Les Inrocks Philips le 15 novembre à la Cigale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *