contact contact

Ghost Culture, l’invitation au voyage

Ghost Culture c’est le nouveau prodige de Phantasy Sound. Le label indépendant londonien qui détient parmi ses rangs le jeune prince de la techno, j’ai nommé Daniel Avery.
Ces deux compagnons de labels se ressemblent par bien des points ; visages enfantins, regards perdus, mais surtout grands aviateurs d’une techno sombre et brumeuse.
Samedi dernier, Ghost Culture, travailleur de l’ombre de son label, m’a pris la main pour me faire voyager.

Le dandy entre en scène, arrange sa tignasse rousse, règle son synthé, accorde sa basse, attrape ses baguettes et — la bouche à demi fermée et les yeux ronds ouverts — largue les amarres.
Deux grosses ampoules nues pendent à leur fil et l’illuminent au rythme des basses. Autour, les arcs en pierre froide du Cellier de Clairvaux. Pas d’artifices. Ghost Culture ne s’habille que de ses instruments et de la sensualité enveloppante de sa voix claire et profonde. L’enfant prodige créée tout lui même, la seconde après avoir battu furieusement sa batterie électronique il se retrouve à caresser — il s’agit bien de sexe — les touches de son synthé. Notre génie marie les froides ténèbres d’une techno opaque aux notes laiteuses, façon New Wave.
Alors, je ferme les yeux, libère la basse — puissante — qui perce mon cœur et je me perds, vibrant, dans le brouillard londonien. Mes pensées flottent au rythme du fantôme, les gens s’éloignent dans le noir et je me réveille un peu. Moi aussi je veux me balancer tout entier dans leur réalité. La première ligne transpire en tapant du pied, tout au fond, ils écoutent les bras croisés. Moi, j’ai encore les yeux presque fermés.

Et puis, mystique, sonne le glas.

[youtube www.youtube.com/watch?v=IM0ZU3NvfX8]

Timothée Gutmann
Crédit photo : Vincent Arbelet

team team