Jeanne Added, l’ange obscur

Jeanne Added partage sa musique depuis plusieurs années déjà, mais c’est lors Rencontres Trans Musicales de Rennes que la jeune femme sort véritablement de l’ombre. Depuis le festival, dont elle fut incontestablement la grande révélation, son nom s’ébruite chaque jour de plus en plus. Sa voix chaude, ses instrus cold-wave et son énergie solaire lui valent les comparaisons les plus élogieuses. Après la sortie de son deuxième EP le mois dernier, Jeanne Added prépare celle de son premier album, produit par Dan Levy de The Dø. Elle jouera également au Printemps de Bourges le 28 avril. Rencontre.

.jeanne_added_02

Pour commencer peux-tu nous parler de ton univers et de ton revirement par rapport aux morceaux que tu as pu écrire auparavant ? Tu étais dans un son assez doux, avec des chansons à texte, et là on te retrouve dans une pop très froide, plus post-punk.
C’était pas réfléchi ni intentionnel. Les chanson de l’album sont venues comme telles quand je les ai écrites, puis tout un travail a été fait avec Dan Levy de The Dø, qui a produit l’album. Comme on a quasiment exclusivement travaillé sur ordinateur, c’est vrai que ça a amené quelque chose de très synthétique finalement. L’album a un côté assez froid, même sérieux parfois, peut-être qu’il est à mon image, je ne sais pas. L’EP précédent paraissait doux dans sa version studio, mais sur scène ça fait un moment que je suis un peu « énervée ».

Comment s’est faite la collaboration avec Dan Lévy ?
J’ai rencontré The Dø, et ils m’ont proposée de faire leur première partie. J’ai donc tourné avec eux, et c’est en apprenant à se connaitre, en se découvrant des affinités musicales que les choses se sont faites. Dan m’a proposée de travailler ensemble sur ce disque. Du coup on s’est mis à travailler sans agenda particulier, et au fur et à mesure c’est devenu un vrai disque, un vrai projet soutenu par un label.

Et celle avec Rachid Taha ? C’est assez surprenant, tu peux nous en parler ?
Ce sont mes éditeurs, FKO music, qui m’ont mise en relation avec Rachid Taha. La collaboration s’est faite comme ça, on a travaillé sur la reprise d’Elvis Presley. Ca donne quelque chose de beau je trouve. Rachid Taha est un rocker finalement, il a aussi ce côté sombre. Il a repris les Clash, il est pote avec les membres des Sex Pistols. C’est pas que de la musique du monde un peu festive. C’est un musicien hyper profond.

[youtube www.youtube.com/watch?v=ofr3OB655xs]

Qu’est-ce que t’apporte ta formation classique et jazz dans ton processus de création, notamment dans la nouvelle direction que tu as prise ?
Je sais pas. Sûrement le fait que je suis à l’aise dans le medium de la musique : j’en fais depuis que je suis toute petite, j’ai appris le solfège en même temps que les mots, donc ça m’apporte une familiarité très agréable.

De quoi t’es-tu nourrie musicalement ?
De plein de choses, que ce soit Mozart, West Side Story, les Béruriers Noirs, Portishead, Nirvana, Prince… Et aussi tous les gens avec qui j’ai travaillé ou je travaille.

Il y a une dominante rock là-dedans. On peut dire que tu es revenue à tes premiers amours ?
Non, plutôt que j’y suis venue, j’y suis enfin arrivée.

Quels sont tes projets pour la suite ?
Pas mal de dates sont prévues à partir du mois de mars, dont le Printemps de Bourges, je suis hyper heureuse. On va aussi sortir l’album, et puis le projet c’est de se remettre bientôt à écrire de la musique pour préparer la suite.

Si tu étais perdue seule dans la jungle, quels disques emporterais-tu avec toi ?
Miles Davis – Miles Ahead
Prince – Purple Rain
Led Zeppelin – le premier ou le quatre
Hole – Live through this
Abbey Lincoln – Straight Ahead

jeanne_added_03

Propos recueillis par Noémie et Tara
Photos © Marikel Lahana

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *