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Extreme Precautions à la Gaîté Lyrique

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Depuis 2006, le Toulousain Paul Régimbeau alias Mondkopf marque le paysage electro français par des productions devenues peu à peu plus noires, plus dures. Une série dont Hadès, sorti l’année dernière sur son propre label In Paradisum, n’est pourtant pas la dernière radicalité. En novembre 2014, Paul sortait sous le nom d’Extreme Precautions un nouvel album revendiqué d’inspiration grindcore, I, dont le Gorille faisait déjà la chronique ici.

Le disque convoque noise, techno et le métal le plus brutal : Assuck, Napalm Death, Pig Destroyer. Ce n’est pas un hasard si le musicien, le géant indus Godflesh et le drone d’Insiden étaient réunis le 17 avril à la Gaîté Lyrique. Extreme Precautions, c’est l’association de ces différentes influences réduites au format classique d’un album de grindcore, des morceaux de quelques dizaines de secondes à trois minutes maximum, une vingtaine de minutes au total.

Un album tendu, où les transitions menées par un bourdon basse continu (Untitled 5) puisé dans le drone/dark ambient constituent le socle de l’atmosphère de I. À cette base s’ajoutent une à deux couches sonores plus aiguës et tranchantes, des nappes de notes électroniques au tempo élevé. Cette combinaison simple donne pourtant par moments l’impression que le spectre est entièrement couvert, comme si plus aucun son ne pouvait s’y ajouter, on étouffe. Parfois le beat rythme réellement le morceau, à travers des snares glacials qui claquent (Untitled 8), autrement il ne fait que s’intégrer au chaos avec ce blast beat – élément de base du grindcore – qui sature complètement le son (Untitled 2). Les onze titres de I ne doivent finalement être considérés que dans leur totalité cohérente, être écoutés d’une traite. Parce que l’ensemble a été enregistré dans l’urgence, en une semaine, comme un seul bloc. Un album très recommandé.

Ce flux sonore continu trouve son aboutissement dans la performance scénique, où l’atmosphère créée immerge profondément l’auditeur dans la musique d’Extreme Precautions. Dans son live à la Gaîté Lyrique, Paul a davantage étiré les transitions, varié les arpèges, intégré du scream, à peine audible sous un paquet d’effets. Spectateur, j’ai été, comme pendant le set d’Insiden, happé et hypnotisé par ce grand déballage de décibels et cette ambiance pesante. Tellement lourde qu’on en oubliait presque l’acoustique de la Gaîté.

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Marc Blanchi
© Clémence Marchi

Une playlist autour du live de la Gaîté :

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