Rencontre avec Jabberwocky

Jabberwocky, c’est d’abord un poème de Lewis Caroll. Ça devient par la suite le nom de scène de trois copains qui veulent faire du son. Le côté lyrique, la sonorité et l’univers que ça implique leur plaisent. Alors c’est parti ! Rencontre avec Jabberwocky.

« C’est ça qui est cool dans le fait qu’on ne chante pas très bien, c’est qu’on est amené à travailler avec d’autres gens. »

Connus maintenant dans tout Paris pour leur son « Photomaton », repris entre autres par Kartell, ils ont performé à la Gaité Lyrique le 12 décembre. Le Gorille les a interviewés avant qu’ils ne montent sur scène. Dans les loges, l’apéro est sorti, les garçons enchaînent les rencontres avec les journalistes et malgré la fatigue, ils sont là et sont même plutôt sympas.

«Jabberwocky c’est trois garçons dans l’ombre, éblouis par le soleil de leur premier succès sur le titre « Photomaton » qui s’amusent à satelliser des voix venant sublimer leurs beats intransigeants.». Sympa la description ! « On trouvait que c’était une jolie formule trouvée par un ami à nous. C’est flatteur et ça donne envie aux gens de venir voir notre concert. Enfin, on l’espère ! » Il y a Simon, Camille, et Manu. Tous les trois se rencontrent à la fac de médecine et deviennent rapidement copains. Camille nous explique : « c’était le moment où la musique composée par ordinateur se démocratisait. Tu pouvais rester chez toi et composer un morceau sympa et au final, on a voulu essayer des trucs et c’est ce qu’on a fait avec le titre «Photomaton». On a contacté un ami d’un ami à nous qu’on ne connaissait pas directement et six mois plus tard, on s’est dit que ce serait pas mal de sortir le morceau et de ne pas le faire écouter qu’à nos potes, quand même ! [Rires].» A la base donc, des potes passionnés de musique.

Pour leur premier album sorti le 16 octobre 2015, ils ont repris des chansons qui étaient déjà sorties, telles que Photomaton ou Pola, mais le vrai travail avec la direction s’est fait l’année dernière. Il y a eu plusieurs phases dans la création de cet album nous explique Camille: « On a le home studio chez moi donc on a enregistré pas mal du coté de Poitiers et parfois on allait chez Pain Surprise qui est notre label à Paris. On se faisait quelques sessions d’une semaine où l’on enregistrait des voix, surtout. Ils avaient d’autres instruments donc on pouvait essayer de nouvelles choses et tenter de nouvelles façons de faire. » Par la suite, le travail s’est porté sur la matière des sons. En effet, ils évoquent le nom de Thibaut Chaumont, leur réal et ingé son de live qui leur a fait gagner beaucoup d’expérience. Simon affirme : « On aime bien sa démarche car il voit vite où on veut en venir. On a un échange qui assez cool donc c’est avec lui qu’on a travaillé la matière des sons et l’affinage. »

Dans cet album, de nombreux featurings notamment avec Anna Zimmer. C’est sur la route qu’ils la rencontrent, qu’ils ont l’occasion de discuter avec elle. Simon: « C’est ça qui est cool dans le fait qu’on ne chante pas très bien [rires], c’est qu’on est amené à travailler avec d’autres gens. » Sur leurs morceaux, surtout des voix féminines car c’est ce qui leur vient le plus naturellement. Ils n’ont pourtant rien contre des featurings avec des hommes.

Pour le morceau Fog, il y a eu plusieurs collaborations intéressantes. Anna Zimmer mais aussi la société New Production qui a réalisé leur clip vidéo sous la forme du dessin. « C’est drôle car ils avaient réfléchi au clip avant que le morceau ne soit fini » expliquent les garçons. «On les a rencontré pour l’art work de notre EP et comme on aimait bien leur univers et qu’ils faisaient de l’animation, on s’est dit que ça serait mortel qu’ils bossent sur notre projet. C’était pile dans l’humeur du morceau : quelque chose de mélancolique mais contrasté et coloré ».

A côté, le clip de Ignition, lui, est beaucoup moins fantaisiste. Après deux procédés d’animation, il paraît judicieux de retourner à quelque chose de plus concret pour varier les univers. Ignition est plus fidèle au propos des paroles: une relation sexuelle obsessionnelle et viscérale ; une attirance dont on ne peut pas se détacher. L’idée est de mélanger les tableaux. Simon: «C’est vrai que le clip est fidèle au morceau. Ce n’est pas très joyeux, c’est un univers onirique. Il y a plein de symboles que tout le monde a en tête, mais dans un univers suffocant. Ils sont ensemble et ce qu’il y autour ne compte pas pour eux. On aimait bien l’idée du huis-clos aussi.»

Côté live, Jabberwocky ne se repose pas sur ses acquis. Jabberwocky explique d’ailleurs qu’ils n’ont pas souhaité que le concert soit la retransmission exacte de leur album. Simon: «C’est presque des auto remix. Il y a des edits, des instrumentals et des morceaux qui ne sont pas sur l’album. Ce qui est excitant c’est de jouer des choses que notre public n’a pas encore entendues ». Camille : « On aime voir la réaction du public, de voir si les gens bougent [rires].» Le but n’est pas de ne plus reconnaître les morceaux mais une fois installés, les trois artistes se font plaisir et partent un peu plus loin. C’est leur proposition artistique, un parti pris que tous les artistes ne prennent pas. Et pour ce live, tous les membres du groupe se sont donnés. Manu s’occupe de plusieurs synthés et des machines. Simon est au pad et aux machines. Quant à Camille, il joue de la guitare, de la guitare bass et un peu de synthés. Pourtant, dans la création et composition de cet album, les rôles sont souvent échangés et personne n’a de position précise. Comme le dit Simon: «Dès qu’il y en a un qui a une idée, on creuse ensemble. Tout le processus se fait ensemble, à trois. Il n’y a pas vraiment de positions attitrées pour chacun.»

En bonus 

Quick questions pour Le Gorille, c’est parti !

Où est-ce que vous préférez jouer ?

En Bretagne, dans le Nord et évidemment Poitiers.

Le son qui passe OKLM chez vous ?

Chez Simon, c’est Twist again. Chez Camille, c’est TR 707 de Dabeull.

Le meilleur souvenir de soirée ?

L’auto10 à Paris, ou alors la soirée du Nouvel An de 2014.

La pire question qu’on leur pose en interview ?

Musique ou médecine ?

 

Des gars simples qui font du son cool. Alors pour cette nouvelle année, si ce n’est déjà fait, venez découvrir le nouvel album de Jabberwocky!

Pour plus d’infos :

 https://fr-fr.facebook.com/JabberwockYou

https://soundcloud.com/jbbrwck

 

Fanny Schobert

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