Monarchy, un retour couronné de succès

Derrière Monarchy, Andrew Armstrong et Ra Black. Adeptes d’Eyes Wide Shut, ils avancent masqués – littéralement – dans l’univers de la dance music, qu’ils colorent de burlesque et de sensualité. Porter des masques, c’est une manière pour eux de dépasser leurs limites, de laisser leur créativité prendre le dessus, sans avoir à se soucier de l’image qu’ils renvoient, l’important n’étant pas l’homme mais la création. Cette part de mystère a attisé la curiosité du Gorille, qui a eu la chance de rencontrer Andrew Armstrong, afin de découvrir l’homme derrière le masque.

Andrew Armstrong compose, Ra Black chante, et tous deux sont les héros – les gentlemen – de leur propre bal masqué. On y danse sur une pop enivrante et électrisée, réchauffée par la voix de Ra Black et dynamisée par le synthé d’Amstrong. À ce duo vient parfois s’ajouter la féminité et la sensualité nécessaires au burlesque, incarnées par Dita Von Teese qui chante sur quelques unes de leurs chansons et apparaît dans leurs clips. Partageant un même univers, ils sont devenus amis et collaborent à l’occasion sur des covers comme celle de Girls & BoysAbnocto, le second album du groupe, est sorti au printemps 2015, soit quatre ans après Around the Sun, et le duo a depuis parcouru les festivals, notamment en Espagne où ils ont acquis une grande notoriété.

Certains morceaux sont très énergiques et résolument dance, à l’image de Disintegration, mais le duo a également un côté mélo assumé. Selon Andrew, « il y a assurément deux facettes distinctes dans Monarchy : un côté plutôt up-tempo et un côté plus mélo. On aurait pu choisir une identité précise, mais on compose en fonction de notre humeur, de notre état d’esprit. » Le morceau Like a Soldier, composé parmi les premiers, est ainsi très calme et peut-être plus triste que les autres, d’autant plus qu’il s’agit d’un morceau quasi acoustique. Andrew nous explique que la première partie de l’album, composée avant l’été, est plus sérieuse, downtempo, tandis que la seconde est plus dynamique car elle a été composée pendant leur tournée dans une ambiance festive. La conjugaison de ces deux styles fait l’originalité d’Abnocto, et apporte du contraste et de la vie à l’album, qui garde une certaine cohérence grâce à son univers si particulier.

En live, Monarchy sont toujours accompagnés de musiciens. Il s’agit pour eux d’offrir une performance à part, différente de la simple écoute du CD. Pour Andrew, l’aspect visuel d’un concert ne doit pas être négligé, surtout quand on fait de l’électro : « on fait de la musique très rythmée, on attend des gens qu’ils dansent… Quand on entend la force et la brutalité des basses, on a envie de voir quelqu’un se donner sur scène, de voir des musiciens accorder leurs mouvements à la musique. »

Après avoir vu la chorégraphie vogue de Lika Stich sur Disintegration, on a demandé à Andrew si faire du voguing sur scène était la prochaine étape pour l’enrichissement visuel de leurs lives. Malheureusement, même s’il se dit fasciné par l’histoire du voguing depuis son émergence dans les clubs afro-gays, il ne se sent pas prêt à se lâcher sur le dance floor. Le comeback du mouvement vogue grâce à des artistes comme FKA Twigs et son entrée dans une culture assez mainstream lui tiennent cependant à cœur : « ça veut dire qu’on commence à accepter tout ce que le mouvement représente. » À noter qu’en France le phénomène est loin d’être sorti du domaine de l’underground, l’occasion de rappeler que, oui, « la France est assez conservatrice ».

Si quatre ans ont passé depuis la sortie de leur premier album, Monarchy n’était pas inactif pour autant. Passé pro dans l’art du mixage, Andrew a également revisité depuis 2010 des chansons d’artistes aussi différents que Fyfe Dangerfield ou Kylie Minogue. Loin de trouver cet exercice rébarbatif, Andrew affirme avoir beaucoup appris de ses nombreuses collaborations. Sortir de sa comfort zone et s’approprier des univers très différents du sien, ou faire d’une composition acoustique live un morceau électro destiné aux clubs sont autant de manières de dépasser ses limites et d’apprendre à manier de nouveaux outils pour le producteur.

Le duo travaille déjà sur de nouvelles covers, et sur des nouveaux morceaux, laissant envisager la sortie d’un troisième album prochainement.

Monarchy sera en live aux Etoiles le jeudi 24 mars.
En attendant, vous pouvez vous procurez leur album ici.

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