Salut c’est cool, vraiment trop cool

Comme beaucoup de monde, la première fois qu’on a entendu parler de Salut C’est Cool, c’était à l’évocation de la vidéo devenue virale « Allez viens », qui cumule plus de 6 millions de vues sur Youtube. Pour ceux qui seraient passés à côté du buzz, petite piqure de rappel :

Par la suite, James, Martin, Louis et Vadim, tous les quatre étudiants en art, décident de délaisser les galopades dans les champs pour mettre en ligne sur leur site des morceaux techno aux accents délicieusement kitsch et régressifs. La culture web est prépondérante dans les morceaux du groupe, comme dans La Purée, dont les paroles sont issues d’un forum.

Quatre albums sortent sur cette plate-forme, en accès libre et gratuit, certains seront d’ailleurs repris sur l’album Sur le thème des grandes découvertes, sorti en juin 2015, année de la signature du groupe chez Barclay, passant ainsi du statut de bricoleurs du Net à artistes confirmés. Adoubés par les festivals de l’été que les quatre garçons sillonnent, ils explosent avec Techno Toujours Pareil, et son clip qui nous prouve qu’associer techno et bricolage, c’est possible.

Nous avons eu la chance de poser quelques questions à James, l’un des quatre cyber-troubadours de Salut C’est Cool. Le Gorille était également présent à l’une des soirées Salut C’est Cool – Un air de famille le 29 janvier au cabaret sauvage, et il est assez difficile de mettre des mots sur l’originalité des prestations du groupe en live. James décrit la deuxième soirée en ces mots : « Si tu avais vu le 30 je pense que tu aurais kiffé aussi, il y avait un t-shirt géant, j’ai battu un record de hula hoop (avec environ 10 cerceeaux en simultané) et il y a eu notre coup de cœur live des deux soirs : Ceephax Acid Crew. Mais un soir c’est déjà crevant alors bravo à toi. »

On se souvient de la prestation du groupe dans l’émission Le Petit Journal, on ne sait pas ce qui nous a le plus étonnés : Yann Barthes équipé d’une drôle de machine à découper le papier en tranches, ou les musiciens coiffés de corbeilles à papier.

A la question de l’émergence du groupe, James répond : « Notre route n’était pas du tout tracée pour que l’on devienne musiciens, à l’origine on est tous mélomanes mais c’est (hormis quelques petites expérimentations individuelles) après notre rencontre que nous avons commencé à produire de la musique. Il y a 5 ans on nous a proposé de faire un concert alors que nous n’avions qu’un morceau à notre actif, alors nous en avons composé trois ou quatre que nous avons mélangé à un mix de techno hard pour animer un moment auquel tous nos amis étaient présents. C’était ça le but, faire la fête et se faire plaisir entre amis, et je dirais que ça n’a pas vraiment changé depuis. »

Ce qui frappe le plus lorsque l’on assiste à un concert de Salut C’est Cool, c’est peut-être l’importance de la communauté qui les suit, festoie gaiement et chante en coeur sa gratitude envers la nature (« Merci nature d’être là, super sympa »).

« Il y a une osmose entre le public et nous car nous nous nourrissons mutuellement d’une énergie amicale. » selon James.

Ce sentiment serait-il accentué par le style musical du groupe ? Si la musique de Salut C’est Cool semble se rapprocher des délires technophiles de Sexy Sushi, les influences du groupes sont nombreuses. « Cette énergie du live nous est aussi rendue possible par la techno; attention quand je dis techno ce n’est pas pour faire référence à un genre en particulier mais plus à l’expression d’un papa qui engloberait tout un éventail de sous genres dans un seul mot valise. Et je le dis comme ça parce qu’on a pas envie de faire un genre précis de musique, on peut faire des morceaux doux, d’autres plus durs. Dans cette dureté encore il y a une grande palette de niveaux de dureté (comme la différence entre du diamant et de la pierre). C’est pourquoi on ne s’identifie pas non plus à un artiste en particulier, il y en a qui sont tellement importants à nos yeux mais on ne peut tous les citer. Sur notre site il y a une section « radio » ou il y a une large playlist et on peut y découvrir nos coups de cœur. Plus largement notre temps à ses courants et ses plateformes comme internet et nous y participons, c’est un terrain de jeux, on aime les terrains de jeux. »

On a posé la question de l’appartenance à la sprezzatura, un courant qui viserait à définir une sorte de nonchalance, rendre le complexe simple en apparence. Salut C’est Cool, une fausse nonchalance ? « La sprezzatura… vaste délire ! C’est compliqué et amusant parce que dès qu’on la mentionne ou qu’on l’analyse elle s’envole, c’est comme de la mécanique quantique ou un truc comme ça je ne sais plus. C’est un peu ça le message de salut c’est cool, il n’y a pas vraiment de clefs ou de mode d’emploi de fourni et chacun peut jouir à sa manière. Nous sommes en quête de satisfaction par l’expression de ce qui nous est cher. »

Difficile d’éviter le sujet de la récente signature du groupe chez Barclay, on s’enquiert de leurs possibles craintes, notamment la peur du démon du mainstream. « Je ne crois pas que notre vision puisse être perturbée par notre récente collaboration avec Maison Barclay, et nous n’avons peur de rien car nous sommes dans la safe zone: notre cocon amical. Nous avons un rapport intime et direct à notre expression, ce n’est pas en réponse à quelque chose d’extérieur (comme la french touch) que nous faisons tout ce que nous faisons, c’est en réponse à quelque chose d’intérieur : de qui on a envie d’être et ce qu’on a envie d’envoyer dans le cosmos. »

Quick questions :

Le morceau qui passe le plus chez vous en ce moment ?

 Recondite – felicity

Votre meilleur souvenir de soirée ?

Il est trop compliqué de faire ce genre de classements.

Où est-ce que vous préférez jouer ?

Dans un endroit sympa avec des gens sympas.

La pire question qu’on vous ait posé en interview ?

Comment vous vous appelez ? 

Merci Salut C’est Cool, vous êtes de très jolies fleurs, et longue vie aux technophiles les plus cool et rafraîchissants de la nouvelle scène techno française.

L’album de Salut C’est Cool, Sur le thème des grandes découvertes est toujours disponible, et en écoute ici.

Merci à James pour sa disponibilité, et à Marie R. qui a rendu cette interview possible.

Jeanne Capeyron

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