Radiohead revient, et c’est tant mieux : 5 morceaux choisis

 

Après 4 ans d’absence, Radiohead a annoncé la semaine dernière son passage en France. Le Gorille en profite pour vous proposer cinq incontournables du groupe d’Oxford. Cinq, pour les cinq malheureuses minutes qui ont suffit à remplir les deux dates prévues au Zénith.

Tout comme la Marmite de nos amis les British, Radiohead possède un fabuleux pouvoir d’attraction/répulsion, soit on les aime, soit on les déteste. Mais surtout, souvent, on les connaît mal. Car le répertoire de Radiohead est si vaste, qu’il est impossible de résumer le groupe à un style. C’est ce foisonnement musical aux inspirations diverses qui fait toute l’originalité du groupe. Inclassable, Radiohead surprendra toujours. Une grande capacité d’adaptation est donc requise pour passer par exemple d’un rock anglais classique à l’écoute de l’album The Bends à une expérimentation électro-bouillante sur Kid A, avec la voix nasillarde et plaintive de Thom Yorke pour seul repère.

L’histoire débute en 1986. Thom Yorke, Ed O’Brien, Phil Selway, Jonny Greenwood et son frère Colin, tous jeunes et fringuant étudiants forment le groupe On a Friday, et enregistrent quelques premières démos.

Le groupe décollera réellement quelques années plus tard, en 1992, avec son premier album Pablo Honey sur lequel figure le fameux Creep, qui deviendra à son insu un véritable hymne à l’angoisse des djeuns perdus dans leurs tribulations amoureuses. Sur The Bends, sorti en 1994, le groupe s’affirme et propose un ton plus incisif et grunge. En 1997 sort OK Computer, album ultra expérimental qui déroute et marque pourtant le groupe d’une renommée internationale, avec notamment le très célèbre Karma Police, devenu à force n°1 des morceaux à maîtriser à la guitare pour pécho.

Radiohead est un groupe qui a sans cesse cherché à repousser les limites de l’expérimentation musicale. Précurseurs, avant-gardistes, les incroyables albums jumeaux Kid A et Amnesiac sortiront en 2000 et 2001. Ces deux OVNI psychédéliques marquent un réel tournant dans la discographie du groupe. Radiohead accouchera en 2003 de son sixième opus, Hail to the Thief, un album énervé mais ressourçant pour le groupe après les expérimentations des deux précédents.

Continuant toujours plus loin le délire alternatif, Radiohead fera le choix de devenir indépendant en 2007 avec In Rainbows, disque qui sera entièrement proposé en téléchargement gratuit et légal à sa sortie. En 2011 le groupe revient avec The King of Limbs. Les trublions d’Oxford feront une fois de plus la preuve de leur conception quelque peu déroutante du marketing, puisque la sortie de ce septième album n’a été annoncée que… cinq jour avant.

Tout au long de son histoire, Radiohead a souvent connu des périodes de remises en questions de tergiversations musicales, qui ont donné naissance à de très chouettes projets parallèles : on retiendra parmi eux l’excellent The Eraser, album solo de Thom Yorke sorti en 2006, le second album perso de Phil Selway Weatherhouse en 2014, ou encore Amok (2013), fruit du duo expérimental Atom For Peace, constitué entre autres de Thom et de Flea des Red Hot Chili Peppers.

La semaine dernière, Radiohead annonçait son grand retour avec une tournée mondiale, dont une date à Lyon pour le festival Les Nuits de Fourvière et deux Bercy, l’occasion pour nous de revenir sur la discographie de ce groupe pour le moins éclectique..

1 – The Bends – The Bends (1994)

 Les deux premiers albums de Radiohead, Pablo Honey et The Bends, marquent l’époque bénie rock’n roll/grunge du groupe d’Oxford. C’est le morceau Creep sur Pablo Honey qui restera associé à jamais à l’image du groupe, bien que très peu représentatif de leur répertoire. Bien moins politiques et torturés que les albums qui suivront, Pablo Honey et The Bends brillent par leur finesse combinée à un rock énervé à la Pixies qui fait du bien.

A écouter aussi dans ces albums :

  • Pablo Honey : Stop Whispering, How Do You ?
  • The Bends : My Iron Lung, High and Dry, Street Spirit(attention, ceci est la chanson la plus triste du monde), The Trickster (Album Collectors Edition)

2 – Exit Music (For a film) – OK Computer (1997) :

Avec des titres ultra connus tels que Creep, Karma police, ou encore 15 Step (qui sera tout de même utilisée pour le film Twilight…), on ne peut pas dire que Radiohead soit un groupe indé réellement inaccessible. Au contraire, de nombreux morceaux ont été largement diffusés et appréciés d’un public qui n’est pas habituellement atteint par le groupe, à l’image du troisième opus du groupe OK Computer. Le succès commercial de cet album n’entache en rien sa très grande qualité. Paradoxalement, c’est aussi l’un des albums les plus sombres de Radiohead, avec des morceaux qui reflètent les inquiètudes du groupe quant au consumérisme à outrance et au malaise général de la société (n’écoutez JAMAIS Fitter Happier si vous n’avez pas la frite). Exit Music est l’un des meilleurs morceaux composés par le groupe, et aussi un bon exemple de la popularisation du groupe, puisqu’il sera repris dans le film Romeo+Juliet de Baz Luhrmann.

A écouter aussi dans cet album : Paranoid Android, No Surprises, Let Down.

3- Everything is in right place – Kid A (2000) :

C’est avec les albums jumeaux Kid A et Amnesiac que Radiohaed affirme son intention de développer une vision très expérimentale de la musique. A l’aube du nouveau siècle, Radiohead tâtonne et détonne dans le paysage musical. Dans ces deux albums, considérés comme de véritables chefs d’œuvres avant-gardistes, le groupe déconstruit son rock habituel et propose une version psychédélique de sa musique. Ils délaissant ainsi les guitares au profit de techniques plus électroniques, voire parfois même free-jazz. Déroutant et désintéressant quelques fans, ce double album marque un tournant dans la vision musicale du groupe d’Oxford.

A écouter aussi dans ces albums :

  • Kid A :, Idioteque, Morning Bell, Kid A
  • Amnesiac : Pyramid Song, I might be wrong, Packed like sardines in a crushed tin box

4 – 2=2=5 – Hail to the Thief (2003) :

Une guitare se branche. Radiohead retourne au rock pour Hail to the Thief, après les pérégrinations électrisantes de Kid A/Amnesiac . C’est donc l’excellent énergumène incontrôlable 2=2=5 qui ouvre l’album. Sonorités discordantes sur fond de voix nasillarde à souhait, ce premier morceau est un retour salutaire au rock expérimental comme on l’aime. Toujours aussi préoccupé par les dérives du capitalisme et les questions de surveillance politique, Radiohead place cet album-concept sous le signe de Georges Orwell, avec des morceaux teintés d’angoisse et de soupçons. Un album 100% joie de vivre, donc (non).

 A écouter aussi dans cet album : Where I end and you begin, Sit down Stand up, I will.

5 –  Jigsaw falling into placeIn Rainbows (2007) :

In Rainbows et The King of Limbs sont les deux albums qui ancrent Radiohead dans leur désir d’indépendance vis-à-vis de l’industrie musicale, puisqu’ils sont tout deux sortis hors des circuits habituels de promotion. Bien que musicalement riches, on peut avoir l’amer impression à l’écoute du très calme et apaisé In Rainbows et du plus expérimental The King of Limbs que le groupe commence à tourner en rond. Habitués aux expérimentations du groupe, on espère plus que jamais que Radiohead saura nous surprendre pour le successeur de The King of Limbs.

A écouter aussi (quand même) dans ces albums :

  • In Rainbows : 15 steps, Reckoner
  • The King of Limbs : , Codex, Lotus Flower, Bloom

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