À la croisée des ondes

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Qui l’eût cru : rue Saint-Joseph, derrière une porte qui ne paye pourtant pas de mine se cache un véritable laboratoire musical, un univers qui pousse à la création, un incubateur de mélodies. C’est dans cet éco-système vertueux, si ce n’est virtuose, que Leonardo a.k.a Art of Shades nous accueille pour un moment empli de vérité loin du masque souvent porté par les personnes du milieu musical. Trait pour trait, le jeune compositeur s’est laissé tiré le portrait. 

À l’heure ou Radio Marais lâche ses dernières phases dans leur studio situé dans le même espace, Art Of Shades nous reçoit sur un canapé autour d’un verre … de coca et fringué de la manière la plus simple possible : t-shirt blanc, jean noir, une paire de baskets et voilà déjà un résumé de sa personnalité ; tout en simplicité, en humilité à croire que la prise de tête est un concept auquel l’artiste n’a jamais goûté.

Mais alors c’est qui ce petit gars qui vient de passer le million d’écoutes sur Spotify pour son titre All Away – million qu’il avait d’ailleurs dépassé depuis quelques temps sur Youtube grâce à la chaîne The Sound You Need – ? Difficile à dire puisque de prime abord, lorsque vous composez des titres qui sont assimilés à de la house, de l’électro ou encore de la deep, vous êtes souvent forcés de porter l’étiquette de D.J. Bon ok, c’était hyper sexy dans les années 60-70, mais force est de constater que la profession est désormais aussi riche de talents, que pleine d’escrocs.

Face à son parcours, son histoire, ses envies et ses projets futurs, Art of Shades est assurément un compositeur. Depuis sa tendre enfance et ses années au conservatoire Erik Satie dans le VIIe arrondissement, cette graine de talent se prend à pianoter des mélodies, tenter de créer une harmonie autour de plusieurs instruments, travailler pour obtenir de la matière musicale qui lui ressemble. Même s’il est passé du petit piano cheap de son enfance au gros studio professionnel il y a toujours cette tendance enfantine dans son discours et sa manière de travailler : il tâtonne, écoute, apprécie, déteste et fini toujours par créer.

Néanmoins, ce succès lié à son titre All away, lui-même ne s’y attendait pas vraiment. Qui dit succès, dit spirale difficile à contrôler quand on a que 20 ans… Les labels appellent, les maisons de disques se renseignent, les tentations sont diverses et s’en suit une période plus compliquée puisque l’adrénaline – c’est bien connue – est éphémère.  Plongé dans un univers complètement inconnu et peuplé de requins en tout genre, le jeune compositeur décide de prendre le temps de préparer son avenir et son projet et de s’entourer des bonnes personnes cependant, à l’heure où notre époque est marquée par la viralité, la peur de tomber dans l’oubli est intrinsèque. S’en suit des longs mois à tenter de composer, une volonté d’aller de l’avant sans vraiment s’en donner la possibilité et une absence de synergie aujourd’hui retrouvée grâce à ce nouvel espace de création.

“Je ne voulais vraiment pas que les gens pensent que c’était un coup de chance, un coup d’essai”, le plus dur pour un jeune artiste confronté au succès est toujours de parvenir à matérialiser le succès. Finalement qui se cache derrière ces montagnes de chiffres, qui se cache derrière ces “likes” et ces commentaires ? À force de travail, sur son piano comme sur lui-même, Art of Shades a réussi à trouver la solution : ne plus avoir les yeux rivés sur ces écrans, mais bien sur son piano, sur ses logiciels de composition et mettre sa musique et seulement sa musique au coeur de son quotidien.

À l’écouter, tout cela résonne comme une évidence “j’ai toujours voulu faire de la musique, j’ai toujours été soutenu par tout mon entourage, il n’y a plus qu’à maintenant” et il y à de quoi : la passion émane littéralement du personnage ; il nous fait écouter un sample qu’il a composé dans un magasin de piano et enregistré sur son iPhone, il nous parle de sa passion pour Earth Wind and Fire et enchaîne les noms d’artistes avec toujours le même début de phrase “et t’as écouté le dernier ? …”.

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Après avoir repris autant de poils de la bête, comment ne pas être impatient d’entendre ses “bêtes” de sons ? Ayant eu droit à quelques exclusivités, on vous assure que c’est le moment de suivre ce petit gars qui risque de faire du bruit grâce à ses compositions. On nous annonce d’ailleurs quelques coopérations qui risquent de rythmer votre année 2016, stay tuned !

Jeune, insouciant et créatif, Art of Shades a de beaux projets devant lui. Nous avons effectivement rencontré un bosseur, quelqu’un qui a envie de bien faire et surtout de transmettre ses compositions et de les faire comprendre à son public. Ce n’est que le début de sa carrière, mais un bon début plein de belles promesses. Mêlant à la fois le hip-hop, l’electro, la house, la funk et musiques en tout genre, Art of Shades ne s’interdit rien et c’est pour cela que le Gorille donne tout son soutien à ce compositeur situé… à la croisée des ondes.

Merci à l’ami Léo pour ce chouette moment …

Jordan Moilim

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