De Kingston à Dour, avec Dub Invaders

Dour ouvre ses portes dans quelques heures avec une nouvelle scène, la Cubanisto Dancing. Avant de découvrir « la petite dernière », retour sur un espace qui a fait ses preuves, le Dub Corner ouvert il y a trois ans, avec Aku-Fen de Dub Invaders.

En 2013, Dour inaugurait le Dub Corner, un espace spécialement dédié au sound system. La dub fait partie de l’ADN du festival depuis toujours, et la création d’un espace dédié et adapté au genre jusque dans sa structure était la suite logique d’une direction artistique aussi léchée qu’underground. On retrouvera cette année au Corner le crew Dub Invaders, la seconde facette de High Tone, formée en 2009 à l’aune d’une tournée spéciale sound system. Habitués du festival en tant qu’High Tone, ils étaient là pour l’ouverture du Dub Corner avec Dub Invaders et reviennent dimanche avec du digital, du steppa, « mais aussi des sons plus hybrides », à l’image des 4 maxis prévus cette année. Si le premier de ces maxis, selon Aku-Fen « est un peu plus early digital futurist, le deuxième est vraiment hybride et le troisième qui sort à la rentrée plus classique (Steppa et Heavydub) ». Un mélange de couleurs qu’il explique par une passion commune de la musique, telle qu’il leur est difficile de se cantonner à un style particulier, mais aussi aux différentes influences des membres du collectif.

Pour le crew, l’instauration d’un lieu dédié au sound system à Dour n’a rien d’étonnant et s’inscrit parfaitement dans le décor d’un festival « qui représente la plupart des courants de musique underground et de bass culture. » Ce qui différencie le Dub Corner des autres scènes du festival, c’est d’abord, bien sûr, l’absence de scène à proprement parler. Aku-Fen nous explique que « jouer en sound system est quelque chose de très particulier, c’est une immersion totale dans le son, il n’y a plus de séparation entre les artistes et le public : tu joues au milieu du public, avec la même écoute que tout le monde. » Cette structure et la culture qui l’accompagne viennent de la Jamaïque des années 60, et « dans les années 90, on ne trouvait ça qu’en Jamaïque et en Angleterre ». Aku-fen se souvient y être allé à cette époque, « pour voir Jah Shaka, Aba Shanti, Iration Steppas ou les Spiral Tribe », alors que le mouvement était encore « unique et marginal ». Marginal, le genre le reste aujourd’hui encore, mais ce n’est pas en raison de son poids qui ne cesse de gagner en importance, ni de son public, de plus en plus diversifié. L’étiquette « underground » du genre, serait plutôt dans sa nature si l’on en croit Aku-Fen : « les acteurs de cette scène produisent leur musique, construisent leur son et organisent leurs soirées dans des circuits complètement autonomes et parallèle au circuit mainstream ».

Malgré une présence timide voire inexistante à l’affiche de la plupart des festivals de musique actuelle, la dub, et a fortiori les sound system, est un point clé et très attendu de la programmation de Dour qui n’a jamais été négligé. Ce n’est pas surprenant de la part d’un festival aux antipodes du circuit mainstream, prônant la découverte et l’éclectisme. Élaboré à partir d’une scène en pleine explosion, qu’Aku-fen ne considère pas comme une niche bien qu’elle reste underground, le versant dub de cette édition 2016 devrait mettre tout le monde d’accord, et sur toutes les scènes. Avec Kanka à la Petite Maison dans la prairie, le son hybride de Roots Manuva – du hip-hop à la sauce dub en passant par le funk – et le dubadub du crew rennais Stand High Patrol au Jupiler Dance Hall, sans oublier le line up dense du Dub Corner avec la résidence du Reggaebus Soundsystem, « le grand père évident de toute la culture bass music » est bien représenté.

Pour conclure, on a demandé à Aku-Fen quelle était l’édition qui l’avait le plus marqué : « Je crois que l’année où le festival nous avait demandé avec qui nous voulions jouer et que l’on avait proposé Bass Nectar avant qu’il ne devienne une méga star du dubstep, personne ne l’a regretté ! C’était juste énorme ! »

Si vous voulez le croiser pendant le festival, vous le retrouverez sûrement devant La Colonie de Vacances, Roots Manuva, les Peaches, Stand High Patrol, Four Tet, Nosaj Thing, Congo Natty, Roni Size, Venetian Snare ou encore Mr Oizo, on en passe et pas des moindres.

À toute à la Cubanisto !

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Alix Leridon

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