Bruxelles (mon amourrr) arrive !

Berceau de la New Beat, paradis des clubs monumentaux et des raves sans fins au crépuscule du XXème siècle, la Belgique semble porter en elle l’esprit libéral et libéré de la fête. Si le plat pays a quelque peu perdu de sa superbe après ses heures de gloire dans les années 80’ et 90’, sa capitale aspire à la renaissance qu’on lui souhaite. Les trublions belges à l’initiative du festival de Dour espèrent « revenir aux fondamentaux des grands rassemblements électroniques d’avant » selon Mathieu Fonsny, programmateur du festival, en organisant un hommage à la ville et à sa tradition de fêtes techno. C’est selon cette ambition que naît le nouveau format de soirées BXL Mon Amourrr, qui réunira les aficionados de la Petite Maison dans la Prairie et de la Red Bull Elektropedia Balzaal (scènes orientées musique électronique du festival).

 

Institution belge, le festival de Dour attire un public qui dépasse largement les frontières du pays devenant ainsi une référence incontestable au niveau européen. Ses organisateurs n’ont pourtant jamais renié l’identité belge du festival, et surtout pas après les attentats de Bruxelles. Bien au contraire, d’après M. Fonsny cet événement n’a fait que faire grandir leur sentiment d’appartenance au pays, et « il est devenu impensable de faire un premier événement en dehors de Dour ailleurs que dans [leur] capitale ». Pour y faire honneur, un line-up mêlant house et techno, découvertes et pointures locales et internationales (Carl Craig, Apollonia, Amelie Lens…)

C’est plus précisément au Kart Expo, à l’architecture industrielle et originale, que se tiendra l’événement, là où quelques années plus tôt se tenaient les « méga raves » Groove City. Alors que la musique électronique s’est largement démocratisée, « les codes paraissent avoir quelque peu changé et les gens ont sans doute modifié leurs habitudes de sortie » selon le programmateur. Si le Fuse, célèbre club des années 90, est resté, la plupart des évènements et espaces dédiés à la musique électronique ont disparu pour laisser place à d’autres formes de regroupements. De manière générale, et contrairement aux autres pays européens, la fête belge n’a jamais été concentrée dans la capitale. Ses temples étaient dispersés, parfois au milieu de nul part, et ses partisans étaient prêts à rouler pendant des heures pour les rejoindre. Ainsi, à Bruxelles tout était – et est peut-être encore – à construire.

Kart Expo

Kart Expo

La ville connaît aujourd’hui la même montée en puissance et en nombres des collectifs de passionnés que l’on observe en France depuis plusieurs années. De facto, malgré les difficultés politiques, géographiques et de voisinages qu’ils peuvent rencontrer, ces groupuscules commencent à faire vibrer à nouveau les bruxellois, tout en promouvant l’intégralité de la scène électronique belge. C’est ce que se sont proposé de faire les membres du collectif FTRSND, par exemple, avec le Brussels Electronic Marathon qui se tiendra ce week-end en divers lieux de la capitale. L’an dernier déjà, le festival Listen! avait pris la ville pour terrain de jeu musical en investissant une petite dizaine de lieux lors de sa première édition.

Si le Brussels Electronic Marathon s’inscrit dans la lignée des marathons électroniques préexistants en Angleterre ou même en France, l’art et la manière de faire la fête à Bruxelles reste assez unique en son genre. Certains espaces culturels à la fois emblématiques et alternatifs en témoignent, comme Recyclart, qui regroupe un « centre d’arts » – où aucune forme d’art n’est laissée pour compte -, des ateliers de productions artisanales ainsi qu’un bar/restaurant. Côté musique, des orga comme Los Ninos viennent y importer leur vision ouverte de la fête avec à leurs côtés des pointures du hip-hop queer comme Zebra Katz ou Mykki Blanco, des pontes de la musique électronique comme Legowelt ou Acid Washed, sans oublier les artistes locaux.

Il est clair que les infrastructures laissant libre court à la culture rave restent peu nombreuses. Les initiatives locales visant à faire bouger les choses rencontrent souvent trop d’obstacles pour se concrétiser. On voit ainsi de nombreux espaces ouvrir leurs portes pour les fermer quelques mois plus tard (on pense au bar Soul Inn ou au club La Vilaine). Les causes ? Trop de contraintes émanant des autorités locales, une loi du silence difficilement contournable et, selon les dires des créateurs du Soul Inn, une sorte de « morosité » planante. Mais le public belge garde en lui une très forte empreinte musicale, aujourd’hui presque aussi électro que rock, et de toute évidence une forme d’ébullition est en cours. On espère qu’un événement de l’envergure de BXL Mon Amourrr, grâce à la notoriété de ses organisateurs et à la qualité du projet, ne sera que le coup d’envoi d’une série de réjouissances techno dans la capitale de l’Europe.

Gagne tes places pour BXL Mon Amourrr en participant à notre jeu concours !

visuel-concours

AL

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *