Vegetal : l’invitation au voyage de Fakear

Ce vendredi 2 décembre fut un jour béni pour tous les fans de Théo Le Vigoureux, plus connu sous le pseudonyme Fakear. Si son nom vous est inconnu, ses morceaux, vous les avez forcément déjà entendus. Peut-être même avez-vous eu l’impression de voyager en les écoutant, car c’est là toute la force du jeune Caennais : mettre en rythme des sonorités du monde entier pour un résultat souvent mystérieux et planant, capable de vous donner l’impression de survoler la Terre, de l’Orient à l’Amérique Latine, en prenant bien soin au passage de vous faire frôler du bout des doigts les nuages.

Ce fameux vendredi marquait donc la sortie d’un nouvel EP, intitulé Vegetal, composé de faces-B complétant Animal, un premier album sorti il y a seulement quelques mois. En quoi cette nouvelle fournée est-elle donc particulière ? Pour faire bref, il s’agit d’un véritable cadeau de Noël avant l’heure, puisque Vegetal est téléchargeable intégralement pour la modique somme de… rien du tout. Cadeau de Noël, on vous dit, et au passage bon coup de com’ ! Et cela tombe bien, car si la saison est un poil froide, ces sept titres relativement inédits vont dans l’ensemble vous réchauffer ! Détachez vos ceintures, préparez-vous à danser lascivement, et bon voyage !

Vegetal

Ce serait mentir de prétendre que je n’ai pas ressenti une petite pointe de déception à la sortie cette année de l’album Animal. S’il s’avère être superbe, il ne comporte pas grand-chose de nouveau pour les grands admirateurs du Normand, qui connaissaient déjà presque tous les sons composant le disque, entendus précédemment dans des EP ou lors de sets déjà joués dans divers festivals et concerts. L’effet de surprise n’était ainsi pas au rendez-vous pour les fans de longue date, et les quelques morceaux totalement inédits n’étaient pas réellement transcendants. Joie, Vegetal remédie à cette petite déception en privilégiant la plus pure découverte, et c’est tout ce dont pouvait rêver.

fakear

On peut dire que cela commence relativement fort avec « Mantra », un premier titre au tempo moyen et à la tonalité un peu sombre a priori, sans pour autant tomber dans du Gesaffelstein, entendons-nous. Fakear retourne à des sonorités orientales mystiques lorgnant plus du côté d’ « Hinode » que de ses derniers titres, pour le meilleur… et rien que pour le meilleur. Un premier morceau accrocheur donc, qui nous met dans d’excellentes conditions pour la suite, si toutefois vous parvenez à ne pas vous le repasser deux ou trois fois au préalable… Oui, je reconnais l’avoir écoutée en boucle. Mais n’est-ce pas là un gage de qualité pour une mise en bouche ?

Cette bonne impression se poursuit doucement avec le son aigu des carillons à vent, évoquant l’aspect céleste de cette « Dance des Etoiles », deuxième titre de cette mixtape, virevoltant au gré de la mélodie. Lui succède alors la joyeuse « All of Us », entraînante, avec ses sonorités japonaises et sa flûte. C’est d’ailleurs ce titre que Fakear a choisi pour teaser Vegetal la veille de sa sortie, en diffusant quelques secondes de celui-ci sur sa page Facebook. « First Sights » marque alors un tournant. Entendue notamment au Printemps de Bourges 2015, il s’en dégage une forme de mélancolie à la fois paisible et majestueuse qui en fait le morceau idéal pour dire au revoir à la personne que l’on aime, partir de chez elle, et errer seul, lentement, dans une rue vide au beau milieu d’une froide nuit d’hiver, à peine éclairée par la faible lueur des lampadaires.

C’est du moins ce que nous sommes en droit d’imaginer en l’écoutant, car c’est aussi cela la magie de Fakear : laisser l’esprit vagabonder au fil de la musique, et le laisser dériver au gré de ses idées. Fakear, c’est le son de la pensée intérieure. « La Chaleur des Corps » survient, et son titre est bien choisi, car plus vibrante, comme une sorte de remède à la tristesse que pouvait évoquer la mélodie qui la précède, comme une lueur d’espoir naissant dans la nuit qui était tombée. « Uprising » se caractérise par un sentiment de bien-être, un calme puissant venant presque clore ce mini-album. Presque. La chanson à qui incombe cette tâche s’intitule « Johnhae Part. 2 », et celle-ci pose un point final dans une forme d’allégresse sereine et maîtrisée, pour un résultat satisfaisant.

Vegetal est un bon cru pour Fakear, avec des titres tous de grande qualité, en particulier les cinq premiers. S’ils ne révolutionneront pas l’œuvre de l’artiste, dont on aimerait qu’il se renouvelle peut-être un peu, ils ne manqueront pas de titiller vos émotions, de jouer avec vos sentiments, et de vous transporter. Que demander de plus ?

Si on vous a donné envie, et que vous souhaitez vous faire votre propre avis, pour écouter et /ou télécharger ça se passe ici : http://fakear.bandcamp.com/album/vegetal-offshoots

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