Interview — Les premières fois de Palace

Palace

Vendredi 18 novembre, direction la Boule Noire, Paris 18ème, pour les Inrocks Festival et le groupe PALACE. Ils sont quatre : Leo Wyndham (chant/guitare), Rupert Turner (guitare), Will Dorey (basse), Matt Hodges (batterie). Ces londoniens d’origine viennent tout juste de sortir leur premier album So Long Forever (Beatnik Creative) et sont déjà en tournée dans le monde entier. C’est vous dire la qualité de leur rock alternatif ! On a eu la chance de les rencontrer au Café de la Cigale puis de voir leur (excellent) live.

Pour commencer, comment le groupe a-t-il démarré ?

Matt : Léo et moi, on a commencé à jammer tous les deux… Je ne joue pas vraiment de la batterie en fait (rires). On parlait juste de jouer entre nous quoi. Rupert est à la base notre bassiste mais on a vite réalisé que juste tous les trois, ça n’allait pas aller bien loin… Heureusement on a rencontré ce jeune homme (en tapotant Will) qui a comblé ce trou ! (rires). Ça a vraiment commencé il y a à peu près deux ans mais c’était juste pour le fun tu vois ? Rien d’autre… Le succès est arrivé comme ça, d’un coup !

Et quel succès ! Nous voilà réunis ici parce que vous sortez votre premier album, pouvez-vous le décrire en quelques mots ?

Leo : Je pense qu’on a bien bien bossé pour les enregistrements, le son est fat, il est épique, on a pleins d’influences blues dedans… En fait je pense que c’est une musique honnête, inspirée par les artistes qu’on aime. Les chansons parlent de trucs qui nous sont arrivés, des expériences qu’on a traversées, des choses négatives… L’album est une sorte de voyage qui ouvre sur différents lieux, c’est un album auquel les gens peuvent se connecter, qui reflète leur propre vie, leur propre histoire.

Cet album est votre premier, donc on va faire une interview en mode « premières fois ». D’abord, est-ce que vous vous souvenez de votre première interview ?

 Matt : Oui, oui je me souviens bien de notre première interview.

Rupert : C’était à Sheffield non ? Au Joshua ? Dans une petite pièce. On s’en souvient bien oui…

Matt : On ne savait pas ce qu’on faisait, on était un peu bourrés en fait… C’était après le concert oui.

Ah, parce que vous buvez pendant vos concerts ?

Leo : Oui, et beaucoup après (rires). On n’avait jamais été interviewés donc on ne savait pas trop quoi dire ou quoi faire. On ne réalisait pas que quelqu’un voulait nous interviewer en fait, donc bon…

La première fois que vous vous êtes dit que vous vouliez devenir musiciens ?

Matt : Il y a deux ans en fait, c’est tout ! (rires)

Leo : Je pense que c’était différent pour chacun des membres du groupe. Personnellement, j’ai commencé par la batterie à 8-9 ans. J’ai été batteur pendant beaucoup de temps, mais je faisais de la merde (rires). Du coup j’ai changé pour la guitare, et je fais aussi un peu de piano parfois. Le moment où j’ai quitté la fac, il y a cinq ans, c’est là que j’ai vraiment commencé. Voilà mes racines !

Rupert : Moi je crois que c’était vers 14-15 ans que j’ai commencé à y penser vraiment.

Will : C’est surtout au moment où je me suis rendu compte que se connecter aux gens par la musique était le meilleur truc au monde, surtout quand ça a commencé à devenir un vrai truc entre nous, que j’y ai pensé aussi.

Nice ! Maintenant, le premier instrument que vous avez acheté ?

Matt : Oh oui je m’en souviens. Je l’ai encore ! Une magnifique guitare acoustique que j’ai eu quand j’avais 12 ans et que j’avais remarqué dans le magasin du village d’où je viens, à la campagne.

Will : Moi aussi, c’était une belle guitare folk rouge, je l’ai sûrement eu vers mes 12 ans aussi, avec des serpents sur la caisse et tout (rires).

Rupert : J’ai eu mon premier instrument quand j’avais… 7 ans, 8 ans ? C’était vraiment une guitare bien classique, et je crois que je l’ai encore aussi.

Leo : Oui, j’avais à peu près 7 ans quand j’ai décidé que je voulais apprendre la guitare. J’avais une minuscule guitare classique avec un beau tabouret. J’avais un prof qui s’appelait Adam Chemsky, il m’a trop effrayé et j’ai abandonné au bout de deux semaines (rires). J’ai réessayé quand j’ai eu 11 ans ça m’a secoué, et cette fois j’ai pas pu m’arrêter.

Le premier CD que vous avez acheté et un artiste qui vous a influencés ?

Matt : Je me souviens d’un des premiers CD que j’ai achetés, c’était OK Computer de Radiohead, qui est resté l’un de mes albums préférés. Je dirais aussi que Radiohead m’a beaucoup inspiré, je suis un énorme fan de tout ce qu’ils ont fait. Donc oui, c’est un choix facile pour moi (rires).

Will : Je dirais que le premier CD que j’ai acheté c’était une compilation de Air Guitar, tu vois ce que c’est ? Genre de la guitare radicale quoi. Il y avait 14 chansons, et je les écoutais quand mes parents sortaient, je cassais tout chez moi ! (rires aussi)

Rupert : Le premier que j’ai acheté, je l’ai acheté avec mon frère. C’était les Greatest Hits de Queen. Je ne dirais pas que Queen m’a inspiré pourtant ! (rires) J’adore Queen et j’ai grandi avec. Mon père était fan de Rock’n’roll des 60s et on avait beaucoup de CD de ce genre à la maison donc…

Leo : Le premier CD que j’ai acheté c’était celui de Coolio parce que j’avais entendu parler de ce qu’il se passait à Compton (US), c’est la ville d’où il vient. Au début le vendeur ne voulait pas parce que je n’avais que 9 ans donc j’ai demandé à des ados dans le magasin de me l’acheter… Je le voulais parce que j’adorais le son de « Gangsta’s Paradise »… Je dirais même que Coolio est probablement ma plus grande influence.

Votre première scène ?

Tous : The Wreck !

Matt : Oui, le Wreck, un pub à Peckham. C’est la première fois qu’on s’est dit : « Whouah, ça pourrait être un bon groupe ». Beaucoup de personnes étaient venues et, merde, c’était vraiment cool.

Leo : C’était une expérience difficile, on était glacé et on arrivait même plus à bouger nos mains à cause du stress. Les gens ont été super sympas après et c’est là qu’on a eu une sorte de boost qui nous a poussé à avoir confiance en nous et nous lancer là-dedans.

La première chanson que vous avez écrite ?

Leo : Merde. C’était… Enfin je veux dire que la première chanson qu’on a écrite, et jouée s’appelait « Veins ». C’était des trucs très simples que j’ai écrit, juste en regardant mon ordinateur… Je n’avais pas l’intention de la montrer à qui que ce soit mais mon frère l’a entendue et m’a dit genre « c’est super bon » et c’est devenu la première chanson qu’on a utilisée avec le groupe même si on l’a beaucoup remaniée… C’est un truc avec du blues, avec des slides de guitare et… Oui ça reste une des chansons que les gens adorent ! Même si c’est devenu un peu chiant de la jouer pour nous… C’est notre première chanson en tant que groupe en fait.

Votre chanson préférée de l’album ?

Matt : La mienne c’est la chanson éponyme de l’album « So Long Forever », parce qu’elle est géniale à jouer en live.

Leo : Je crois que moi aussi, elle tape fort et les gens semblent l’apprécier aussi. Une bonne énergie !

Will : Je dirais que je préfère « Live Well », à la basse elle est cool.

Rupert : Je suis avec ces deux là-bas !

Matt : Bim ! 3 contre 1 ! (rires)

Pour finir, votre artiste français favori ?

Will : Serge Gainsbourg, c’est un génie absolu. Même si je ne comprends pas tout ce qu’il dit, et je pense que c’est très intelligent, la musique elle-même est absolument époustouflante. La façon dont c’est enregistré est bizarre mais complètement visionnaire et incroyable.

Leo : Edith Piaf ! 

Matt : Je vais être un peu old school mais je dirais MC Solaar. Ou Joe Dassin ! (rires) Ou Manu Chao, même si je ne crois pas qu’il soit français (il chante quelques notes de « je ne t’aime plus »)

Rupert : Serge également.

Et un artiste actuel ?

Matt : Phoenix ! Je suis un énorme fan de Phoenix. Je les ai vu deux fois en concert, un grand groupe.

Rupert : Air aussi. Et Jean… Jean-Michel… Jean-Michel Jarre ! (rires)

Merci à eux d’avoir répondu à nos questions. On se quitte en musique avec leur titre « Bitter » :

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