Interview — les turbulents Aufgang

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A l’occasion de la sortie de leur nouvel album Turbulences, Aufgang lance une tournée de concerts et nous avons eu la chance d’assister à l’un d’entre eux, au Flow. Le groupe a récemment été remanié (un des membres a choisi de ne plus en faire partie) et ils entament un tournant artistique à deux et avec un nouveau label.

Toujours aussi éclectique et hétérogène, leur musique, qu’on aurait bien de mal à ranger dans une catégorie fixe, gagne à être entendue en live. Ils sont en effet tous les deux des virtuoses de l’instrument, de la voix et de la technique. Bien que la salle était petite et qu’il n’y avait pas foule, l’atmosphère était très vivante, parfois même vibrante. L’harmonie et la complicité entre les deux musiciens sont frappantes et leur permettent de jongler avec dextérité entre les genres, les langues et les registres.

Pour les citer, ce concert était à l’image de leur album, plein de turbulences puisque les deux malheureux ont eu des accidents techniques, notamment avec la pédale de la grosse caisse qui s’est détachée et cassée (preuve de l’enthousiasme avec laquelle elle était utilisée…). Pourtant, cela ne les a pas empêchés de poursuivre le concert puisqu’ils ont invité un membre du public à venir jouer de la grosse caisse et nous devons bien admettre qu’il était plutôt doué et que cela a donné un aspect authentique et même touchant à la scène.

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Bien qu’on sente qu’ils sont encore au stade de rodage, ce nouvel album vaut la peine d’être écouté mais aussi vu en live car est mis en valeur par leur faculté d’improvisation admirable, leur modestie et leur rapport au public.

Nous avons également eu la chance de pouvoir leur poser quelques-unes de nos questions et qu’ils nous répondent avec sincérité et efficacité, sans fioriture.

Vous venez de sortir Turbulences, votre nouvel album aux sonorités très éclectiques. Pouvez-vous nous parler de vos sources d’inspiration pendant la composition de ces nouveaux morceaux ?

Les sources d’inspirations sont très multiples, mais si on devait retenir les principales ce serait la musique électronique au sens large, des influences arabes et aussi la musique urbaine.

Considérez-vous qu’il soit important aujourd’hui, dans le contexte actuel, de faire une musique multiculturelle ?

Oui, face à l’intolérance, au fanatisme, au racisme et à la violence qui caractérisent nos sociétés modernes, l’unique réponse pertinente qui nous est donnée en tant qu’artistes c’est de porter un message de tolérance et de paix.

Comment parvenez-vous à concilier un héritage classique à des emprunts à la musique électronique ?

C’est un peu la base de notre langage musical (tous deux issus du conservatoire à la base), mais si l’on y prête un peu plus attention les essais entre la musique dite classique et électronique existent depuis les années 30 avec Varese, Stockhausen et plus tard Steve Reich.

Votre album est également le premier que vous faites avec le label Blue Note : comment s’est effectuée la transition et cela a-t- il marqué une nouvelle phase dans votre processus créatif ?

Non c’était une volonté propre de changer de label et d’équipe ; être chez Blue Note est source d’un nouveau souffle créatif.

Comme on a pu voir à votre concert au Flow le jeudi 17 novembre, vous êtes non seulement capables de rebondir en cas d’imprévu mais aussi d’improviser avec brio. Quelle importance donnez-vous à cette part d’improvisation ?

L’improvisation c’est en quelque sorte d’exprimer un instinct, une émotion propre, brute, sauvage à un moment précis. Au Flow l’improvisation nous a sauvés et nous a permis de terminer le concert alors que d’autres auraient tout simplement dû s’arrêter.

Comment définiriez-vous la relation que vous tissez avec votre public ?

Il y’a une relation de sincérité et de vérité avec notre public, nous le respectons énormément et sommes à leur écoute.

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