Il était une fois Crystal Castles…

Crystal Castles

Crystal Castles

Mon histoire avec Crystal Castles a commencé d’une drôle de manière. Si certains les ont suivi dès leurs débuts, dès le premier album, je les ai découverts au hasard d’un épisode de Skins. Je me rappelle encore arrêter l’épisode et me dire qu’il fallait que j’écoute ce groupe. Je suis tombé directement amoureux de leur musique. La violence et l’énergie diffusées par Alice Glass et Ethan Kath me plaisaient. Je me rappelle encore l’écoute du troisième album, lorsqu’il avait leaké sur internet. Je me rappelle la première fois que « Violent Youth » résonna dans mes oreilles. Il y a des groupes qui marquent l’esprit d’un mélomane. Entre deux disques des Clash et des Ramones, mon cerveau tombait amoureux de leur musique électronique directement venue du Canada.

En 2014, quand Alice Glass annonçait qu’elle quittait définitivement Crystal Castles, j’ai cru à la mort du groupe. L’aventure dans laquelle ils s’étaient lancés nous avait offert trois albums formidables et nous ne pouvions pas leur en vouloir pour cela.

C’est là l’erreur que j’ai faite, croire qu’Ethan Kath ne pouvait pas porter le projet à lui tout seul. 2016, nouvel album, nouvelle tournée, le tout accompagnée d’Edith Frances. Quand leur date à Paris ce vendredi 2 décembre dernier fut annoncée, y aller était alors une évidence.

Après une très bonne première partie pleine d’énergie de Noga Erez, le public commençait à se chauffer. Pour tout vous avouer, j’avais peur, peur que le public soit une nouvelle fois décevant. Pourtant, tout a été parfait. Aux premières notes de « Concrete », tout le public se réveilla et débuta alors 1h15 de violence.

Avant le concert, je parlais avec les gens autour de moi et tout le monde se demandait s’ils allaient faire des morceaux des albums précédents. Ce fut le cas, plus de la moitié des morceaux étaient tirés des albums avec Alice Glass. Si Ethan Kath est essentiel à la production studio, tout le monde m’avait toujours dit qu’Alice Glass portait la foule et emmenait le public avec elle. Edith Frances n’a alors pas à rougir. Haranguant le public, s’approchant de lui, posant presque pour les photos des fans, elle a permis un show extraordinaire.

Ce qui est drôle quand on regarde Edith Frances, c’est qu’on pourrait presque croire qu’elle imite Alice Glass tant elle reprend l’imaginaire porté par Crystal Castles. Pourtant, elle y ajoute une certaine dose punk. Arrachant des roses rouges, s’étalant son rouge à lèvre sur toute la joue, se vidant des bouteilles d’eau sur la tête, la mécanique est bien rodée pour la nouvelle chanteuse. Parfois tout cela marche, parfois elle en fait un peu trop pour rester crédible, laissant même penser qu’elle pense plus à l’image portée qu’au show musical. Pourtant, le concert continue et le public en redemande.

Ethan Kath, quant à lui, est toujours aussi énigmatique sur scène, il regarde toujours aussi peu le public, concentré à faire de la musique. On finit alors par se demander si le rôle de la chanteuse n’est pas là pour combler le peu d’expression du leader.

Le concert n’en reste pas moins très bon, à la hauteur des attentes des fans de Crystal Castles. En sortant, beaucoup de personnes se plaignaient de la durée, comme si un tel concert pouvait se permettre d’être beaucoup plus long. A titre personnel, je pense qu’une heure quinze suffisait. Plus long aurait été sûrement trop, le groupe ayant préféré un concert intense à un concert long, choix respectable et, selon moi, choix judicieux.

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