2016 l’année du Singe, le chrono-top de Mathilde

La fin d’année est souvent synonyme de bilan. Opérons donc ensemble un retour réflexif sur l’année musicale qui vient de s’écouler. Établir une hiérarchie qualitative est une tâche bien ardue parce qu’on aime tous les albums pour des raisons différentes. C’est donc probablement par manque de courage que je vous livre mon top albums 2016, présenté de manière chronologique.

Mathilde, Présidente du Gorille

JANVIER

Le premier jalon de cette année a été à la fois superbe et tragique puisque de 8 janvier sortait Blackstar de David Bowie qui nous quittait deux jours plus tard. Après une carrière aussi longue que prolifique, David Bowie a livré un album qui ne ressemble à rien de ce qu’il avait pu faire auparavant, un disque hypnotique et plein de classe toujours accompagné de son saxo. Un classique plein de secrets.

La semaine suivante et plus exactement le 15 janvier sortait Not To Disappear de Daughter. Deuxième effort du trio porté par la voix envoûtante d’Elena Tonra, c’est un album pop organique qui a tourné en boucle dans mes oreilles. La douceur intense rend superbement en live. La mélancolie dans son plus simple appareil.

FÉVRIER

On fait un bond jusqu’en février pour la sortie de Cardinal de Pinegrove le 12 du mois. Second disque du jeune groupe américain, c’est avec lui que je les ai découverts. Ils font partie de cette nouvelle scène du rock alternatif US. Leur musique est pleine de rythmes inattendus et le phrasé du chanteur est hyper efficace. Ils sont touchants et plein d’énergie en live. Une très jolie découverte.

Deux semaines plus tard, le 26 février donc, sortait le premier opus de Lucy Dacus intitulé No Burden. Elle aussi est toute jeune, elle aussi fait partie de cette scène alternative américaine et elle aussi est l’une des découvertes les plus cools de mon année musicale. L’album est soutenu par sa voix grave et profonde et ses tonalités rock traditionnelles et pourtant très actuelles. Elle a été repérée par Pitchfork qui l’a faite jouer lors des Avant-Gardes de son festival parisien. Une artiste à suivre de près.

MAI

Il faut attendre le début du printemps pour trouver une nouvelle pépite. Le 8 mai on découvrait après une attente enfiévrée A Moon Shaped Pool, nouvel album de Radiohead. Alors oui, il semble que ce soit un groupe qu’on adore ou qu’on déteste mais il ne laisse personne indifférent. Flânerie subtile et engagée où on a retrouvé le Radiohead mélancolique tout en finesse qu’on aime tant. Une petite merveille de lenteur.

À la veille du solstice d’été, le 20 mai, c’est Car Seat Headrest qui balançait Teens Of Denials. Will Toledo, visage et voix du groupe, est un forcené de la production. Il écrit sans cesse et a sorti un sacré paquet de musique lui-même avant de signer chez Matador Records. C’est un album qui fait grincer les guitares et trainer les voix avec un songwriting impeccable. Tout ce qu’on aime, oui oui. Le nouveau fer de lance de l’indie rock.

Décidément, mai était un mois florissant. Le 27, The Hotelier nous offrait leur troisième album : Goodness. C’est le groupe avec lequel j’ai fait la connaissance de l’emo. Alors oui, dit comme ça, ça fait peur. Mais rien à voir avec des ados faussement dépressifs qui écoutent Tokio Hotel. Après tout, l’emo c’est de l’indie rock qui s’inscrit dans une mouvance post-punk. Si, si, je vous assure. Un album beau, mature et apaisé.

AOÛT

Avance rapide jusqu’au 19 août. Dans la chaleur étouffante de Paris vide et polluée, j’ai découvert At Swim de Lisa Hannigan. Cet album c’est un retour à mes premières amours : la folk et l’Irlande. La singer-songwriter égraine sur la guitare des notes fragiles qu’elle mêle à sa si belle voix. Tout en simplicité, c’en est presque désarmant. Un joyau tout droit venu de l’île d’émeraude.

SEPTEMBRE

Ça tombe bien que la neuvième étape de mon année musicale tombe sur Sunlit Youth de Local Natives car l’album est sorti le 9 septembre (999 vous l’avez ?). J’attendais avec impatience le retour des Californiens. J’avais été un peu déçue avec l’album précédent mais avec celui-ci, on s’est tout de suite réconcilié. Ce disque est comme un recueil de rythmes et de mélodies savamment agencés, avec des messages politiques dedans. Les morceaux prennent vie et nous embarquent en live avec une facilité indécente. Un album plein de lumière.

Pour finir cette rétrospective, nous voilà le 30 septembre. Plein de machines et de symboles étranges, j’ai adoré 22, A Million de Bon Iver. C’est un concept-album entouré d’une symbolique autonome, un véritable objet de création. Pour ceux qui n’ont pas forcément suivi de près la carrière de Justin Vernon, c’est un peu déstabilisant parce que c’est plein de bleep blop et de vocoder. Je me suis complètement laissée embarquer dans le projet qui nécessite l’adhésion pour être apprécié. Un disque à découvrir sans cesse.

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