Local Natives au Trabendo ou comment j’ai touché les fesses de Taylor Rice

Trois ans que nous les attendions, trois ans à réécouter leurs albums jusqu’à connaître tous les titres par cœur. Et en 2016, ô miracle, ils réapparaissent avec un troisième album, Sunlit Youth. Ce bébé tant attendu a pourtant déçu une partie de leurs fans qui le trouvent trop lisse, trop produit ; les Inrockuptibles vont même jusqu’à comparer le groupe californien à Coldplay. Malgré les critiques, le Gorille, lui, reste conquis par l’énergie, les voix sublimes, les arrangements élégants dont ils font toujours preuve, et le très beau message d’espoir porté par ce nouvel album.

Comme on ne peut réellement juger un album sans l’avoir vu en live parce que la musique ça s’écoute aussi avec les yeux et le cœur, nous sommes donc allés les voir au Trabendo. L’ambiance de la salle était parfaitement en adéquation avec l’esprit du groupe, intimiste, chaleureuse et pourtant survoltée.

A peine arrivés sur scène, ils s’adressent au public avec une proximité surprenante et d’un ton complice, ils annoncent la couleur : ce soir, nous allions vivre un moment de communion que seul la musique peut créer en des temps bien troublés. Ces supporteurs d’Hillary Clinton étaient en effet bien émus au lendemain d’une élection américaine qui a bouleversé le monde entier. Une de leurs nouvelles chansons, « Foutain of Youth », est d’ailleurs un hymne pour une jeunesse ouverte au monde et libérée des erreurs de ses aînés.

On pouvait sentir la salle vibrer en les entendant chanter « I’ve been waiting so long Mrs President »… Nous avions le sentiment de faire partie d’une bulle hors du temps, d’un instant suspendu, hors de la réalité : pour quelques minutes, nous étions ailleurs, avec eux et leurs incroyables voix. Quelques larmes ont même été versées pendant leur chanson « Colombia »

Le concert dans son intégralité était pourtant loin d’être larmoyant. Le dynamisme et l’énergie de certaines de leurs chansons ont fait danser la salle mais aussi Taylor Rice, l’un des chanteurs. Très proche de son public, ce dernier est descendu dans la fosse pour danser (notamment avec deux des membres du Gorille, ô fierté) et s’est plus tard jeté dans les bras du public. Comme le titre de cet article l’indique, il est aisé de deviner qui avait l’honneur de porter ses fesses, d’une perfection inégalée. Nous ne pouvons qu’admirer son énergie en concert, sa sueur en témoignant (des mains n’ont pas été lavées depuis…).

Le concert était bien trop court à notre goût, il ne restait alors plus qu’à mettre ses écouteurs, s’enfoncer « confortablement » sur un siège du métro et écouter Sunlit Youth en fermant les yeux et en revivant ce beau moment de communion.

Contrairement à ses détracteurs, nous n’avons pas été déçus par ce nouvel album, certes plus travaillé mais toujours aussi habité. Nous ne pouvons que vous conseiller d’aller y jeter une oreille, mais aussi de fouiner parmi leurs anciennes chansons, capables de vous donner envie de sauter à en faire hurler les voisins du dessous, de rendre vos globes oculaires humides ou encore de faire des câlins au monde entier.

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