MaMa Festival – Le bilan du Gorille

MaMA Festival

Les 18, 19 et 20 octobre s’est tenu la 8ème édition du MaMa Festiva, l’occasion pour Le Gorille de revenir sur les moments marquants du festival. Entre découvertes, surprises et déceptions, on vous dit tout.

Mercredi :

17H30 / Billet d’humeur

C’est un véritable boys ’band qu’on a pu découvrir au MaMa Festival, Billet d’humeur pour vous servir. Malgré une salle presque vide, ces derniers ont su nous proposer un show digne de ce nom. Un DJ, trois chanteurs et tout s’emballe. Ce collectif dégage une énergie folle. Presque en symbiose sur scène, les différentes influences de chacun se fondent pour créer une identité propre et tout à fait particulière. Il va falloir les suivre de très près.

18H00 / Lord Esperanza

La jeune étoile montante du rap français était invitée pour un showcase au Mama Festival. Le public était uniquement composé de professionnels qui ont pu apprécier la maîtrise du jeune rappeur. Accompagné de son backer Nelick et de son DJ Majeur Mineur, cette belle équipe nous a délivré une performance de haut niveau. Mention spéciale pour le morceau Maria. Son dernier album « Polaroïd » est disponible depuis le 27 octobre ! On vous invite à l’écouter.

Lord Esperanza – Mathias Breteau pour Le Gorille

19h30 / Royaume 

Yumi et Moon Boy, aka Royaume nous ont fait part en interview de l’importance fondamentale de la représentation live : elle nécessite une préparation minutieuse, en particulier pour un duo ! Le concert donné au lycée Jacques Decour n’a fait que confirmer le professionnalisme des artistes. Outre le talent du musicien Moon Boy qui alterne jeu de guitare électrique (spécialement sortie pour l’occasion) et jeu de rythmes par le biais d’une platine DJ, et l’aisance vocale de la chanteuse Yumi, le duo a prouvé sur scène qu’ils étaient faits pour s’entendre. Un festival musical qui investit un lycée, ça ne court pas les rues, mais la salle a honorablement tenu son rang.

20h15 / Anthony Joseph

Originaire, de Trinidad, Anthony Joseph est un artiste multi-facette. Poète, romancier, c’est en tant que chanteur que ce véritable showman est venu se produire sur la scène de La Cigale. Doté d’une présence scénique irréprochable, mais assez intelligent pour s’effacer au profit des musiciens quand il le fallait, la prestation d’Anthony Joseph et de ses amis fut un exemple d’entente musicale et de communion. Allant de la funk à des rythmiques afro latino, en passant par des sonorités venues de Trinidad et de Jamaïque, tous les éléments étaient réunis pour que l’ambiance soit festive. On tenait à passer une mention spéciale au saxophoniste qui, au devant de la scène, n’a cessé d’éclairer le concert grâce à sa technique et son style.

20h45 / Wayne Snow 

Le lycée Jacque Decour n’était pas, sur le papier, la meilleure salle du festival, mais Wayne Snow a livré (et de loin) l’un des meilleurs concerts. Pour ce faire, il était accompagné de deux artistes de talent et fidèles collaborateurs. D’un côté Neue Grafik, créateur du label VERTV, qui avait déjà collaboré avec le jeune artiste à l’occasion de son premier album Freelance TV. De l’autre, Monomite, proche de VERTV et membre de Grande Ville Records. Autant vous dire que cette collaboration est sûrement ce qu’il se fait de mieux au sein de la scène électronique.  Le concert fut le théâtre d’une complicité musicale évidente, la voix soul de Wayne Snow se mariant parfaitement aux rythmes élaborés par les producteurs. Seul bémol : le public peu réceptif, certainement dû à la faible exposition du lieu.

 23h30 / Adam Naas

Cette fois-ci, le rendez-vous était au Carmen, lieu emblématique de la hype parisienne. Juste avant son concert, Adam Naas ne manquait pas d’en désamorcer les clichés en nous confiant d’un air tranquille : « ahlala le nombre de fois où j’ai vomis dans ces toilettes … ». Auteur compositeur d’une soul glaçante, le jeune artiste faisait salle comble en toute décontraction. Doté d’un talent hors du commun, le par terre de journalistes (j’exagère) ne pouvait que succomber à cette voix puissante et fragile. Adam Naas a exécuté ses morceaux sans pudeur, dans l’intimité d’une salle rêveuse, nous faisant presque oublier que nous assistions à une prestation de haut vol.

Jeudi :

20h15 / L’or du commun

C’est au Folie’s Pigalle que le groupe belge nous un proposé un show exceptionnel. De nombreux déçus se sont vus refuser l’entrée de la salle (à la capacité plutôt faible, il faut le dire). L’ambiance était au rendez-vous entre pogos enflammés et sons un peu plus chill. Le crew de Bruxelles a su ravir son public en proposant un concert bien équilibré. Il faut noter le passage furtif de Roméo Elvis durant le son Apollo qui fit trembler le sol… Profondeur, flows, rythmes tout y était pour le plus grand plaisir de la foule parisienne. On salue l’Or du commun pour son éclectisme et sa belle cohésion.

21H15 / Isha

C’est devant un public de folie qu’Isha est venu poser ses rimes au Folie’s Pigalle. Présent pour défendre son dernier projet La Vie Augmente, le rappeur bruxellois est arrivé plus chaud que jamais. Même s’il avait toute l’attention de son public, Isha ne s’est pas reposé sur ses lauriers et nous a livré un concert d’une grande qualité. Accompagné par son fidèle backer Stan, les deux belges ont retourné la salle. À l’écoute de son public, le MC a même convié un spectateur à partager la scène avec lui. Entre générosité et dynamisme, l’artiste a livré un set impressionnant, ce qui présage de très belles choses pour son projet La Vie Augmente (Vol.2), dont la sortie est prévue en décembre.

22h00 / Krisy

Pour le 3ème concert de la soirée Back in the Dayz, Krisy était érotiquement nôtre ce jeudi soir. Entre les gros bangers et les douces mélodies, le beatmaker de Damso nous a prouvé qu’il avait bien évolué depuis la sortie de son premier EP Menthe à L’eau. Le public a eu le droit à une véritable cérémonie : c’est en plein milieu du concert qu’un certain « Maître Simonnin » est venu apporter à Mr De La Fuentes les cadeaux qu’il a gracieusement distribués ! Mélancolique, énergique et surtout romantique, Krisy a prouvé qu’il était un véritable artiste ! On attend sa prochaine date avec impatience.

 22h45 / Hamza

Dès son arrivée sur scène, C’est avec le morceau « Godzilla » qu’Hamza a décidé d’envoyer la sauce. Salle noire de monde et public en furie, tous les éléments étaient réunis pour un set exceptionnel et le jeune bruxellois a su combler son public en livrant un inédit de son dernier album, sorti le 27 octobre 2017, Jodeci Mob. Lunettes noires et tenue sombre, il a su briller devant ses fans avec une maîtrise sans pareille. Attendu au tournant, peu de gens ont été déçus par sa performance. Les plus fidèles fans ont notamment pu reconnaître le son : « Bibi boy Swag ». En somme, la clôture de la série de concert Back in the Dayz s’est effectuée en beauté ! 1994 est déjà dans les bacs et on vous le recommande chaudement.

Hamza – Mathias Breteau pour Le Gorille

23h15 / Mai Lan

Dans un Bus Palladium plein à craquer, la fille de Kiki Picasso a livré une performance hypnotique, notamment par le biais d’une scénographie millimétrée. Mai Lan c’est d’abord une prestance qu’elle cultive par le choix de son costume (body et kimono colorés) et par une sensualité inhérente à sa voix et à sa gestuelle. Accompagnée de ses deux musiciens, tout deux déguisés en lapin (oui oui), le contraste avec la chanteuse ne pouvait être qu’édifiant et donner lieu à une performance bluffante.

Mai Lan – Mathias Breteau pour Le Gorille

23h30 / Biffty et DJ Weedim 

Un public déchaîné, une ambiance électrique… Biffty et DJ weedim ont su nous livrer une fabuleuse souyerie au Backstage By the Mill. Entre bain de foule, pogo et délire, le roi de la souye a su satisfaire les attentes de ses fans ! Même si la salle était loin d’être pleine, on a pu voir les plus fidèles s’entrechoquer dans les pogos avec joie ! Belle prestation.

1h15 / Client Liaison

Le show délivré par les deux australiens à la Machine du Moulin Rouge fut assurément l’un des meilleurs concerts du festival. Pour ce faire ? Une scénographie rodée rappelant une salle d’attente des années 60-70 (plantes, distributeurs d’eau…), une chorégraphie millimétrée, des costumes rétros et évidemment une pop électrique diaboliquement efficace. Mention spéciale au chanteur qui a fait preuve d’une prestance scénique incroyable non sans rappeler dans sa gestuelle un certain Steven Tyler, chanteur d’Aerosmith.

Vendredi :

 21h20 / Gracy Hopkins

Gracy Hopkins aka « le rappeur français qui se prend pour un ricain », comme il l’assume et s’en amuse lui-même. Il a par ailleurs bien raison de se donner ce titre tant sa maîtrise de la langue de Shakespeare excelle. Arborant un maillot du PSG, l’artiste a dégagé une énergie bien placée tout au cours de cette rencontre à domicile. À la fois technique et charismatique, il a toute suite réussi à mettre dans sa poche une Boule Noire pour le moins endormie au début du concert, mais qui s’est tout de même essayée à quelques pogos timides.

22h40 / XTRM TOUR

En parlant de pogos, il ne fallait absolument pas rater le concert de Di-meh, Slimka et Makala, trois rappeurs originaires de Suisse et réunis le temps d’une tournée sous la bannière XTRM TOUR. Le principe est simple et on a pu l’expérimenter tout au long de leur show à La Boule Noire : sauter. Bénéficiant chacun d’une fan base solide, ils ont fait preuve d’une débauche d’énergie impressionnante et n’ont pas eu à forcer pour embarquer le public avec eux. Ce qui attire l’attention, outre une complicité qui saute aux yeux (chacun se back mutuellement) et leur gestuelle qui est l’image d’un combat étendu sur plusieurs rounds. Il faut le vivre pour le croire.

XTRM TOUR – Mathias Breteau pour Le Gorille

 23h15 / Sopico

C’est accompagné de son fidèle acolyte Hash-24 que Sopico est venu défendre ses couleurs. Il fallait passer par le Backstage By the Mill pour venir écouter le jeune parisien. Les deux associés étaient pleins d’énergie et prêts à en découdre sur des sons comme « Mojo » , « Ciel bleu »  ou « Volcano » . Pour couronner le tout, le membre de la 75ème session nous a proposé une petite séance acoustique avant de déclencher un bordel monstre avec le fameux single « Le Hasard ou La Chance ».
Sopico n’a pas fini de nous étonner et quelques projets semblent même être en phase d’élaboration. Affaire à suivre…

Sopico – Mathias Breteau pour Le Gorille

1h30 / Nathan Melja

Côté club, Nathan Melja a confirmé les espoirs placés en lui à la Machine du Moulin Rouge. « La Chaufferie », lieu atypique et intimiste, allait à la perfection au DJ parisien qui, track sur track, faisait savamment monter la pression. À la fois brute et conviviale, sa techno/house aurait plus à n’importe quel amateur de clubbing. Accessible tout en étant professionnel, Nathan Melja a toutes les cartes en main pour faire vivre n’importe quelle soirée.

Nathan Melja – Mathias Breteau pour Le Gorille

 3h00 / Bamao Yendé

Le membre du « YGRK KLUB » et fondateur du label « BOUKAN RECORDS » était présent à La Machine du Moulin Rouge pour clôturer le Festival. Bamao Yendé n’a pas failli à la tâche. Le DJ a, comme à son habitude, envoyé des sons divers et variés en passant du hip-hop, de la techno, de l’afro et du R’n’B, et c’est la richesse de son set qui en fait sa beauté. Ce dernier s’est confié au Gorille dernièrement, nous aurons donc l’occasion de revenir bientôt sur le phénomène avec une interview exclusive.

Le Gorille vous dit à bientôt, stay tuned !

Article d’Anthony Tuete et Mathias Breteau (Pour suivre Anthony, c’est ici et ici)

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