THE WAR ON DRUGS au BATACLAN

Photo de Shawn Brackbill pour Rolling Stones magazine

C’est un peu sur un coup de tête qu’on s’est décidé à prendre nos places pour The War on Drugs au Bataclan. On n’avait pas entendu parler d’eux depuis longtemps, mais le souvenir de Lost in the Dream, sorti, en 2014, sur le label Secretly Canadian, nous a donné envie de transformer l’essai. Lundi 6 novembre, on a donc bravé le froid parisien pour se plonger de nouveau dans les pensées sombres et les mélodies psychédéliques du groupe philadelphien, en tournée pour A Deeper Understanding, leur quatrième album sorti en avril. 

A Deeper Understanding

Malgré leur reconnaissance comme pilier du rock indépendant sur la côte est des Etats-Unis et les louanges récoltées sans faute à chaque album dans la presse, leurs deux dates en France n’ont pas fait salle comble. On a donc pu se placer avantageusement dans la salle du Bataclan, rouverte depuis moins d’un an. Impossible de ne pas noter le look nineties des musiciens: cheveux longs, chemises à carreaux en flanelle, T-shirt à l’effigie Sid Vicious, blazer coloré recouvert de pin’s…  Si on se fie à l’apparence, The War on Drugs ressemble plus à un groupe d’ados américains fan de Nirvana qu’à des quasi-quadragénaires. Le doute ne plane pas longtemps : les fêlures dans la voix d’Adam Granduciel et les paroles profondes ne peuvent venir que d’un esprit torturé qui a déjà beaucoup vécu.

Il faudra attendre la deuxième moitié du concert pour que celui qui se décrit comme un grand timide ouvre le dialogue avec le public. Le début est un peu figé, et le sentiment d’une représentation léchée enlève une partie du charme mélancolique du groupe de rock. Heureusement, la salle est constituée de fans de la première heure pour la plupart, et The War on Drugs a su délicatement faire monter la pression. Sans qu’on s’en rende compte, cela fait plus d’une heure qu’on est là. Les premières notes de Red Eyes retentissent, et la distance pudique entre les artistes et le public disparaît.

The War on Drugs – « Red Eyes »

Les philadelphiens nous font ensuite voyager entre morceaux qui engourdissent presque par leur sensibilité, variations plus animées de leurs productions les plus rock’n’roll, et même sonorités dylaniennes, lorsqu’Adam Granduciel sort son harmonica (on l’avoue, on a eu peur pendant une fraction de seconde – des mauvais souvenirs de Christophe Maé un peu enfouis dans notre mémoire musicale).

De retour dans le froid, on gardera une impression de flottement, dans une gravité un peu hors du temps. A Deeper Understanding du monde, en somme.

Le moment marquant : quand après quasiment deux heures de concert, désespérés de l’attendre encore, on a enfin entendu le début d’Under The Pressure, morceau chouchou qui nous a fait, le premier, rentrer dans l’univers de ces mecs aussi touchants que lointains. 

The War on Drugs – Under The Pressure (Official Video)  

Le moment décevant : la version live de Thinking of a Place. Ce morceau de 11 minutes, sans concessions dans l’album, ne nous a pas convaincu sur scène.

The War On Drugs – Thinking Of A Place

Ce qu’on n’oubliera pas :  les deux mecs devant qui faisaient un concours de qui trouve le plus rapidement le titre de chaque morceau joué, avec plus de bonheur dans les yeux qu’un admis au concours du CELSA.  

 Une expérience de Pauline Georget (@undostresgeorgette)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *