Retour sur le concert de Mac Demarco à l’Olympia

Sept mois après la parution de son dernier album, This Old Dog, le chanteur canadien donnait un concert à guichet fermé le 14 novembre dernier dans la célèbre salle parisienne. Le Gorille y était, on vous raconte.

La dernière fois que Mac Demarco avait joué à Paris, c’était à La Cigale en septembre 2015. Sa prestation ce soir là était aussi folle que la réputation qui le précédait. Alors que ses chansons sentent bon le chill et le soleil, les pogos étaient légions et des spectateurs montaient sur scène à chaque chanson sous les yeux hilares du canadien.

En somme, Mac Demarco était une bête de scène ce soir là.

En arrivant à l’Olympia ce mardi, on se demandait alors à quelle sauce on allait être mangé. Mac Demarco allait-il réussir le passage dans une salle de cette dimension, lui que l’on avait vu en France que dans des petites salles? Allait-il savoir recréer cette ambiance intimiste et cette proximité si forte qu’il entretient avec son public, dans une salle faisant le double de taille de La Cigale ?

Après une première partie assurée par Montero, une pâle copie (les bonnes chansons en moins) du héros du soir, ce dernier entre en scène vers 21h, entamant avec l’un des meilleurs morceaux de son dernier album, On The Level. L’hypnotisant synthé, que Mac Demarco a appris à apprivoiser au fil des années, résonne magnifiquement dans l’Olympia et lance le concert de la meilleure des manières.

Rapidement, les réponses à nos interrogations apparaissent : le public du soir est moins hystérique qu’en 2015, sans doute moins électrisé en raison de la distance qui le sépare de la scène. Mac Demarco n’est pourtant pas moins extravaguant que d’habitude, toujours le premier a faire une blague entre deux chansons (celle avec son guitariste jouant toujours les premiers accords de Sweet Home Alabama de Lynyrd Skynyrd sans jamais continuer la chanson est le running gag du concert).

Cette ambiance moins folle n’est néanmoins pas un échec du show, c’en est même la grande plus-value. Car à force de jouer à l’imbécile, Mac Demarco faisait parfois passer la qualité de ses chansons au second plan, alors qu’elles sont parmi les plus belles de la décennie. Son dernier essai, This Old Dog, est d’ailleurs l’un des albums de l’année, poussant la mélancolie à un point rarement atteint par Demarco dans de magnifiques et simples chansons.

C’est peut-être cela qui pousse le chanteur à interpréter remarquablement l’ensemble de ses chansons devant le public de Paris, sans les parasiter par des effets comiques lassants à force de répétition. C’est donc avec une entière satisfaction qu’on admire Mac Demarco restituer la beauté de No Other Heart, My Kind Of Woman, For The First Time ou la somptueuse One More Love Song. La liste est trop longue pour toutes les citer, tellement il fut capable de les interpréter sans fautes et avec la décontraction déconcertante qui lui est propre.

Mais ce n’est pas pour autant que le chanteur canadien oublie de faire pogoter la fosse. Les plus vieilles chansons, comme Ode To Viceroy, Cooking Up Something Good et Freaking Out The Neighborhood sont chacunes des occasions pour lui de prouver qu’il n’a rien perdu de sa fougue et de son énergie. Et puis ces moments de délires complets n’ont pas disparus, à l’image de la fin du concert qu’il termine torse nu, dansant sur un ampli puis remplaçant son batteur qui s’improvise crowd-surfer et chanteur le temps d’une reprise d’Under The Bridge des Red Hot Chili Peppers. Ces séquences sont d’autant plus absurdes qu’elles suivent une autre reprise improbable de There She Goes des La’s, à la frontière du sérieux et du second degré.

Les lumières se rallument alors après 2 heures d’un concert rondement mené. Les spectateurs commencent à quitter la salle quand Mac Demarco revient en surprise pour une dernière chanson, redonnant par ce geste tout son intérêt au principe du rappel, trop de fois dévoyé. En piano-voix, il chante Watching Him Fade Away en demandant au public de s’asseoir par terre, créant un rare sentiment d’intimité pour une salle de la taille de L’Olympia. Quand ces surprises sont au service de la musique, on ne peut qu’applaudir chaleureusement Mac Demarco pour son talent désinvolte.

 Un article de Briac Subrin-Bigot

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