Nothing but Thieves outre-manche

Londres, un samedi soir de Novembre.

Avec empressement, des milliers de fans s’engouffrent dans l’espace du Roundhouse pour écouter Nothing But Thieves. Car le concert est complet : deux dates à guichet fermé depuis août pour le groupe de rock anglais qui fait la tournée de son deuxième album, Broken Machine. Malgré une réception plus timide en France (on a pu les découvrir lors de la première partie de Muse en mars 2016), les cinq musiciens cartonnent et sont en pleine ascension en Angleterre.

C’est donc la capitale anglaise qu’ils ont choisie et une salle unique pour clôturer leur tournée anglaise : le Roundhouse. Un lieu bien ancré dans la culture londonienne et leur habitude à se réapproprier les espaces industriels pour en faire des espaces modernes et culturels. Le Roundhouse était auparavant une rotonde ferroviaire où les trains circulaient. La salle a donc cette particularité d’être en cercle avec de grands arcs qui ressemblent au kiosque parisien qu’on retrouve dans les squares. Surprenant et familier, le public prend pleinement corps à ce lieu atypique pour vivre l’instant musical. Imposant, d’une vive couleur rouge, on peut y lire juste avant de rentrer dans cet espace « Creativity transforms lives». Le décor est planté, l’événement peut commencer.

Stupéfiant serait le mot parfait pour caractériser le style du public. Des adolescents, des jeunes adultes, trentenaires et un public plus mûr, tous sont réunis ce soir et témoignent donc que le rock anglais est une tradition respectée et entretenue depuis sa création. En se faufilant dans la fosse, il est impossible de définir si l’on se trouve dans une boîte de nuit, le concert d’une popstar ou de la nouvelle pépite de l’indie rock. C’est un art de vivre que d’assister à un concert à Londres, et chaque fan semble avoir travaillé son look et s’être habillé pour l’occasion. Certains sont en talon haut et brassière pailletée, d’autres en total look normcore, et on retrouve auprès de tous, des mélanges indéfinissables entre classique et moderne. Tee-shirt en cuir et pantalon à carreaux.

Le public a donc mis en forme l’esprit de cette soirée et attend avec impatience que la première partie commence, enchaînant pintes sur pintes, et dansant déjà au rythme des morceaux qui passent. The Strokes, Arctic Monkeys. Chantant par cœur les paroles de chaque chanson. Quand les lumières s’éteignent, la première partie commence pendant que les fans trépignent d’impatience.

Alors qu’une première partie n’est jamais ce qui passionne le public et ne reste qu’un échauffement, la foule semble vivre l’expérience et acclame Diary, groupe de rock américain, en sautant, sifflant, applaudissant. Tout ceci ne va qu’en s’amplifiant quand Conor Mason, chanteur de Nothing But Thieves prend place sur scène. C’est là que les choses sérieuses commencent. Dans la fosse, la foule s’agite, crie et hurle, créant une intensité crescendo, et ce pour toute la durée du concert. Le premier tube est lancé, et tous reprennent en chœur les paroles. Remerciement de Conor. Plaisir de jouer dans cette salle si particulière. S’en suit un enchaînement parfait des morceaux de son deuxième album, mais également des reprises de ceux qui l’ont fait connaître et qui sont des classiques pour le public.

Conor peut tout faire, sa voix se veut grave, aiguë, puissante, et il surprend à chaque fois par son étrange capacité à changer si facilement la tonalité de sa voix, d’où l’attachement de Matthew Bellamy à ce groupe. Refrains entêtants, rock pur, qualité des compositions. Plus le concert gagne en intensité, plus l’atmosphère devient folle. Les fans multiplient pogos et sauts à la demande même du groupe, et il n’y a plus aucune limite. Ils se calibrent parfaitement sur le rythme à mesure qu’ils se jettent les uns sur les autres avec force. Point culminant : le public se retire sur les côtés, met en place un trou béant dans la fosse et à la reprise de la musique provoque une explosion de jetées de corps frétillant. 1h30 de concert, où ces artistes ne lâchent rien, et donnent une atmosphère endiablée à la salle. Les bières sont lancées, les personnes vacillent, trépignent. FIN. Rappel. Le groupe revient en interprétant puissamment Highway To Hell de ACDC, en hommage à Malcolm Young. Enchaînant avec le single de leur nouvel album : Amsterdam. La foule se retire et l’expérience prend fin.

Les anglais vivent l’instant musical dans toutes ses facettes et le hissent à ce respect incontestable de pays de la musique et surtout du rock. Fidèle à son image.

Une énergie brute, un style indéfinissable et la puissance du rock sont donc les recettes clés d’un concert londonien.

Vécu par Laura Eisenstein (que vous pouvez suivre ici et ici)

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