Le Gorille au Chorus : partie ll

On a gardé le meilleur pour la fin. Avec cette seconde partie du retour sur le Chorus Festival c’est du positif et rien que du positif.

Les + attendus :
Amadou et Mariam

Quand on a vu qu’Amadou et Mariam étaient annoncés dans la programmation du Chorus, on les a tout de suite inscrits sur notre to-do list du week-end. Effectivement, avec 40 ans de carrière dans les pattes, ce couple mythique n’a plus besoin d’être présenté, le public est déjà informé de ce qui l’attend. La salle est donc déjà conquise lorsque l’on arrive dans l’auditorium ce samedi soir, ça respire la bonne humeur et la joie de vivre. Amadou et Mariam, habitués à leur succès sont à l’aise sur scène et entament les premières notes de Bofou Safou, l’une de leurs chansons aux airs les plus actuels, dus aux sonorités électroniques. Quand Amadou demande à la foule si elle est prête à danser, ce n’est qu’une formalité, car le public présent est déjà en train de s’agiter dans la fosse et sur les balcons, bien que la salle soit un peu grande pour le public du premier soir. Un point positif qu’on retiendra, c’est l’engagement, omniprésent dans l’œuvre du duo malien, bien représenté par « La confusion », morceau phare de leur dernier album. Au final, même si on s’y attendait, on n’est pas déçu, et on a passé toute la journée du lendemain à fredonner Dimanche à Bamako. 

Amadou et Mariam – Corentin Loubet pour Le Gorille

Romeo Elvis

Romeo Elvis était l’une des têtes d’affiche du festival, on était donc venus à l’avance pour ne pas rater l’arrivée du rappeur belge et on n’était pas les seuls. L’excitation est palpable dans la foule qui est par ailleurs beaucoup plus jeune que la veille (oui oui, les programmations rap, ça fait cet effet).

Quand les premières notes électroniques de Sabena, morceau de son nouvel album Morale 2, se font entendre les pogos démarrent et la foule se retrouve embarquée vers la droite. Mais Roméo se fait attendre, et le dj se retrouve seul face à la scène. Quand il arrive enfin, la foule ne peut plus se retenir et les acclamations explosent, on peut appeler ça une entrée réussie.

Romeo Elvis sait définitivement y faire en termes de prestations et comme on pouvait s’y attendre, on peut voir que les enchainements sont travaillés. En effet, quand l’artiste entonne Nappeux, une des chansons les plus engagées de son album, notamment sur le rôle des médias, on rentre dans une ambiance plus douce et intimiste. Ce morceau est clairement l’un des plus fédérateurs, et on le ressent quand l’assistance entonne avec lui le refrain, et qu’ils scandent avec la même intensité que son auteur « c’est l’heure de les baiser fort ».

Roméo Elvis – Corentin Loubet pour Le Gorille

Au final on n’aurait pas assez de mots pour vous décrire l’intégralité du concert. Roméo c’était un concentré d’énergie, de recherche musicale et de hits. On en a pour tous les gouts du « diable » punchy au tendre « hommes qui ne pleurent pas ». En prime, on aura même eu le droit à un petit feat avec l’équipe de Panama Bende, et ses acolytes Caballero et Jean Jass, et même une exclu !

On en ressort content de notre choix, un sourire sur la face mais un peu soulagé que ce soit fini pour la santé de notre dos, de nos mains et de notre voix (les rappels ça fatigue).

 Le gros coup de beat :

 

Nadia Rose

Aller voir Nadia Rose c’était un choix réfléchi, depuis qu’on était tombés par hasard sur cette jeune rappeuse britannique au détour d’une playlist YouTube. On était tombés amoureux de son attitude effrontée, mais on avait hâte de vérifier si cette confiance en elle était visible sur scène. Et on peut vous le dire, on n’est pas déçu quand on rentre dans la salle, un peu à la bourre (ça va, on se remettait de Roméo Elvis) et qu’on entend Nadia déclamer, en français dans le texte, « Je m’appelle Nadia Rose et je viens tout niquer ».

La salle du Riff X ressemble au set du clip de « Skwod », Nadia Rose est lancée en avant de la scène et enchaine les sons avec aisance, derrière elle se tiennent les membres de son crew et on peut vous dire que le girl power est de mise. En effet, on retrouve les chanteuses présentes dans le clip, avec leur look très british à base de pattes d’eph, nikes et crop top, toujours sexy. L’équipe a l’air soudée et contente d’être là, les filles sont tout sourire devant le flow de leur chanteuse préférée, Nadia.

Nadia Rose – Corentin Loubet pour Le Gorille

Nadia Rose, comme une boxeuse sur un ring enchaîne les tubes avec une énergie qui lui est propre, mais on retrouve l’aspect fédérateur de Roméo quand, au détour d’une chanson, elle nous demande d’embrasser les gens autour de nous et ceux qui nous ont accompagnés, une tendance qui fait du bien. Quand les premières notes de « Crank It » démarrent, on sent que la chaleur monte. Finalement, pendant ce concert on aura donc eu droit à de l’amour en masse, des coups de pieds en l’air, du booty shake collectif et on en ressort boosté pour la soirée.

 

Joris Delacroix

On vous avoue que pour Joris Delacroix on n’avait pas d’attentes particulières, on venait juste passer un bon moment en espérant que la sono soit forte pour profiter du rythme travaillé caractéristique des sons de l’artiste, de sa programmation variée et de qualité, et on espérait secouer le dancefloor pour finir ce samedi en beauté. Au final, comme vous pouvez vous y attendre, son concert nous a convaincus de l’intégrer à cette catégorie.

Joris Delacroix nous a proposé un univers planant qui reflétait une très bonne endurance, avec des enchainements bien travaillés et une montée en puissance tout au long du set. La techno mélodique et puissante de Joris a retourné le Chorus Festival et on n’a pas trouvé de meilleurs mots pour décrire son concert que ce ce témoignage recueilli auprès d’un festivalier (on vous l’avoue, un peu alcoolisé) dont on a malheureusement oublié de noter le nom : « Joris nous fait vibrer et nous transporte dans son monde, il nous envole jusqu’à nous faire toucher le paradis ! »

Joris Delacroix – Corentin Loubet pour Le Gorille

 

L’avis du public :

Tout le monde le sait, les goûts et les couleurs, ça se discute, on vous a donc concocté un petit résumé de l’avis du public qu’on a eu l’occasion de rencontrer au cours de ce week-end, pour essayer de vous aider à faire votre choix en vue de la 30ème édition du Chorus Festival. En voici un bref résumé :

Les +++ :

Pour cette première édition du Chorus à la Seine musicale, la critique qui est la plus ressortie est l’engouement du public pour La Seine Musicale. L’aspect Indoor du festival a d’abord surpris l’ensemble de la foule qui est plutôt habituée à des festivals en plein air. Cependant, avec le froid parisien, on apprécie d’être bien au chaud à l’intérieur de ce grand espace musical.

On retiendra également la diversité du programme qui va du jazz à la techno en passant par le rock. La programmation est complète et ça permet de brasser un public varié, mais peut-être pas assez ciblé ;  ce qui a provoqué des incohérences dans l’attribution des scènes en fonction des artistes. Par ailleurs, il en ressort que l’aspect orchestral du concert de Gregory Porter a surpris, mais a permis au public de découvrir un nouveau style musical pour la plupart, qu’ils ne s’attendaient pas à découvrir en festival et ne seraient pas allés voir d’eux-mêmes.

Le Chorus Festival, c’est aussi une belle action d’engagement pour la musique et sa démocratisation. En effet, nous n’avons assisté qu’aux concerts du week-end, mais on nous a parlé du reste de la semaine et ça faisait plaisir à entendre ! On retient notamment les actions de Réseau 92, qui met en lien les artistes, les salles de concert et les écoles de musique afin d’accompagner les artistes et leur développement en leur facilitant l’entrée dans le monde professionnel : une initiative qui fait chaud au cœur.

Les – – – :

D’après nos sondages, on n’a pas été les seuls à ne pas s’y retrouver entre toutes les salles et leur localisation. En effet, bien que les lieux soient agréables et spacieux, il est très facile de se perdre et de ne pas trouver le concert qu’on cherche, au risque de se faire recaler par la sécurité quand la salle est trop pleine. Mais bon, on leur pardonne, c’était leur première fois dans cet espace, on a bien le droit à une petite erreur.

Le lieu aura également un peu refroidi les foules, le côté cadré d’un lieu en dur évince l’aspect naturel et spontané d’un festival en plein air. On se retrouve avec un public un peu déçu d’être trop encadré, et qui se lâche donc moins.

Le choix de la programmation en fonction des salles n’aura pas non plus été optimal, quand on se rend compte qu’Amadou et Mariam n’ont pas rempli l’auditorium, mais que le public de Caballero et Jean Jass ont failli faire tomber la scène éphémère du hall, en provoquant un bon coup de frayeur pour la sécurité, surtout quand on sait que la scène s’est déplacée au cours de la performance des artistes.

Un dernier point négatif pour votre portefeuille, mais peut-être dû au manque de ciblage du public, le prix des consommations ! Effectivement, en tant que pauvres étudiants, on n’a pas été ravis de la pinte à 8 euros et du demi à 5, on sait qu’on n’est pas là pour se saouler mais bon, ça fait toujours plaisir à notre palais.

Roméo Elvis – Corentin Loubet pour Le Gorille

Le Gorille remercie chaleureusement le Chorus Festival, pour ce week-end éprouvant mais jouissif pour tout amateur de bonne musique. On sera au rendez-vous l’année prochaine !

Un article d’Elise Batifort, des photos de Corentin Loubet (La Chambre Noire)

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