Chorus Interview : Bloody Beetroots

A l’occasion du Chorus festival qui s’est déroulé les 7 et 8 avril dernier, nous avons eu l’occasion de discuter avec le fondateur des Bloody Beetroots, Bob Rifo. Après 11 années de carrière et, 3 albums, une dizaine d’EPs et plusieurs dizaines de remixes, compte rendu de notre entrevue avec la figure de proue de l’electro-punk. 

  • Le Gorille : Comment aimes-tu te présenter et comment tu aimes présenter Bloody Beetroots ?
  • The Bloody Beetroots : Bloody Beetroots… C’est un projet musical, fondé il y a 11 ans, donc ça fait un moment qu’on est là. On a beaucoup évolué, d’une configuration DJ, groupe, de nouveau DJ, et un nouveau groupe maintenant. Maintenant, on a les Bloody Beetroots live, qui est, pour moi, la forme parfaite des Bloody Beetroots.

 

  • Le Gorille : Donc maintenant tu as un nouveau groupe ?
  • The Bloody Beetroots : Oui, avec deux gars ! Je change de composition depuis 2010… De nouveaux musiciens, l’un d’eux est Nick Fayer, qui est producteur, compositeur, vraiment un chouette type. Et un batteur. Et je pense que ce sont les meilleurs musiciens que j’ai jamais eu.

 

  • Le Gorille : Bloody Beetroots a commencé en 2007, qu’est ce qui a changé depuis dans ta musique et dans ta manière de faire des concerts ?
  • The Bloody Beetroots : Wow, beaucoup ! J’ai sorti trois albums… On est passé au travers de beaucoup de courants musicaux. Au début les gens nous voyaient comme un groupe d’electro, en suite plutôt electro rock, electro punk, electro trash… Half EDM ? Je ne pense pas qu’on appartienne à ce genre musical là. La musique des Bloody Beetroots est la musique des Bloody Beetroots, toujours en évolution, c’est l’histoire de notre vie. Cette musique n’est jamais la même, je change toujours d’avis, de manière de voir les choses, de façons de m’exprimer. Si l’on avance, on change nécessairement, la foule change elle aussi, et donc les façons de nous exprimer changent aussi. Tu ne seras pas le même « toi » dans 5 ans. Je ressens le besoin d’évoluer, de ne pas rester dans la même zone.

 

  • Le Gorille : On se demandait aussi si la musique électronique te permettait de mixer ce que tu aimes, ou si tu voulais faire de l’électro pour faire de l’electro.
  • The Bloody Beetroots : Ouais c’était ça, la musique électronique était une glue qui permettait de rassembler tous les musiciens des Bloody Beetroots.

 

  • Le Gorille : Qu’est ce qui a évolué dans tes inspirations ?
  • The Bloody Beetroots : Je dois vous dire que… Je vis beaucoup, je passe pas mon temps en studio, c’est un endroit ennuyeux. Plus je fais des choses, plus je ressens le besoin de m’exprimer. Pour The Great Electronic Swindle (son album sorti en 2017 NDLR) je voulais vraiment évoquer des thématiques qui n’avaient pas été évoquées auparavant. Sur la politique notamment, mon désaccord sur ce qui se passait partout dans le monde, la haine, le racisme… Par exemple je ne porte plus de masque sur cette tournée, j’ai changé ça aussi. Je pense que c’est une des premières formes adultes des Bloody Beetroots, je m’exprime sur des thématiques que je n’ai jamais évoquées auparavant.

  • Le Gorille : Quelle était la signification du masque pour toi ? C’était une manière de te cacher, d’entrer dans le rôle de Bloody Beetroots et de laisser moins de place à la personne ?
  • The Bloody Beetroots : Je voulais laisser parler la musique avant tout. Je suis pas particulièrement attaché à la célébrité, je voulais pas être une célébrité. Ce n’est pas un besoin, j’aime l’idée de mener une vie humble. C’est un choix que j’ai fait pour protéger ma vie privée, mais aussi pour laisser la musique s’exprimer.

 

  • Le Gorille : Tout à l’heure on a parlé de la musique électronique et de ce qu’elle représente pour toi… On a pu définir Bloody Beetroots comme un groupe d’electro-punk, comment définiriez-vous le punk et dans quelle mesure vous reconnaissez-vous dans cette idéologie ?
  • The Bloody Beetroots : Je pense que le mot punk identifie un style de vie. Quelque chose de révolutionnaire, briser les règles. Aller par-delà les frontières. C’est ma manière de ne pas rester dans le confort, je suis un peu né en punk.

 

  • Le Gorille : Combien de temps ça a pris entre la sortie du titre Nothing but love et la publication du clip ?
  • The Bloody Beetroots : Hm c’est vrai que ça a pris du temps… Mais c’était assez intentionnel. On a parlé d’une histoire d’amour brisée, mais on voulait avoir cette situation intermédiaire. Nous voulions cultiver une expérience de proximité, avec l’écriture de ce morceau.

 

  • Le Gorille : Est-ce que la vidéo fait partie du son pour toi ? Est-ce que c’est la continuité de la musique elle-même que de faire un clip ?
  • The Bloody Beetroots : Si l’on regarde les Bloody Beetroots, on a toujours eu une forte relation avec les images. C’est une sorte de lumière qui vous attire vers ma musique. Comme le masque, le masque est une image. Il a été très important pour moi de créer un monde d’images. Je dirais que c’est complémentaire.

 

  • Le Gorille : Tu as parlé de politique, t’es affecté par la situation en Italie (ndlr : montée des populismes et de l’extrême-droite) ?
  • The Bloody Beetroots : En Italie, en Corée, en Amérique… Partout ! Chaque musicien doit prendre position, parce que nous avons une responsabilité. Alors pourquoi pas ?

 

  • Le Gorille : Dans la mesure où ton dernier projet est peut-être plus adulte, plus mature, ça semble cohérent !
  • The Bloody Beetroots : Totalement.

 

  • Le Gorille : Pourquoi il y a eu ces 4 années entre tes deux albums ?
  • The Bloody Beetroots : La qualité, c’est une question de qualité… Le temps est essentiel. Nous vivons à une époque où le temps est considéré comme quelque chose de luxueux : pour moi ça prend du temps pour faire quelque chose qui soit pertinent. Je ne veux pas prendre la responsabilité de faire du vite fait.

 

  • Le Gorille : Donc tu t’apprêtes à jouer d’ici quelques heures… Est-ce que tu as des rituels avant un show ?
  • The Bloody Beetroots : Hm… Je suis… détendu. Vraiment détendu quand je monte sur scène. C’est un peu comme le calme avant la tempête. C’est un moment très particulier. Les gens ne le croient pas, quand ils se disent « ce gars est très détendu »… J’ai toujours été assez détendu à propos de ma musique, je suis assez chanceux de faire ce travail, qui est un travail de rêve. C’est quasiment comme être en vacances tous les jours ! Pourquoi je devrais être stressé ? Certains sont stressés à propos de la musique, du business, mais c’est ce que j’ai décidé de faire alors il n’y a pas de raison.

 

  • Le Gorille : Tu penses qu’il y a un lien entre le fait que tu te moques d’être célèbre, et le fait que tu sois aussi détendu avant tes concerts ?
  • The Bloody Beetroots : Oui, nous vivons dans une société dans laquelle si tu aliènes ta personne, ce n’est pas possible de créer quoi que ce soit. Si tu n’es pas capable de parler aux gens, pourquoi essayer de faire de la musique ?

 

  • Le Gorille : Comment le public a réagi à ton nouvel album ?
  • The Bloody Beetroots : Plutôt bien ! Je pense qu’il y a eu une certaine hype rock sur cet album. Ce soir nous allons jouer dans une configuration très rock, ça va être intéressant.

 

  • Le Gorille : Tes projets pour la suite ?
  • The Bloody Beetroots : Il y a eu 18 morceaux sur cet album… Alors je pense que ça va mériter un peu de temps avant un nouveau projet !

 

  • Le Gorille : Tu viens d’Italie, de quelle région ?
  • The Bloody Beetroots : Vénétie !

 

  • Le Gorille : Et alors, quel endroit du recommanderais à quelqu’un qui ne connait pas l’Italie ?
  • The Bloody Beetroots : Venise !

 

  • Le Gorille : Un mot en français ?
  • The Bloody Beetroots : Hm… Merci Le Gorille !

 

Remerciements :

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