Fairy Spring Rave : Fée Croquer fête le retour du printemps avec 10h de tumulte

Le printemps est de retour et le collectif parisien Fée Croquer qui rythme le cours des saisons revient avec son format Fairy Spring Rave : un nom délicat et poétique pour une soirée sombre qui promet de tabasser. Au programme, 10 heures de son dans un lieu inédit et inexploré de plus de 3000 m², et l’annonce d’une deuxième scène avec de nouveaux noms face à l’engouement suscité. La programmation orientée techno industrielle et gabber se verra donc accompagnée de house et de micro, avec Mic Mac et Saar en B2B avec Hle, ce qui permettra de prendre une bouffée d’air frais entre deux sets au rythme bien soutenu.

Au-delà de la fête, le collectif poursuivra lors de cet événement son concept de soirée solidaire, en collectant des conserves et des denrées non-périssables pour venir en aide aux personnes les plus démunies. Alors pensez à ramener de quoi soutenir cette belle initiative, autant que vous le pouvez.

Pour cette première édition printanière, on retrouvera l’énigmatique Headless Horseman, DJ berlinois originaire de NYC et plus particulièrement de Sleepy Hollow – véritable ville de l’état de New York où prend scène la fameuse légende de Washington Irving (avant le film de Tim Burton) – qui produit depuis plus de vingt ans mais s’est fait (re)connaître assez récemment dans le milieu techno. Cette figure du cavalier sans tête, ce masque, cette persona, lui permet d’exprimer sans aucune limite un son “sans format”, qu’il ancre dans des show A/V déconcertants, aux images énigmatiques syncopées, le mettant en scène dans des paysages naturels froids. En live, il produit en triturant son énorme console Midas pour mixer en direct le son de toutes ses machines analogiques Elektron, 909, dans un jeu frénétique de doigts vifs à la Jeff Mills. Un spectacle qui promet.

Le duo suédois SHXCXCHCXSH au nom illisible mais sûrement prononçable par un conventionnel “shhhhhhh” sera également présent en live, et en fera taire plus d’un.e. Originaires de la petite ville industrielle de Norrköping en Suède – un endroit parfait pour composer selon eux – ils se sont rencontrés à Stockholm et ont depuis écumé les clubs des plus grandes villes partout dans le monde. Adeptes d’une techno pour le moins expérimentale et bruitiste, eux aussi avancent masqués et livrent un show audiovisuel sombre. Il y a chez eux un certain jeu avec le public, d’abord visuel mais aussi linguistique car en plus de porter ce nom digne d’une clé Wi-Fi, ils ont nommé leur album de 2016 paru sur Avian “SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs”, un disque qui affiche fièrement sa setlist sur sa cover, dans un jeu calligraphique formant un triangle rectangle. En pensant à la théorie de l’image du texte, on peut voir là un passage du digital à l’analogique, de la lettre sécable à la forme totale.

Sur Bandcamp, les tracks favoris font souvent SsSsSsSsSsSsSs comme un serpent

Ils seront rejoints par la figure montante de la scène techno : Kuss, nouveau résident de Fée Croquer et du label Maison Close Records, qui multiplie les warehouses pour les collectifs parisiens les plus populaires, aux côtés d’artistes comme le DJ et producteur français UVB (Sébatien Michel), ou encore et l’ukrainien Yan Cook. Influencé par des labels comme New Rythmic, et Planet Rhythm – fondé par Glenn Wilson, l’un des premiers producteurs de la scène techno suédoise -, le jeune artiste parisien à l’univers mental et industriel nous promet un set entêtant. Ghost in the Machine et le DJ parisien Mayeul seront également présents, pour nous enfoncer toujours plus dans un univers sombre et faire trembler les murs.

Enfin, c’est Evil Grimace, résident de Casual Gabberz, qui viendra faire le closing de cette soirée mouvementée. Le jeune père français du frapcore (french x rap x hardcore) a conquis le public techno grâce à ce style hybride complètement impromptu et qui fonctionne pourtant hyper bien. Le fait de sampler des morceaux ultra classiques comme “La Lettre” de Lunatic, “Les Princes de la Ville” du 113 ou “That’s My People” du Supreme NTM pour y ajouter un beat crado et ultra rapide pourrait être considéré comme une hérésie par les puristes, qui finalement se laisseraient doucement guider dans la transe ou, à défaut, vers la sortie afin de laisser profiter les autres énergumènes dans la warehouse. Ce digger chevronné va même reprendre les samples de base pour en travailler d’autres parties, en mêlant le mélancolique au hardcore, le frénétique au hardcore, et le hardcore au hardcore.

Ce qui est sûr c’est qu’on a hâte d’y être pour fêter le renouveau du printemps lors d’une nuit dionysiaque où cohabiteront cavaliers sans tête, bonnes fées et autres noctambules éclectiques.

Roxane Costa et Julian Le Tutour

Le Gorille vous fait bénéficier d’une remise de 2€ avec le code LEGORILLE par ici.

Posts created 3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut