Crédits : Elodie Daguin

Ehla, elle arrive

Le Gorille a découvert Ehla et son univers autour de la sortie de son deuxième EP Pas d'Ici.

 

Elle chante sur des sonorités groovy, mais en français, fait rhymer des thèmes très intimes avec des instrumentales RnB : c’est une arrivée tout en fraîcheur sur la scène pop française que propose Ehla avec son nouvel EP, Pas d’Ici, qui sort le 28 février prochain. On la retrouve sur scène au 1999 les 23 et 24 Mars 2020 en concert, avec une des dates déjà complète : très prometteuse, le Gorille vous aura prévenu, Ehla arrive.

Crédits illustrations © Elodie Daguin

Ton Premier EP Au Loin est sorti déjà il y a trois ans, en 2017 : il s’agissait de tes tous premiers singles, comment le projet a t-il été imaginé à ce moment-là ?

J’ai rencontré Grand Corps Malade quand je suis arrivée à Paris, et nous avons commencé à travailler ensemble. Au début il écrivait les textes et je faisais la musique. Et très vite j’ai eu envie d’écrire les textes aussi. Sur ce premier EP, ça a donc été un mélange de nos textes, mais toujours avec ma musique.

Tu as eu ton premier synthé à 15 ans : dans ton processus créatif, faire la production et la mélodie est donc venu avant l’inspiration pour les textes?

Vers 13 ou 14 ans j’ai eu mon premier synthé, de quoi m’enregistrer et je n’ai jamais arrêté. J’ai toujours fait de la musique et des prods, et aimé ça. Mon père est guitariste et bassiste ma sœur aussi fait de la musique, on a chanté très tôt petites, ça a été très vite un exutoire.

Ce qui a mené à la concrétisation de ton projet avec Au Loin, c’est donc d’avoir été repérée par le producteur de Grand Corps Malade ?

Oui, j’étais novice c’était le début ! Chez Universal j’ai tenté beaucoup de choses, mais je n’étais pas à 100% de ce que je voulais être ou faire. Par contre j’étais en phase de construction, pas forcément sûre de ce que je voulais faire, mais j’en suis très fière. Peu peuvent dire que Grand Corps Malade leur a écrit des textes ! Il y a beaucoup de sonorités dans cet album, mais cet EP m’a définitivement permis de me construire, notamment avec la tournée qui a suivi.

A l’écoute de ton nouvel EP, Pas d’Ici, qui sort le 28 février, on a l’impression d’une vraie unité dans les morceaux, une ambiance que l’on ressent en fil rouge : il s’agissait d’une volonté de plus de structure dans les thèmes ?

Alors, j’ai commencé par écrire les titres Pas d’Ici et MCMC qui sont sur des thèmes personnel mais aussi universels, et sont les deux morceaux les plus intimes de cet ÉP.

Très vite, j’ai travaillé avec Angelo Foley, en réalisation des titres, au fur et à mesure que j’enregistrai les titres j’allais après avec lui au studio et on terminait les morceaux. Je faisais les maquettes sur un logiciel qui s’appelle Logic : batterie, synthé, mes voix et mes cœurs. Je travaille seule dans mon salon avec mon micro, je n’arrive pas à travailler en séminaire : un thème qui arrive c’est quelque chose que je viens de vivre il faut que ça sorte c’est vraiment exutoire. Et puis, je n’ai pas cherché les thèmes, c’est un exercice que je ne sais pas faire d’écrire sur un thème, il faut que ce soit quelque chose que j’ai vécu intensément

Tu n’as jamais écrit pour d’autres personnes ?

Pas encore, ça me plairait, mais c’est un autre exercice !

On trouve aussi des morceaux plus dansants, et presque léger comme le morceau Cool, qui a été clippé

Tout à fait, plus léger, parce que j’avais envie de dire je sais aussi faire ça ! je ne sais pas s’il s’agit d’une qualité ou un défaut mais je m’ennuie très vite quand j’écoute de la musique : j’adore les albums qui me surprennent avec des mélange morceaux dansants et ballades. Cela peut aussi être vu comme une prise de risque, parce que l’album varie mais c’est aussi pour la scène que c’est intéressant.

Justement à propos de scène, comment est l’expérience live pour toi, par rapport à ton travail intimiste au studio? Tu attends de sortir un album pour une tournée plus conséquente ?

J’adore le live, une expérience très différente du studio mais c’est là où la magie opère et le morceau prend forme. Il y a eu un petit buzz avec L’Antidote : lors de mes concerts à Paris les gens qui chantaient la chanson et c’est une sensation que j’ai très envie de revivre. Du coup, les 23 et 24 mars au 1999 pour deux concerts de mon EP ce seront effectivement les premières dates que j’ouvre seule.

Il est plutôt difficile de mettre une étiquette au niveau des tes influences, on est sur un vrai mélange de ton côté dans l’univers plutôt quoi, hip-hop? Années 90?

J’aime beaucoup de choses! J’avais pas envie de faire de choix même si c’est un risque. En France j’ai l’impression qu’il faut avoir une étiquette. Par contre si on me demande « qu’est ce que tu fais comme musique? »  je n’ai pas de réponse. Ça peut être vu comme prétentieux, mais ça ne l’est pas du tout : je fais juste de la musique qui me plait sur le moment, avec bien sûr en mon fil conducteur ma voix, ma façon de poser les mots, une sonorité électronique, rétro plutôt funky…

Du coup, par rapport aux ambiances dans chacun des sons, et cette unité dans la tracklist, tu avais envie de morceaux de différents genres?

On peut dire que c’est de la pop musique en global, mais c’est une vraie question des genres qui se pose dans la musique, et  à mon avis limite et ne laisse pas forcément de place. J’ai la chance d’être extrêmement libre comme je m’auto produit je peux prendre des risques.

En parlant de genres divers, tu es sur un featuring avec le duo Bolides sur le titre Vis-à-Vis sorti en janvier dernier, Comment s’est faite cette collaboration ?

Je suis Enchantée Julia sur Instagram, dont je suis super fan, et qui a cette même ambiance un peu rétro RnB dans ses morceaux, elle avait posté un clip de Bolide que j’avais beaucoup aimé. Alors quand ils m’ont contacté pour faire partie de la compil’, j’ai tout de suite fait mes textes, ma mélodie et on a mélangé tout ça.

Justement comme Enchantée Julia, tu chantes en français sur des mélodies plus Anglo saxonnes : Comment superposer du français sur ces rythmes ?

Cette langue n’est pas faite pour le groove ! Mais chanter dans sa langue c’est important. C’est difficile si on ne veut pas tomber dans le cliché du RnB un peu pauvre en termes de sens. Ecrire les textes n’est pas ce qui me plaît le plus à faire, à part si ça vient spontanément. Ça reste un exercice incroyable de faire rebondir les mots avec des sonorités pas adéquates.

Au niveau des artistes de la scène actuelle donc : est ce que tu as des influences, des personnes avec qui tu voudrais collaborer ?

Il y a une émergence géniale et en ce moment beaucoup d’artistes féminines qui arrivent : Johanna, Poupie, Saskin une bruxelloise qui fait du RnB hyper solaire, je suis amie avec Barbara Pravi et Lili Poe. Les filles ont chacune leur patte et leur originalité, mais pas encore autant de place que les garçons, alors il faut se la faire.

Peut-être des featurings pour l’album alors?

J’adore les featurings très surprenants donc on verra, l’album est en préparation mais il reste beaucoup de travail encore, il sera encore plus mature que l’EP. Je prends le temps qu’on faudra, l’EP n’est même pas encore sorti et on reste une petite équipe sur le projet pour le moment, c’est grâce à eux et leur travail que j’ai très bon espoir pour l’EP.

Tu es très collaborative au niveau du travail artistique justement et dans tes clips aussi…

Oui, j’adore monter des clips avec des super talents quand il y a une bonne ambiance ca se ressent pour le travail final. Dans on me dit Ehla j’ai participé à un festival entre potes dans la fôret avec des cabanes en bois, et c’est une atmosphère ce j’ai voulu recréer dans le clip.

Ton prochain clip a été tourné début février et sera encore différent artistiquement j’imagine ?

Oui c’était sur du fond vert cette fois-ci, et il sort fin février pour accompagner l’EP : Valerian un désigner graphiste a réalisé le clip, il a fait des trucs géniaux dont la pochette de Claire Laffût, ! Et c’est ce que je voulais un truc un peu original pas juste moi qui marche dans la rue.

Tu es signée sur le label Sainte Victoire celui de Clara (Luciani, sa soeur, ndlr.), qui t’as fait une déclaration très touchante sur le titre Ma Soeur, est-ce que tu penses à une collaboration avec elle ?

Pas tout de suite. Intérieurement j’ai besoin de me développer, d’exister, de faire mes preuves : une fois que je serais intégrée au paysage musical français j’y réfléchirais. J’avais très peur de faire sa première partie à l’Olympia, mais en fait le public de Clara m’a fait un accueil super, il a un joli cœur et j’espère créer la même connexion humaine dans le public que je suis en train de créer.

 

Interview réalisée par Sara Fossat
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