Sabrina Bellaouel nous emmène dans une quête mystique sur son nouvel EP, Libra

Au cours de son nouvel EP Libra, Sabrina Bellaouel nous emmène dans une quête mystique d’identité sur le thème astral de la Balance.

L’année 2020 aura été une année riche pour Sabrina Bellaouel.
Vous avez sûrement déjà entendu la chanteuse R&B aux côtés d’Ichon sur son dernier album avec l’excellent titre Sabichon, ou encore sur les projets de Jazzy Bazz et de Gracy Hopkins. 

La chanteuse franco-algérienne nous livre fin novembre un superbe EP, Libra, sur le thème astral de la Balance. Ce projet entièrement auto-produit se comprend comme une quête musicale dans laquelle elle nous accompagne, en recherche d’une certaine spiritualité à laquelle on s’intéresse aujourd’hui. 


L’EP débute par un discours de Fernando Prudhomme proclamé 
« the people’s astrologer », qui nous explique la force du signe de la balance, dangereux et ambitieux, peu importe son genre. La chanteuse annonce la couleur dès le début, il s’agit de « build up », terme qu’elle répète pour prôner un développement personnel qui certes prendra du temps, mais qui finira par nous faire atteindre une vérité cosmique. Cette introduction nous invite à la suivre dans cette élévation spirituelle, qui se transmet à nos proches et même aux membres de la société. La Balance est celle qui va créer cet équilibre. Chacune de ces compositions traite de problèmes liés à la société, à l’identité et au genre, sans pour autant constituer un manifeste politique. 

THE BUILD UP :

Dans ce projet, elle reprend les douces mélodies et l’atmosphère vaporeuse et onirique que l’on lui connaissait depuis son EP Illusions sorti en 2017. Toutefois, on n’y retrouve pas tous les codes, comme avec le titre She Don’t Care, plus proche de l’électro. Même si ses influences comme Kelela, Solange, Sevdaliza, Bonnie Banane ou Aaliyah se ressentent, l’artiste ne cherche pas à suivre un genre musical identifiable, mais plutôt à nous montrer la richesse de ses écoutes. Comme elle l’a dit, elle fait de la musique avec son cœur et ne cherche pas à correspondre à une certaine attente en proposant un projet similaire. Le fait que l’EP soit entièrement produit par l’artiste confère une intimité et une authenticité, sans le traditionnel filtre qui obscurcit le dialogue entre l’auditoire et l’artiste.
Ce rapport direct se ressent tout au long de cet EP synesthésique qui mélange la poésie, la musique expérimentale, la mode, et la peinture pour nous transmettre cet héritage au cours d’une pause mystique d’un quart d’heure. 

 

FLOAT :

 

Dans son dernier clip, réalisé par Alfred Nils, Float nous amène à une atmosphère envoûtante et sombre, ponctuée de photos d’Algérie et de la chanteuse portant des tatouages berbères.
Une représentation de Kahina est mise en avant ; faisant référence à la reine guerrière berbère de la région des Aurès, elle est considérée comme la première féministe du Maghreb et même de l’Histoire. Elle réalise la difficile unité de la région, l’historien Ibn Khaldoun lui attribue même des pouvoirs surnaturels. Ce côté mystique correspond tout à fait à notre quête d’identité dans laquelle Sabrina Bellaouel nous accompagne. Elle nous immerge dans sa culture plurielle, conçue comme une force qui lui permet d’affirmer sa personnalité et du même coup, la nôtre.


Ce titre n’est pas sans rappeler
Nasser, lui aussi sorti en 2020 sur son EP We Don’t Need to Be Enemies, qui reprend la figure symbolique de Kahina, où le véritable Nasser, alors président de l’Egypte, délivre un discours historique et fondateur sur le panarabisme en 1954.
On attend avec impatience ce que Sabrina Bellaouel pourra nous communiquer dans ses prochains projets. 

 

NASSER :

 

Par Sarah Merghemi

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